PRURIT VULVAIRE CH&Z UNE DIABÉTIQUE
Mme B... S..., 55 ans, vient consulter à l'hôpital Saint- Louis, pour prurit et eczéma vulvaire datant de deux mois environ.
Un peu obèse, de bonne santé habituellement, elle ne présente rien de notable dans ses antécédents.
- Réglée à 12 ans, normalement, 3 ou 4 jours par mois. La ménopause s’est faite il y a deux ans, à 53 ans, sans incidents.
Mariée à 20 ans, elle a eu 5 grossesses, 4 normales avec
enfants actuellement vivants de 28, 25, 21 et 11 ans, el une fausse-couche de 4 mois à sa troisième grossesse. Habituellement, pas de pertes blanches, ni jaunâtres. Prend « assez régulièrement » des. a d'eau bouillie ou de feuilles de noyer. | A l'examen de la malade, en dehors des régions prurigineuses, rien à noter. sauf sur la face dorsale de la langue au niveau de la ligne médiane : une plaque lisse, de coloration rosée normale, mais complètement dépupillée, allongée dans le sens antéro-postérieur, longue de 5 pa}, à une distance de 5 m/m du V lingual. Interrogée à ce
sujet, la malade se souvient qu'elle à eu, il y a quelques mois (peut-être 2 ou 3 mois), quelques placards rouges sur
la langue et au niveau des deux commissures. Elle s’est
soignée pendant quelques jours avec du nitrate d'argent
en crayon que lui a donné un pharmacien, elle a pris des
bains de bouche à l’eau oxygénée, et tout a guéri rapide-
cause apparente, la malade ressent des picotements, puis des démangeaisons vives au niveau de la vulve ; à ce momoment il n'y aurait eu aucun signe physique, ni rougeurs, ni « bouton » quelconques. Puis 10 ou 15 jours
après, débute l'irruption qui s'étend très rapidement, et.
en 8 ou 10 jours atteint les proportions actuelles, Les démjangeaisons sont extrêmement vives, et la malade ne peut se soulager que par des lotions à l'eau tiède, si elle ne résiste pas au besoin de se gratter, Les démangeaisons deviennent intolérables, et s'accompagnent d’une sensation de vive brûlure, elle ressent de la cuisson à . la miction.
Actuellement, 23 novembre 1912, la vulve entière est |
rouge et tuméfiée ; les grandes lèvres très tuméfiées aussi,
ment. FRET
Rien sur les amygdales ni sur de reste de la muqueuse lHinguale. ' - | : Début de l'affection actuelle, — y a deux mois, sans
: — 181 — | presque doublées de polie. sont dun rouge très vif et | parsemées d’ un semis de points humides, qu'on reconnaît
être des vésicules avortées par suite de la desquamation de l’épithélium. ce
Les petites lèvres d’un res un peu moins vif AE tent les mêmes lésions. ANLAT
Une rougeur diffuse avec le même semis de points humides s'étend sur la face interne de la cuisse, le pli de laine, son bord situé à 7 ou 8 centimètres de ce pli est irrégulier, déchiqueté et présente des vésicules nettes. Tout le tiers supérieur de la face interne de la cuisse présente des vésicules aberrantes très nombreuses. Quelques-unes sont infectées et forment des pustulettes avec goutelettes de pus du volume d’une tête d’épingle. Sur la face postérieure de la cuisse droite, au tiers moyen, furoncles en pleine évolution.
En haut, la lésion s'avance sur l'abdomen, envahit un
repli graisseux sus-pubien réservant un petit triangle au niveau du mont de Vénus. Là se trouvent seulement des vésicules sans rougeur. De même qu'à la cuisse la limite n’est pas nette, et le bord en est difficile à trouver. Toutes ces surfaces sont humides et dans les replis, entre les grandes et les petites lèvres, et les replis génitaux-cru- Taux, on trouve un enduit blanc crémeux qu’un examen microscopique montre formé de ceinues épithéliales et d’un mycélium.
ARE aspect général de la lésion. est celui que l’on a décrit sous le nom d’ecezéma rubrum, et fait penser à l'existence du sucre dans les urines. On trouve en effet du sucre en quantité notable, pas d’albumine.
L’exämen du vagin et de l'utérus ne peut être fait par suite des cuissons intolérables que provoque le moindre attouchement.
Actuellement, le prurit du début persiste mais s'accom-
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Daab d'une sensation de cuisson, de. chaleur. dont la ma- lade se plaint beaucoup. { Ha 23 novembre. — La malade entre. à Phôpital st Louis, on “la met au traitement suivant : |
3 fois par jour lavage à l'eau d'alibour, très diluée, puis poudrer avec de la poudre de tale.
Tous les soirs, ‘injection vaginale. de 2 litres d’eau de: sureau additionnée de 1 gr. de borax. |
Les urines (1 litre 300 dans la journée), contiennent: 18 er. 55 de sucre par litre.
La malade n'avait jamais fait analyser. ses urines, eb, à. part la lésion vulvaire, n'avait jamais ressenti aucun trouble. On institue le régime diabétique, et on ajoute, comme traitement l'antipyrine à la dose de 5 grammes par jour.
17 décembre. — Très grosse amélioration, la rougeur est extrêmement atténuée ; il n’y a plus de vésicules nouvelles, le suintement n'existe plus ; les démangeaisons persistent mais, dit la malade, elles sont devenues supportables. On peut alors faire un examen complet des organes génitaux. L'utérus est peu volumineux, en antéflexion et antéposition ; le col est petit, en régression avec orifice en cupule, les ovaires sont normaux.
Les urines ne contiennent plus de sucre.
5 décembre. — L'amélioration locale à continué, les démangeaisons n'existent plus, il ne reste qu’ une rougeur diffuse de toute la vulve. Mais sur la face antérieure de l’avant-bras droit se trouve un petit placard d'eczéma, vésicules sur fond erythémateux de la grandeur d'une pièce : de 2 fr. Un autre identique près du coude, avec légères
démangeaisons à ce niveau. La malade quitte hôpital sur sa demande: Elle n'est plus revenue à la consultation.
En résumé : Diabétique avec quantité peu. importante de sucre disparaissant très rapidement des urines sous l'influence du traitement et du régime approprié, et qui pourtant fait un prurit et une éruption énorme. Nous