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OBSERVATION XI

PRURIT AYANT DÉBUTÉ A L'OCCASION D'UNE INFECTION. GONOCOC- * CIQUE SUR TERRAIN INTOXIQUÉ. — PERSISTANCE APRÈS LA GUÉRISON DE L'INFECTION. |

Le 12 novembre 1912, Mme Bêdhe G.. 35 ans, vient à. Phôpital Saint-Louis pour un prurit vulvaire datant de 5 ans.

Comme accidents héréditaires rien

à noter.

Personnellement, bonne santé jusqu'à 25 ans. À ce moment, fatigues, surmenage. La malade « pour se remonter » prend du café 2 et 3 fois par jour. Elle recohnaît que depuis ce temps-là elle est devenue beaucoup plus nerveuse, plus irritable, alcoolisme probable.

Règles normales depuis l’âge de 13 ans, peu douloureuses, durée 3 ou 4 jours. Pas de pertes blanches. |

Mariée à 30 ans, elle a presque aussitôt après des pertes abondantes jaunes, verdâtres, avec vives douleurs abdominales dans la fosse iliaque gauche, probablement début dé salpingite. En même temps apparaît du prurit vulvaire : soignée en ville par du repos au lit, injections au permanganate, les écoulements et les douleurs diminuent puis disparaissent. Quatre ou cinq mois après elle est con. sidérée comme guérie. Mais le prurit qui avait rétrocédé facilement sous l'influence des soins locaux, pesiste d’une façon intermittente. À peine marqué, et même souvent nul pendant la période intermenstruelle, il reparaît d’une façon constante pendant les règles, débutant, presque toujours, avant l'apparition de celles-ci et persistant 1 ou 2 jours après.

Il n'y avait Sohdant les quatre premières années qu'une seule crise intense le soir, avec quelques démangeaisons

; pendant la journée. Le sommeil .de jé malade n’était jamais troublé. Depuis un an, et “surtout depuis quatre mois, les crises de prurit sont beaucoup plus intenses et plus fréquentes : 5 à 6 crises dans la journée, et souvent - au milieu de la nuit. De plus la période intermenstruelle n’est plus une période d’accalmie absolue, et les crises de prurit peuvent apparaître plusieurs fois coïncidant avec une constipation plus opiniâtre (la malade est constipée habituellement) parfois sans cause connue.

. Localement : Vulve non tuméfiée, pas de rougeur diffue e ; grandes lèvres brunâtres, allongées, flasques surtout à droite où l’on trouve sur la face externe et sur la partie - du pli de l’aine adjacenté, une lichénification très nette : c'est là que se trouve le maximum du prurit. Petites lè-

vres même état de flaccidité. Capuchon du clitoris volu-

mineux, un peu rouge.

Pertes extrêmement peu abondantes: Du tan un <Oton sec placé dans le vagin pendant 24 heures est humecté au niveau de lapartie en contact avec le col utérin, par un liquide légèrement jaunâtre dans lequel on ne trouve pas de gonocoques, mais seulement quelques coccis banaux.

Organes génitaux internes normaux.

Comme traitement, la malade s’est soignée elle-même par des injections et des lotions très chaudes qui amènent une sédation temporaire.

Conclusion. — Prurit né à l’occasion de métro-vaginite aiguë et ayant persisté. Probablement dû à des causes internes, peut-être intoxication caféique et constipation.

Traitement. — Tous les jours ion d’eau CeRar additionnée de bicarbonate de soude. Localement pâte mentholée. Surtout suppression totale de café. Régime

alimentaire.

1% décembre. — La malade a éprouvé un réel soulage- - ment dès les premières applications de la pommade, mais

il n’a été que passager, et on le prurit présente les mêmes caractères d'intensité qu'auparavant. RUES La malade avoue avoir diminué la quantité de café

qu'elle prenait sans l'avoir supprimé complètement. Nous :

l’engageons vivement à la suppression totale du café en continuant le même traitement.

20 décembre. — La malade se trouve nettement RS rt

rée. Elle dit avoir suivi son régime un peu plus sévère-

ment, mais elle prend encore du café de temps à autre. Elle a encore eu des démangeaisons au moment de la

dernière période menstruelle, mais elle n'a rien ressenti

dans l'intervalle.

Nous n'avons plus revu la malade.

: OBSERVATION XII (mbliée par M. le Docteur Morestin,

Annales de Dehisténe 1907 PRURIT AVEC LEUCOPLASIE, — EXCISION DE LA VULVE.

Agée de 45 ans, cette femme à eu autrefois 2 ‘enfants, puis 4 fauses-couches résultant, elle l'avoue, de manœuvres abortives. Nerveuse, un peu inconsciente, médiocre ment sociable, très agitée, très bizarre, elle ne paraît pas avoir eu la syphilis. Du moins rien dans son passé, ni dans son état acfuel ne permet d'en retrouver aucun in-

dice.

En 1901 elle a commensé a souffrir de démangeaisons vulvaires au niveau de la grande lèvre du côté gauche. … On lui à fait des lotions au protargol, des applications de teinture d'iode, des attouchements avec une solution de ;

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bichromate de DTA) sur une pisse blanche révélée dès :

les premiers examens. .

En 1904, elle a subi un AGE radiothérapique qui a fait rétrocéder la leucoplasie. Elle a été soumise aux courants de haute fréquence qui ont diminué le prurit. “Mais les démangeaisons ont reparu en un temps très court et n'ont pu cesser d'être intenses, surtout la nuit, quand la malade est couchée. Elles sont, réveillées par le moindre attouchement. La malade s’est, pour cette raison,

interdit tout rapport sexuel,

La miction est aussi une cause provocatrice de prurit ;

pour atténuer les effets à ce point de vue, elle urine dans un bidet plein d’eau.

L'examen montre des altérations bles, et considérablement étendues de son revêtement cutanéo-muqueux, prédominents saus la moitié gauche où elles ont

débuté.

Toute la face interne de la grande lèvre gauche, la petite lèvre gauche, la fourchette, la plus grande partie de la petite lèvre droite et la face interne de la grande, toute la muqueuse du vestibule/jusqu'aux caroncules, sont couvertes de plaques blanchâtres d’un blanc plus ou moins éclatant, absolument comparable à la leucoplasie linguale.

Ces plaques Fee incorporées au derme. Elles résultent d'une modification du revêtement muqueux qui offre à la pression une certaine résistance comparable à celle d'un cuir assez souple.

A la surface de certaines plaques, de la moitié gauche de la grande lèvre notamment, on note quelques productions papillomateuses présentant une teinte rougeâtre ou gris rosé. Il ne semble pas cependant qu ‘il s'agisse là d’épithélioma.

Sur le contour de la vulve et le périné, aux limites des plaques blanches, on voit un liseré rouge en relief, liseré

arrière mais, néanmoins, la réunion du vagin à

es Li —

qui entre la, aire et l'anus dau une large re au niveau de laquelle la peau est: -extrèmement irritée et

-excoriée. Plus excentriquement encore, autre liseré blanc et plus large, un ou deux centim. où la peau est lisse, dé-

colorée, dépigmrentée. Le vagin est absolument ‘indemne, l'utérus sain ainsi que les'annexes. Pas-de vaginisme. ‘Aucune tendance à la coarctation de l'anneau vulvaire. 2e clitoris, l'orifice de l'urètre et la zone He ie sont sains. Éd

Le 8 décembre, je pratiquai l'extirpation de ces lésions, c'est-à-dire lablation du revêtement cutaéo-muqueux de la vulve, presque en totalité jusqu'aux caroncules.

Pour cela 2 incisions curvilignes dessinant un grand crois. sant dont la pointe en avant répondait à la parie antérieure des grandes lèvres.

L'incision externe descend sur la face externe des grandes lèvres, vient pesser tranversalement au-devant de l’anus, l’autre longeant le clitoris et passant à un centim. de l'orifice urétral gagnant le plan des caroncules nuptiformes qu'elle suivait sur le contour presque entier de l’orifice vulvo-vaginal. Toute la (partie comprise entre les deux, est disséquée et incisée. Ainsi : vaste plaie. Suture : on libère la peau. On décolle à droite et à gauche 6 à 7 c. Puis le vagin est désenserré, décollé en arrière et mobi-

lisé. Il se laisse attirer, étaler, éverser et suturer à la

peau, la muqueuse vaginale en arrière et latéralement. En avant j'ai pu réunir directement les bords de Ia plaie au niveau de chacune des pointes qu’elle formait.

Les suites sont très satisfaisantes. Les fils ont coupé en. à la peau s'est effectuée primitivement d’une façon presque complète. Les petites portions où la réunion d'emblée n'avart pas été obtenue, se sont FC RORAIERERS dans un court délai.

La malade a quitté la maison Danois le 2 janvier.

AY

Depuis l'opération, elle se porte bien. Pas de démangeaison. Elle urine sans appréhension. Le sommeil est revenu. La vulve simplifiée par l'opération ne paraît pas pour cela mutilée. Les grandes lèvres sont en partie reconstituées et l’ensemble n'offre rien d’anormal où de €hoquant.

OBSERVATION XIII (personnelle) ‘ e + 5 PRURIT AVEC LEUCOPLASIE CHEZ UNE MALADE ATTEINTE DE PRURIT GÉNÉRALISÉ

Mme D..., 59 ans, vient consulter à l'hôpital Broca pour un prurit vulvaire datant de 13 ans. (Février 1913).

Réglée normalement à 16 ans ; règles durant 3 à 4 jours indolores.

Mariée à 21 ans, elle a eu 6 grossesses ; 3 enfants sont vivants et bien portants ; 2 sont morts à 1 et 6 mois, enfin . une fausse couche de 6 semaines environ. Dès le premier accouchement, il y aurait eu déchirure du périné non suturée. La dernière grossesse date de 19 ans. La ménopause s’est faite à 52 ans ; de 51 ans à 52 ans, les règles ont été espacées de 2 à 3 mois et très abondantes.

De 42 à 48 ans, la malade a souffert de vives douleurs anales, dues, dit-elle, à des hémorrhoïdes avec fissures, diagnostic fait à l'hôpital Cochin. |

En 1900 (48 ans), elle est opérée par Bouilly qui fait une périnéorraphie pour prolapsus utérin avec rectocère et cystocèle.

De cette époque date lé prurit vulvaire, Quelque temps après son début, la malade voit apparaître des « a

rouges » au niveau de la vulve en même temps que le prurit augmente d'intensité. Vers la mème époque se dé-. veloppe du prurit généralisé coïncidant avec une éruption

d'éléments isolés, disséminés surtout sur les 4 membres

et que la malade appelle de « l’eczéma » d’après un dia-

gnostic fait en 1904 par un médecin de ville.

De 1904 à 1910, “elle est soignée par ce médecin avec des

pommades ; des pointes de je sur la HS sans amélio-

rations durables. ‘ Le, - En 1910, elle entre dans le service du docteur Hartmann

où on fait le diagnostic de cystocèle avec leucoplasie vul-

vaire. Elle y reste de décembre 1910 à mars 1941, traitée par des appliéations vulvaires de radium, peut-être une dizaine, elle ne saurait préciser. Ce traitement n'amène pas de diminution du prurit de la vulve ; elle a alors une

forte pousssée généralisée de son éruption cutanée qu’elle

va faire soigner à l'hôpital Saint-Louis, service du Doc-

teur Balzer ; un mois après, l'éruption, traitée par des. 7

pommades, à à peu près disparu.

Récidive en juin 1911, soignée à l'hôpital | Broca servi-

ce du docteur Janselmie. Amélioration.

Pendant toute cette période le prurit vulvaire Fo. F En novembre 1911, elle va pour ce prurit à la consul. tation de M. le professeur Pozzi, on fait le diagnostif de ”

leucoplasie avec début de kraurosis.

La malade esi confiée à M. le docteur Léopold LAC

Pendant deux mois elle prend des cachets d'extrait thyroïdien ; elle ne se souvient plus du nombre exact de ca:

chets -— probablement, dit-elle, un cachet tous les deux jours — Légère amélioration du prurit au début, Poe l’état redevient ce qu'il était antérieurement

De janvier à avril 1912 elle-est soignée à l'hôpital St- Louis, service de M. le docteur Brocq ; on lui donne bains statiques et plusieurs séances de rayons X de 4H.

Peu d'amélioration. ;

frise

De juin 1912 à janvier 1913, elle va deux fois par semaine à l’hôpitai Broca, service du professeur Pozzi, où on fait des'séances de douches d'air chaud.

Etat de la vulve en février 1913. — Vulve sèche, sclérosée. Lésions de grattage sur la face interne des cuisses et dans le sillon génito-crural. Lichénification légère.

Grandes lèvres affaissées, flétries ; sur leur face interne coloration plus blanche que normalement ; face externe,

pas de pigmentation anormale. PE Petites lèvres atrophiées ; sur leur face interne on trou:

ve plusieurs petites plaques d’un blanc crémeux, extrê- Gé

mement adhérentes ; d'une consistance ferme, absolu: ment indolores ; on en trouve 2 à droite et 3 à gauche, plus petites. |

Méat béant. Clitoris saillant. Cnton dur, volumineux, œdématié ; c’est le point le plus lésé. Sa face interne est entièrement tapissée par une nappe blanc nacré, très indurée qui lui donne une véritable rigidité. À sa racine fissure s'étendant presque jusqu’au méat, longue de 3 à 4 millimètres, peu profonde ; sensible à la palpation ; douleur à ce niveau pendant la miction. Les deux faces externes présentent le même aspect nacré, lisse, induré, mais au lieu d’un placard continu, on trouve 2 plaques sur la face droite et 1 à gauche, cette dernière prenant à sa partie inférieure une teinte jaunâtre. Ces plaques vont à droite et à gauche rejoindre les plaques que nous avons : signalées sur la face interne des grandes lèvres engainant la base du clitoris. Dans la portion non recouverte par ces plaques, la muqueuse est rose pâle, lisse.

Au niveau de la fourchette, deux lésions semblables, leuticulaires, extrêmement prugineuses. |

Pas de pertes blanches. Cystocèle et Rectocèle.

Vagin lisse, pâle. Utérus petit, antéfléchi. Annexes normaux.

Les crises de prurit sont extrêmement intenses ; elles

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surviennent surtout dès que la malade est au lit, et durent presque toute la nuit, laissant à peine une ou deux heures de repos. Elles seraient un peu calmées par la position assise. Dans la journée, une à trois crises Renan moins intenses. |

La lésion prurigineuse cutanés est formée par de très %

grosses papules, disséminées sur les membres sans prédominences spéciales sauf au cou de pied où. elles sont plus abondantes.

On fait appliquer sur ces lésions des pommades antiprurigineuses eb on commence au niveau de la vulve des séances de douches filiforme sous la direction de M. le docteur Veyrière, service du docteur Brocq, à l'hôpital Saint- Louis.

Juin 1914. — : Depuis un an nous avions perdu de vue la *

| malade ; nous la retrouvons à peu près dans le même état ; en pleine poussée de son éruption cutanée. Depuis que nous ne l'avons vue, la malade a continué pendant un mois les douches filiformes locales qui n’ont donné qu'une amélioration passagère au niveau de la vulve, maäis qui soulageaient nettement les crises de prurit cutané, amenant une diminution de volume des papules. Elle a été traitée par M. le docteur Ravaut qui a fait faire, en deux séries, 30 injections de 15 à 20 centimètres

cubes du sang de la malade. L’auto-hématothérapie n'a

été suivie d'aucune amélioration pas plus au point de vue cutané que vulvaire.

Cette malheureuse a donc, jusqu'ici, essayé de multiples traitements sans aucun succès : air chaud, douche filiforme, traitement thyroïdien, auto-hématothérapie, .radium, rayons X, bains statiques : elle est encore actuellement entre nos mains et sur les conseils de notre maître. M. le docteur Brocq, nous allons essayer les scarifications linéaires. |

Actuellement, il existe une leucoplasie nette au niveau

du clitoris, formant surtout une plaque blanche, un peu terne, non. nacrée à la face inférieure du capuchon qui, depuis que nous soignons la malade est et reste indurée.

La vulve est sclérosée, mais il n'y a pas à proprement £ parler, kraurosis vrai. Ces lésions ont débuté aux approches de la ménopause ; vers la même époque, l’évolution

d'une fissure anale a pu encore favoriser la localisation vulvaire du prurit.

Mais elle présente en outre un prurit presque générali-

sé, avec prédominance sur les membres. Les éléments pa-

puleux que nous avons déjà signalés et dont l'étude complète sortirait de notre sujet, ne serait autre, pour M. Brocq, qu'une conséquence du grattage : une lichénification toute particulière qu’il a déjà signalée et dont Vé élément rappelle le lichen obtusus.

OBSERVATION XIV (personnelle)

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