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laps de temps qui varie de huit à douze heures, suivant la saison à laquelle on se trouve. On chauffe ensuite le mélange jusqu’à ébullition et on le passe à travers un tamis à larges mailles. Enfin, on ajoute un peu de graisse finement divisée (1/6 du poids total de la masse alimentaire), et on neutralise avec du bicarbonate de soude. On administre tous les jours quatre lavements nutritifs de 200 à 250 grammes chacun, à la température de 37° à 38°.
Pour mieux faire tolérer ces lavements, on peut y ajouter quelques gouttes de laudanum; mais cette précaution est généralement superflue, les typhiques ayant plutôt tendance à garder trop longtemps le mélange nutritif introduit dans le rectum. Il est bon de faire précéder chaque lavement alimentaire d’un lavement d’eau bouillie destiné à nettoyer l’intestin.
L’injection du mélange nutritif est pratiquée lentement à l’aide d’un tube en caoutchouc suffisamment long pour atteindre l’Siliaque.
En procédant ainsi, M. Querrolo à pu chez ses malades continuer l'alimentation rectale pendant quinze à trentecinq jours sans aucun inconvénient ét sans aucun signe d’intolérance du côté du rectum.
Il va sans dire que, durant cette période, toute alimentation par la bouche était supprimée ; mais afin de stimuler la diurèse, on faisait absorber aux malades des boissons en abondance ; ils étaient, en outre, soumis à la balnéation méthodique, en même temps qu'on leur administrait du calomel à titre d’antiseptique intestinal et, au besoin, des toniques du cœur.
Les résultats obtenus par ce traitement ont été confor-
LAMARLE, 2
A res
mes aux prévisions. Sous l’influence de lalimentation rectale on a vu, en effet, le météorisme, la diarrhée et les troubles nerveux s’atténuer d’une façon manifeste, et souvent on a noté des rémissions thermiques beaucoup plus accusées que celles qu’on note généralement au cours de la fièvre typhoïde. L’amaigrissement n’a jamais été plus marqué que pour les malades alimentés par la bouche. La diminution la plus considérable de poids du corps a été observée chez les quelques sujets auxquels, à titre d'expérience comparée, on administrait des lavements de bouillon et d'œufs non pancréatisés, ceux-ci étant moins bien absorbés par la muqueuse rectale.
Sur les 36 typhiques traités pas les lavements alimentaires, 1l s'agissait 17 fois de formes relativement légères de l'affection et, dans les 19 autres faits, la dothiénentérie a revêtu des allures plus ou moins graves. Dans le premier groupe une seule malade a succombé à un érysipèle intercurrent. Dans la seconde catégorie des cas, il y eut deux décès : l’une des malades est morte d’une méningite survenue à la période de convalescence ; Pautre a succombé à lauto-intoxication, au vingt-huitième jour, d’une dothiénentérie très grave : toutefois, dans ce dernier cas, les lavements nutritifs n’ont pu être donnés qu’à parür du dix-neuvième jour de la maladie.
D’après M. Queirolo, l'usage des lavements alimentaires serait surtout indiqué lorsque les symptômes du côté du tube digestif sont particulièrement graves; que la langue est très sèche, le météorisme considérable, la diarrhée intense,
et que le malade éprouve une grande répugnance à ingérer
id
les aliments. Dans les cas légers on peut se passer de l'alimentation rectale,
Les lavements nutritifs ne seraient contre-indiqués que si les lésions sont localisées au côlon (colotyphus). Quant aux hémorrhagies intestinales, elles ne sauraient constituer de contre-indications à l’alimentation rectale : c’est ainsi que dans un cas d’entérorrhagie, les lavements nutritifs furent commencés le jour même où survint cette complication et purent être continués sans aucun inconvénient.