‹ Du Prurit VulvaireChapitre 18 sur 43 · LEA EE · texte numérisé non relu

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; > lance des travaux faits à ce sujet nous sommes obli- __ gé de reprendre un peu la question.

. Breisky, sous le nom de kraurosis blanc, avait décrit une lésion formée par la superposition de 2 processus morbides : 1° un processus atrophique que le D” Jayle a isolé et auquel il a conservé le nom de kraurosis ; 2° une léson formée de taches blan-

ches adhérentes qui n’est autre que de la leucopla- RAS Ste D'autre part, Lawson Tait avait décrit déjà, en

. 1875, une atrophie particulière de la vulve, une ré-

traction de l'entrée du vagin avec une coloration

rouge spéciale due à une altération vasculaire ; des-

cription qui correspond à ce que l’on a appelé le % kraurosis rouge, le kraurosis vasculaire.

: basant sur les résultats que lui a fourni l'examen d'un nombre considérable de malades, il arrive à Se pete conclusion que « le kraurosis n’est pas une en- 512 « tité morbide » que c'est « un syndrôme clinique « relevant de causes différentes et méritant de con- -« server une place spéciale dans la pathologie vul- « vaire. » Il distingue diverses variétés cliniques de kraurosis qu'il résume dans le tableau suivant :

LE : :à ; . Le D° Jayle a repris entièrement la question et se

1° kraurosis leucoplasique ou k. blanc :} nn Lisique

De TL raninfts ire Ed .) folliculaire . 2° kraurosis inflammatoire ou k. rouge :} NC TETE AE

3° kraurosis sénile.

- 4° kraurosis post-opératoire.

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Dans ces deux dernières variétés, on ne note que les lésions atrophiques répondant à la définition du js kraurosis et se développant soit après la ménop use, soit après l’ablation des ovaires : c'est ce. que AS

l’on a pu appeler le kaurosis simple ou pur. JR à

Dans les deux premières, au processus atrophique s'ajoute une autre lésion ; dans le premier Case c’est la leucoplasie qui peut être en relation avec

une syphilis certaine ou se développer sans cause connue ; dans le deuxième cas deux processus peu- : vent intervenir pour donner à la vulve la coloration rouge qui frappe au premier abord, soit le dévelop pement anormal des vaisseaux qui forment de petites sinuosités, des « traînées serpigineuses », de « taches rouge brique ou rouge pourpre » comme : fe l'a décrit Lawson Tait. Enfin la coloration rouge peut être due à l’adjonction d'un. autre processus LE pathologique : l’inflammation des follicules glan- à dulaires situés en cinq points principaux, un mé-. dian entre le clitoris et le méat, quatre latéraux, Lo deux de chaque côté du méat au niveau d’une petite à dépression que signale le D° Jayle et qui n’est pas décrite par les anatomistes, les deux autres au he veau de l'orifice du canal des glandes de Bartho- | lin, cette dernière variété porte le nom de krauro- | sis rouge inflammatoire folliculaire. | à Le D’ Marion, dans un article du Bulletin médi- i cal de 1911, à ces variétés qu’il admet, ajoute tes kraurosis compliqué de cancer. En réalité, le can- | cer est extrêmement rare dans le kraurosis pur et

c'est sur le kraurosis leucoplasique ou mieux, sur la leucoplasie, que le cancer vient se greffer.

En résumé, on admet actuellement un kraurosis simple ou pur sur lequel peuvent se greffer des lésions diverses : telangiectasies, inflammation des follicules glandulaires, leucoplasie et cancer. Tel est l'état actuel de la question. | |

Notre maître M. le D' Brocq, à propos d'une malade atteinte d’un prurit intense, qu'il a eue dans son service de l'hôpital St-Louis, en mars 1912, s’est demandé si, sur cés vulves ainsi atteintes de kraurosis ne pouvaient pas survenir d'autres lésions.

Il a bien voulu nous confier un mémoire inédit, qu'il pense publier et qui est actuellement encore en préparation, et nous autoriser à en extraire les faits suivants. Qu'on nous permette de lui renouveler, à ce sujet, notre très vive reconnaissance pour la bienveillante sympathie qu'il nous a toujours témoignée et dont il nous donne, ici, une nouvelle preuve. |

La malade dont il s’agit, âgée de 60 ans, présentait des lésions que le D° Brocq décrit ainsi

« La vulve a subi un processus accentué d’atro, « phie. Les petites lèvres sont réduites à deux petits «e replis indurés à peine apparents, les grandes 1è- « vres sont à peine saillantes ; le clitoris est sail- « lant, le capuchon est dur, volumineux, comme « œdématié. L'orifice vaginal est étroit, inextensi- « ble, il laisse à peine passer le bout du petit doigt ,

du

Do

la fourchette est lisse et rigide ; les poils du pubis : « sont très rares, clairsemés, blancs. 22 AE « Mais ce qui frappe surtout, c’est la coloration « de toutes ces parties. Leur teinte d’un jaune un « peu bistré ressemblant assez à celle du foie gras « d'oie, comme l’a fait remarquer M. le D° Thibier- « ge, à propos du kraurosis simplé — mais, en outre, sur ce fond se voient çà et là de nombreuses « arborisations blanchâtres, présentant par place « des sortes de renflements nodulaires, ressemblant « à de petites papules tout à fait analogues aux ar- «-borisations de la face interne des joues ul sont. « caractéristiques du lichen plan buccal.

« Chose remarquable, ces lésions s'étendent en. « arrière de la fourchette, occupent tout le périné, «le pourtour de l'anus, et remontent même un peu « dans le fond du sillon inter-fessier. Seulement «en ces régions la teinte jaunâtre’ des t téguments : « ‘est moins nette et on y observe plutôt une teinte « un peu rosée, blanchâtre, avec aspect nettement . « atrophique. < À la partie interne et supérieure des cuisses « s’obsérvent quelques éléments isolés, minuscules, les uns, isolés, sont identiques de forme et d’aspect à des papules de lichen plan ayant de la ten: dance à de l’atrophie ; les autres, par confluence « ont formé des plaques irrégulières de contour, : «€ mais à bords nettement arrêtés : elles sont d'une « teinte générale blanchâtre ; on y retrouve à un. «examen minutieux quelques striés d’un blanc

« plus mat ; le derme est atrophié à leur niveau. « Bref, ces lésions ont tout à fait les caractères du ‘« lichen plan atrophique »..

Après une discussion avec MM. les D” Thibierge et Darier, à l’une des réunions si intéressantes qui ont lieu le samedi matin au musée de l'hôpital St- Louis, le diagnostic posé fut celui de la coexistence d'un lichen plan atrophique avec un kraurosis vulvae. |

Comment interpréter ces lésions ? Le kraurosis ici, constitue-t-il une nouvelle variété d’atrophie, en rapport avec l’évolution du lichen plan P Le

D° Brocq ne le croit pas et rejette cette conclusion, en se basant sur plusieurs faits, entre autres le caractère éphémère de ces lésions, comme le montre la lecture de lobservation entière. Y a-t-il alors coexistence avec le kraurosis d'un lichen plan venu se greffer sur cette atrophie, coexistence non encore décrite ? Cela leur semble infiniment plus probable. |

Depuis cette discussion, de nouveaux faits sont venus affirmer cette manière de voir.

En janvier 1913, M. Brocq a eu l'occasion d’examiner dans son cabinet une malade de 59 ans ayant un kraurosis net à tendance à voir se développer des télangiectasies et présentant au niveau du clidoris des lésions de leucoplasie et au niveau de la face interne des grandes et des petites lèvres des lésions de lichen plan absolument typique et reconnaissable à ses arborisations à renflements nodu-

laires tel qu'il se caractérise à la face interne des joues, (obs. XV).

En juillet 1913, le D’ Balzer publiait, à la Sociétés française de dermatologie et syphiligraphie, une nouvelle observation venant encore appuyer cette opivion. |

Il s'agit d’une malade âgée de 63 ans, présentant. un certain degré de kraurosis vulvœ associé à des lésions de lichen plan atrophique de la vulve et de la face interne des cuisses (Obs. X VD).

Enfin nous avons pu, tout récemment, montrer à M. le D° Brocq, une malade atteinte d'un kraurosis léger (stade prestrictural de Thibierge) sur lequel se

développaient des lésions dont la nature n’a pu en- sore être fixée mais qui semblaient bien, surtout au

niveau de la face interne de la grande lèvre droite, se rapprocher du lichen plan (obs. XVIP.

Il existerait done une nouvelle variété de kraurosis qui, par son aspect objeclif viendrait se placer parmi les kraurosis blancs et qui serait du krauro-: sis avec lichen. |

Le D' Brocq se demande si l’atrophie qui existe dans ces cas est bien cellé que l’on décrit sous le nom de kraurosis pur et d’une manière plus générale si les atrophies simples et celles qui s'accompagnent de lésions concomitantes quelles qu'elles soient constituent une même Jésion : il conclut que l’état actuel des recherches faites à ce sujet ne permet pas de trancher celte question.

En ce qui concerne la superposition d'un lichen

= fe —

sur kraurosis celte coexistence est-elle aussi rare que le fait supposer le petit nombre de cas connus ? (2 observations inédites du D’ Brocq, une observation du D” Balzer et une observation personnelle). Très probablement non. Comme le fait remarquer

le D' Brocq dans le mémoire qu'il a bien voulu nous confier, le diagnostic de leucoplasie de la vul.

ve n'est peut-être pas toujours porté avec toute la rigueur désirable ; peut-être a-t-on, maintes fois, confondu la leucoplasie avec le lichen plan de la

vulve. Il faudra, désormais, examiner avec une attention toute particulière tous les exsudats blanchâtres que l’on peut rencontrer à la vulve et nous croyons qu'on trouvera alors des observations analogues à celles que nous venons de citer.

Pourtant il ne faudrait pas tomber dans un excès contraire et voir du lichen plan où il n’y en a pas. Seules devront êtres appelées lichen plan, les lésions au niveau desquelles se voient les arborisations dendritiques caractéristiques, avec éléments nodulaires blanchâtres typiques. Ajoutons que l'existence de lichen plan, dans d’autres régions, viendra apporter un appoint sérieux au diagnostic.

Le D' Brocq signale la possibilité de développe-

ment sur la vulve ‘de pseudo-leucoplasies avec

stries blanchâtres qui ne sont que des lésions trau-

matiques dues à l’irritation que peut provoquer un

grattage incessant. Comme le lichen plan, ces lésions n’ont pas le caractère de fixité que présente la leucoplasie ; elles sont souvent éphémères, dis-

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