DIAGNOSTIC POSITIF
nombre des excitations automatiques de l'embouchure des veines caves qui engendrent les battements, la rapidité du transport de ces excitations à travers le myocarde, et le faisceau de His en particulier, et ralentit enfin la vitesse de contraction des fibres myocardiques : pour toutes ces raisons, il produit une forte bradycardie. Inversement si nous paralysons le vague par l'atropine, les veines caves battront plus vite, le faisceau de His conduira plus rapidement, le myocarde ventriculaire se contractera plus vivement, et participera intégralement à l'accélération des oreillettes à condition que le cœur soit normal. Mais si le faisceau communiquant malade remplit mal ses fonctions, l'oreillette a beau battre plus rapidement, les ventricules ne lui obéissent plus. S'ils sont dissociés, complètement indépendants, leur rythme reste fixe ; s’il y a seulement herzblock partiel, quelquefois on observe une très légère accélération ventriculaire, ou inversement un peu de ralentissement (la tachycardie auriculaire peut aggraver la herzblock ; cf. suprà).Et comme pendant ce temps, les oreillettes sont comme affolées, il ya là un moyen de grossir la disproportion qui existe déjà en tel cas entre le nombre des battements des oreillettes et des ventricules.
Dehio (1) a eu l’idée d'appliquer ces notions au diagnostic différentiel des bradycardies, selon leur cause (études sur les bradycardies des convalescents). Il établit que, chez les sujets normaux, l’injection sous-cutanée de un milligramme d’atropine (2) produit une accélération notable du pouls pouvant porter au double le nombre de ses battements normaux, débutant de 20 à 30 minutes après l’injection, et durant de une à trois heures.
(4) Denio, St-Petersb. med. Woch., 1892, p. 1. (2) Injection sous-cutanée d’un centimètre cube de la solution : Sulfate d’atropine . . . . . . . 1 centigramme. Eau distillée bouillie . ., . . . . q. s.pour 10 centimètres cubes, Ayant fait l'épreuve de l'atropine sur un assez grand nombre de sujets, nous avons constaté que chez certains un milligramme d’atropine pouvait rester sans effets sur le cœur en l’absence de toute lésion de cet organe. Nous recommandons d’injecter 2 milligrammes ce qui est encore inoffensif, et plus probant.
Cette méthode, appliquée à l'étude du pouls lent permanent, a donné les résultats les plus probants, au point de vue positif, et au point de vue négatif. En effet :
1° Dans tous les cas où par la méthode des tracés, ou l’examen nécropsique du faisceau de His, on avait pu diagnostiquer une maladie de Stokes-Adams, l'épreuve de Dehio n’a jamais modifié de façon manifeste le rythme des ventricules, tandis que les oreillettes battaient violemment. Nous avons montré de plus qu'elles subissent une accélération manifeste, en enregistrant graphiquement leurs battements avec ceux des ventricules dans une de nos observations du pouls lent (obs. Foss.…..).
Onse convaincra d’ailleurs que l'épreuve de l’atropine est le véritable moyen de diagnostic clinique de la maladie de Stokes-Adams, en constatant l'identité des résultats obtenus par B. Lewy (1),Leuchtweis (2), Gibson (3), Erlanger (4), Finkelnburg (5), Dock (6), Schmoll (7), Stengel(8), Ashton (9), Ascoli (10), Dawydow (11), nos observations personnelles (obs. Val... et Bou...) et celles qu'a bien voulu nous communiquer M. Vaquez, à qui nous devons des notions nouvelles sur cette question (12).
2° Inversement, ce qui est également probant, l'épreuve de l’atropine a permis d’écarter le diagnostic de maladie de Stokes-Adams, dans une seconde série de cas.
Le plus caractéristique est dû à M. Vaquez (loc. cit.). Une malade nerveuse, au cours d’une appendicite (13),présente un ralentissement
) Lewy, Zeusch. f. klin. Med., vol. 47.
) Leucarweis, Deutsches Arch. f. klin. Med., vol. 86.
) Gi8son, Edinb. Med. Journ., 1905, n° 18,
) ErLanGer, John Hopk. Hosp. Med. Bull, vol. XVI, p. 202. ) FikeLnBurG, Deut. Arch. f. klin. Med., 6 avril 4905.
) Dock, Med. News, 19 août 1905.
) Asconi, Zeits. f. exp. Patho. u. Ther., vol. IV, p. 185.
(11) Dawypow, Wien. med. Presse, 1907, n°5 16 et 17,
(12) Vaouez, Bull. Soc. Méd. des hôp., 30 juillet, 1907.
(43) Pour des raisons encore mal précisées, le ralentissement du pouls est