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la définition du prurit vrai, du prurit dit essentiel, il y a certaines variétés qui, rangées dans ce cadre par les uns, en sont exclues par les autres. Il en est du prurit vulvaire comme du prurit en général.
Nous voyons, par exemple, dans le livre de Ka-
posi, à propos du prurit en général, que « les dé-
mangeaisons qui accompagnent l'ictère ne sont pas un vrai prurit, mais elles sont occasionnées mécaniquement par le dépôt, dans la peau, de matière colorante de la bile ».
Besnier et Doyon contestent absolument cette
manière de voir et nous reproduisons leur discussion à ce sujet. Elle s'applique aussi bien au prurit vulvaire qu’au prurit en général : « Nombre d’icté-
riques dont le tégument reste coloré en vert fon-
cé pendant une série de mois, ne présentent pas
de prurit et il s’en faut que tous les sujets atteints d’ictère aigu aient du prurit. Si la démangeaison des ictériques est produite par l'infiltration, dans le derme d’une matière excrémentielle non éliminée par les voies biliaires, cette matière n'est pas
le pigment et il reste à démontrer la réalité, l’es-
pèce de l'agent irritant et son mode pathologique. Tout aussi légitimement, on pourrait émettre l’idée qu'il s’agit d’un prurit reflexe, à foyer one
« Si tous les prurits dont la cause matérielle pourrait être ainsi incriminée, devaient être retranchés du cadre du prurit, il n’en resterait bientôt plus aucune variété à admettre. L'auteur a-t-il rejeté
« le prurit anal parce qu'il était en rapport avec « l’altération variqueuse du rectum P A-t-il rejeté « le prurit sénile parce qu'il était peut-être lié à des « altérations séniles de la peau ? etc.
« Il n'y a pas à insister. Diverses affections dont « le prurit est le phénomène symptomatique essen- « tiel et qui sont rattachées à des conditions patho- « géniques diverses ont toutes ce caractère commun « de ne pas présenter de lésion primitive apprécia- « ble à laquelle elles puissent être directement « rapportées, cela nous suffit pour les réunir dans « un groupe naturel en ayant soin de les différen- « cier les unes des autres, quand il y a lieu, par les « qualificatifs appropriés. »
De même nous écarterons les prurits qui ne sont que des épiphénomènes au cours de dermatoses classées, affections d’ailleurs qui ne sont pas spéciales à la vulve, affections généralisées dont la localisation s'est faite au niveau de la vulve comme elle aurait pu se faire ailleurs, par exemple : le mycosis fongoïde, la dermatite de Duhring, certaines éruptions médicamenteuses, etc...) Ce sont là des prurits secondaires dont nous n'avons pas à nous occuper.
Nous réserverons le nom de prurit vulvaire primitif ou de prurit vulvaire sans plus de précision, à toute démangeaison survenant au niveau de la vulve, Sur peau saine, sans aucune lésion primitive appréciable de la peau et de la muqueuse.
Ajoutons de suite qu'au moment où la malade