‹ Du redressement des membres par l'ostéotomieChapitre 28 sur 68 · PROCÉDÉS · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS

Des divers procédés d’ostéotomie applicables aux déviations rachitiques, le plus ancien, sans contredit, est celui de Meyer (1831). C’est lui qui, le premier, fit entrer l’ostéotomie dans ce qui n’avait été jusqu’alors que le domaine de l’orthopédie.

Johann Sœnger, âgé de 20 ans, apprenti tailleur, entre à la

(l) J. Bœckel. Nouvelle considération sur l'ostéotomie lions les déviations rachitinues des membres. Paris, 1880.

maison de santé pour une incurvation rachitique des deux membres inférieurs qui se croisent en forme de X. Les deux fémurs sont incurvés en demi-cercle et tordus autour de leur axe ; le condyle interne regarde en avant, la rotule directement en dehors. Les jambes sont incurvées en dehors.

Le 29 juillet tSot, Meyer pratique une double ostéotomie oblique du fémur et du tibia droits. Scie courbe pour le tibia et ostéotomie pour le fémur. Suture entortillée de la plaie, attelle de Boyer, compresses froides. Réunion immédiate à la jambe, suppuration profuse à la cuisse. Le fragment supérieur du fémur tendant à faire saillie, le chirurgien applique la pointe de Malgaigne pendant dix-huit jours. Élimination de plusieurs séquestres, consolidation au bout de sept semaines, redressement parfait. Rendant la section du fémur, la scie à chaîne de l’ostéotome se rompit et Meyer acheva l’opération à l’aide du ciseau qui lui servait d’habitude à l’amphithéâtre pour enlever la calotte crânienne.

Le 7 septembre suivant, troisième opération. Ostéotomie oblique du fémur gauche avec la scie à guichet. Môme pansement, réunion immédiate.

Le 25 octobre, ostéotomie semi-circulaire du tibia gauche au tiers supérieur. Redressement impossible à cause du péroné que Meyer divisa dans la cinquième séance. Môme pansement, réunion immédiate.

Enfin, dans cette cinquième opération, l’ostéotomie oblique du fémur gauche fut faite au tiers inférieur. Toujours même pansement, accidents de décubitus, abcès à la fesse. Guérison définitive au bout de six mois.

Quand Sœngcr quitta la maison de santé, le résultat des cinq ostéotomies successives était parfait. L’opéré pouvait marcher, se mettre à genoux, et sa taille avait augmenté de deux pouces.

Nous avons emprunté cet exposé au mémoire de Bœckel, n’ayant pu nous procurer YIllus. med. Zeitung de 1852 qui paraît être le premier document. Nous tenons à faire cette réserve, car dans la Deutsche Klinik j de 1856 (p. 169-170) et dans le traité des résections de Heyfelder (traduction d’Eug. Bœckel, Paris 1863, p. 83), nous trouvons une description un peu différente. L’ostéotomie aurait été cunéi-

forme pour le tiers inférieur du fémur droit et sous-cutanée, grâce à deux incisions latérales, pour le fémur gauche.

Depuis celte époque bien des chirurgiens ont suivi l’exemple de Meyer et ont tenté, comme lui, le redressement des membres rachitiques par l’ostéotomie, mais sans adopter toujours son procédé.

Si quelques-uns se contentèrent de lui faire subir quelques modifications plus ou moins heureuses, d’autres en revanche s’en écartèrent complètement et l’on vit ainsi paraître successivement les procédés de Langenbeck (1854), de Wahl, (1873), de Marsh (1874), Barvvell (1878), de Bœckel (1 880), de Chavasse (1881).

Avant de les décrire en particulier, il nous semble indispensable d’en donner d’abord un aperçu général, de les grouper, de les classer en procédant du simple au composé. — Fidèle à notre plan général, nous les résumons dans le tableau ci-contre.

1r Face int. du tibia en son milieu.

.... \ Du côté concave.

ineanc..j j)u e5te convexe.

incomplète : : ( §UI. bord int. du tibia.

[ B. Cunéiforme en sillon.

' A. Linéaire oblique, il. Ostéotomie B. Linéaire,

complète : C. Cunéiforme.

, D. Trapézoïde.

Nous pouvons maintenant aborder la description spéciale de chaque procédé.

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