‹ Du Prurit VulvaireChapitre 19 sur 43 · LEO · texte numérisé non relu

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paraissent avec l'amélioration du prurit pour réapparaître en d’autres points de la muqueuse si les démangeaisons reprennent. Enfin on doit pouvoir les

reconnaître et en faire le diagnostic de façon certal-

ne par leur aspect objectif si différent de celui de la leucoplasie.

Bien des questions resteraient encore à résoudre

et le rôle du prurit et du grattage dans toutes ces lé-

sions est loin d’être élucidé. | Nous avons dit, plus haut, comment le prurit

pouvait peut-être, dans une certaine mesure, favo-

riser le développement de la leucoplasie. La coïncidence du kraurosis pur et du prurit, d'autre part,

est certaine. On sait pourtant que le kraurosis peut

exister, de façon indiscutable sans aucun prurit. Le D° Thibierge considère même les démangeaisons

comme un épiphénomène dû à des causes surajoutées ; dans l’article dont nous parlions plus haut, il

nous dit que lorsque le prurit existe avec le kraurosis pur « de simples soins locaux suffisent pour le « faire disparaître sans que la physionomie de la « vulve ait été le moindrement modifiée ». Pourtant on ne peut nier la fréquence relativement grande de son existence et il est des €as où kraurosis et prurit semblent intimement liés. Bien qu'à cette époque le terme de kraurosis soit employé pour désigner des syndrômes multiples; et qu'il soit difficile de prendre en considération les discussions qui pouvaient avoir lieu sur ce sujet, disons pourtant que dans une communication faite à la

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Société Hongroise de Dermatologie par Rona, en 1897, on discutait sur l'existence d’un kraurosis consécutif au prurit. Aujourd'hui inversement, nous nous demandons si le processus ‘atrophique qui se traduit macroscopiquement par le kraurosis n'a pas pu léser les terminaisons des nerfs cutanés et engendrer le prurit. Le petit nombre d'examens histologiques faits à ce sujet ne permettent pas de répondre à ces questions ; dans les cas publiés par Bender, en collaboration avec Jayle, on ne signale aucune lésion des terminaisons nerveuses. La queston reste donc entièrement à résoudre.

Ce qui est certain, c'est que le prurit peut coexister avec le kraurosis simple, avec le kraurosis compliqué de l’une des affections que nous avons étudiées, mais il nous paraît avoir une intensité plus grande dans le kraurosis leucoplasique que dans tout autre. C’est aussi dans cette variété qu’on voit survenir surtout la transformation cancéreuse, complication grave dont il nous reste à parler.

Comme pour la leucoplasie buccale, la leucoplasie vulvaire doit toujours faire craindre la dégénérescence cancéreuse. Il est difficile de savoir dans quelles proportions. se fait cette transformation. Jayle donne comme chiffre, 50 %, mais d'une part toutes les leucoplasies sont loin d'être connues et, d'autre part, il est possible que certains cancers de la vulve aient été précédés de leucoplasie dont on ne trouve plus de traces.

L'hypothèse de cette terminaison doit donc être

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envisagée, quelle en soit l'aboutissant nue échéance plus où moins longue, comme Pichevin et Petit en ont émis l'opinion sans toutefois l'affir-. mer ; ou que la leucoplasie constitue simplement

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une cause prédisposante importante.

La transformation se fera de façon insidieuse et

ces sillons, ces fissures que l'on rencontre sur les

plaques anciennes en seraient souvent le premier 1 °/ À : Le En) ns

stade. Elles doivent être toujours considérées com-

me suspectes surtout si elles reposent sur un tissu

plus dur que les parties voisines. Ailleurs ce sera

l'induration seule qui marquera du première étape de la transformation : puis apparait ‘une véritable tumeur qui augmente de volume, s ‘ulcère et prend les caractères typiques de l' épithelioma végétant, en iout semblable au cancer se développant primitivement sans leucoplasie préalable : épithelioma pavi-

menteux lobulé ou tubulé avec ou sans. globes Lis

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dermiques. 2 RUES

Reclus a montré que. dans quelques cas, le cancer greffé sur leucoplasie avait une évolution lente ; pourtant dans les cas que nous avons trouvés relatés, presque toujours il s'agissait d’épithéliomas malins : leur marche est rapide et après opération un peu tardive, la récidive est fréquente et précoce.

Le traitement du prurit accompagnant la leuco-

plasie est des plus difficile.

Les pommades antiprurigineuses “hébltuelles agissent mal ou du moins soulagent à pee quelques jours. |

Les douches d’air chaud ont amené, dans les deux cas où nous les avons vu appliquer, un réel soulagement mais qui, là encore, n’a été que temporaire.

Il en est de même, bien souvent, des séances de haute fréquence qui, après avoir donné une amélioration passagère, n’agissent plus ; cette amélioration peut cependant persister assez longtemps pour qu'on ne juge pas inutile de les essayer.

Les rayons X ont donné des succès plus durables. Ils agissent non seulement sur le prurit, mais encore sur la leucoplasie. Dans un cas (observation de Marcou et Morestin) ils auraient été suivis d’une rétrocession marquée des lésions.

Enfin, récemment, le D Veyrières, de la Bourboule a essayé l'influence de la douche filiforme sur ce prurit et notre malade (observ. XIID) qui a été soumise à ce traitement à vu diminuer ses démangeaisons d’une façon très appréciable mais, là encore, temporaire.

C'est que tous ces traitements ne sont, en somme, que des traitements symptomatiques. Nous devons, comme toujours, nous adresser à l'affection causale et ici sa guérison prend une importance de premier ordre puisque nous savons que la leucoplasie se complique souvent de cancer.

Si la malade a une syphilis connue ou si son Wassermann est positif, on instituera immédiatement un traitement mercuriel sans pourtant en at- téndre des résultats merveilleux. Verani, dans sa thèse, rapporte 3 cas de leucoplasie syphilitique et

conclut que si le traitement agit rapidement sur les léstons en évolution il n ‘apporte aucune amélioration quand les lésions sont complètement dévelop-

pées ; dans un cas du D° Jayle, cette médication n'a

eu aucun résultat. Si la syphilis ne peut être soup-

çonnée ou si le traitement spécifique ne donne au-

cune amélioration, doit-on attendre pour intervenir, la transformation de la leucoplasie en épithélioma Les avis sont partagés. Pour Noto il suffit de prescrire des soins d'hygiène et de n'intervenir que ane les fissures ou un début d’ induration fait penser à une transformation épithéliomateuse au début.

Pour Perrin (de Marseille), il faut, au contraire, intervenir de façon précoce et le faire largement. D'après lui, et Jayle se rallie à cet avis, toute plaque de leucoplasie doit être traitée chirurgicalement ; son ablation doit se faire dès que la leuco-

plasie est diagnostiquée. Il faut enlever tous les tis-

sus atteints et faire porter l’incision un peu au-delà même de la lésion. Les délabreménts parfois énormes qui en résultent, se réparent rapidement et la déformation est beaucoup moins considérable qu'on pourrait le croire. Le D’ Morestin à présenté à la Société de Dermatologie, en 1907, une malade chez laquelle il avait pratiqué l’ablation totale de la vulve et qui, un mois après, quittait l'hôpital etil

ajoute : « la vulve simplifiée ne paraît pas, pour ce-

la mutilée, les grandes JRyres sont, en porte, re-

rer

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- constituées et l’ensemble n'offre rien d’anormal où de choquant ». (Obs. XID).

L'opération constitue donc le traitement de choix, celui qui met à l'abri de toute complication désastreuse et qui, en outre, débarrasse complètement la malade du prurit. Mais elle n'est pas toujours possible. La malade peut présenter une affection organique qui vient faire hésiter, ou bien elle refuse absolument toute intervention, On prescrira alors les plus grands soins de propreté, éviter toute cause d'infection ou d'irritation et surveiller aussi

souvent que ce sera nécessaire, pour dépister la

transformation cancéreuse, dès son début, et pratiquer alors immédiatement l’ablation ; si on n’intervient que lorsque les ganglions de l’aîne sont déjà atteints, la récidive est toujours à craindre, même si l’intervention est faite très largement.

Il nous reste à parler du traitement du kraurosis.

Tant que le kraurosis reste pur, il ne comporte qu'un traitement médical fort simple : injections adoucissantes de tilleul, pavot, camomille et propreté méticuleuse des organes génitaux.

‘Pour traiter le kraurosis folliculaire, le D’ Jayle conseille la cautérisation de tous les points enflammés avec une solution concentrée de permanganate de potasse que l’on fera pénétrer dans les cryptes folliculaires.

Le traitement du kraurosis leucoplasique n’est

DR ten PALIER

autre que celui de la leucoplasie que nous venons d'étudier en détail.

Enfin, en cas d’atrésie marquée, on pourra être autorisé, d’après le D’ Jayle, à pratiquer l’incision des tissus sclérosés de l'anneau vulvaire et à procéder, avec soin, à la reconstitution autoplastique de l'orifice vaginal.

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