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DES ALBUMINES ÉLIMINÉES. — DES HYDROPISIES

forces compensatrices de l'organisme et le cœur s'iivperlropliie pour maintenir la sécrétion urinaire dans ses limites physiologiques.

Si la néphrite se développe chez un sujet cachectique dépourvu de forces organiques en réserve pour une raison quelconque, riiyperlropliie cardiaque manque à l'évolution de la maladie, et les lésions rénales primitivement inflammaloires subissent, dans la chronicilé, des transformations régressives. L'épithélium est affecté de dégénérescence graisseuse ou amyloïde; ce nesont plus des lésions inflammatoires mais plutôt des lésions de nutrition qu'on observe.

Le développement de l'hypertrophie cardiaque commande dans la suite toute la marche de la maladie. Tant que l'hypertrophie subsiste, la sécrétion urinai le est normale ou accrue, car dans les formes chroniques par excellence, l'effet compensateur est dépassé ; les matières extractives sont éliminées en quantité normale, l'albuminurie est faible et tout danger est momentanément écarté. Que, pour une cause quelconque, l'énergie cardiaque faiblisse, l'urine diminue, devient plus concentrée, mais les matières extractives éprouvent une diminution totale, l'albumine augmente. Si la polyurie cesse, les accidents urémiques sont imminents. Comme conséquence de la rupture de la compensation, on voit survenir des œdèmes qui ne diffèrent pas de ceux qu'on observe dans les maladies du cœur, mais qu'il faut distinguer de ceux qu'on note au début de certaines néphrites à marche plus ou moins aicfuë.

Examinons maintenant rapidement quelques-unes des conséquences pour l'organisme des lésions rénah^s du mal de Bright. Ces conséquences se font sentir d'abord sur la composition de Vurinc qui est changée. Un élément nouveau apparaît, c'est l'albumine ou plutôt des corps albuminoïdes, et en même temps les matières extractives sont diminuées.

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Valbionhiurie olfi'i^. doux faits intrrossanls dont il finit tenir compte à tous les poinis de vue : c'est d'abord la rjuantilé iralbu}ni)ie (pic le malade peid cliacpK; jour, c'est ensuite la qualité de Valhumine. Nous avons vu ([ue la (juantité d'albumine perdue par les urines n'acquiert une certaine valeur que dans les formes de népbrites non accompa^^nées "^''Inperlropliie du cœur, la forme dite parenchymateusc surtput. Aussi les pertes quotidiennes peuvent-elles conduire à l'état bydrémique, surtout si les pertes ne sont pas réparées; on les a accusées dans ce cas de produire les hydropisies. Dans la majorité des cas le malade parvient à compenser les pertes albumineuses, mais il n'en estpas moins démontré que le sangoffre un caractère hydrémiquc et que la densité du sérum est fortement diminuée (101Gà1020aulieu de iOoO) ; et comme la quantité d'albumine perdue par les urines ne s'élève guère cà plus de 15 grammes par jour, dans les cas les plus graves, on a pensé que l'albuminurie ne conduit à l'hydrémie que parce que l'organisme ne peut pas s'assimiler la quantité d'albumine nécessaire pour réparer ses pertes. On sait du reste que les hydropisies ne sont pas proportionnelles à l'albuminurie et qu'elles peuvent manquer dans certains états morbides où l'altération sanguine est plus prononcée que dans les néphrites. L'hydrémie étant impuissante à expliquer l'hydropisie dans le mal de Bright, on a incriminé la rétention de l'eau urinaire dans le sang : Bartels surtout s'est fait le défenseur de cette théorie. A supposer que la pléthore bydrémique existe réellement, elle pourrait favoriser la production des œdèmes : il est commun de voir l'anurie persister plusieurs jours sans aucune trace d'œdème et

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le rapport qui existe entre riiydropisie et la diurèse est plutôt l'inverse de celui qu'indi(iu(3 IJarlels. L'urine augmente lorsque les liydropisies se résorbent. Pour(|uoi l'organisme se scri-il du tissu cellulaire pour se débarrasser de l'eau en excès dan? la circulation ? Pourquoi cette localisation dans le tissu sous-cutané et dans certaines régions, par exemple à la face, à l'exclusion des séreuses? C'est ici que les auteurs font intervenir les lésions vasculaires de la peau qui surviennent lorsque la peau a été frappée par le refroidissement, par l'bumidité surtout. Les vaisseaux cutanés acrjuièrent une perméabilité anormale et laissent passer le sérum. C'est^^^ii^ cette maladie de la peau que Semmola fait jouer un rôle des* plus importants dans la pliysiologie patbologique du mal de Briglit, et l'on sait que cliez ces malades, la peau ne transpire plus et possède une sécheresse extrême, i/absence de ces lésions cutanées dans certaines néphrites d'origine différente explique pourquoi les hydropisies font défaut dans certains cas. Enfin les hydropisies tardives des néphi'ites chroniques de longue durée ont une autre pathogénie et sont la conséquence de la rupture de la compensation cardiaque. Aussi dans ce dernier cas, l'hydropisie olTre les caractères des hydropisies d'origine cardiaque; elle débute par les membres inférieurs et ne respecte pas les séreuses.

Au point de vue de la qualilé des albumines qu'on trouve dans l'urine des albuminuriqucs, on sait aujourd'hui qu'il peut y en avoir trois espèces :

1° La première est la serine qui est identique avec l'albumine du sérum; la chaleur a pour eflet de produire la rétraction en grumeaux du précipité dont Bouchard a indiqué la signification diagnostique. Le précipité albumineux rétractile fourni par la serine est celui qu'on observe dans toute maladie de Bright, il indique que le rein lésé laisse passer l'albumine du sérum.

G'JG CHAI'. X. — DES ALBIMINL'HIQUES.

2° \/d seconde espèce esl la jmriKjlohulitic (jiii aj)j);N liciil à la classe des ^lohuiines; cette espèce (ralhiimiiie ne dinère de la sciine (prcii ce qu'elle i)réeipite par une solulimi de sulfate de nui^iiésic et aussi jiar un courant d'acide carbonique. Le précipité est d'ailleurs dilleienl; il est homogène et ne se met jamais en grumeaux.

3° La globullne peut s'observer dans le cours des néplirites, mais elle peut faire défaut; sa présence n'a rien à voir avec l'état du roin, elle indique siuq)lement une modification patlioloi^ique du sang sous rinlluence d'un trouble de la nutrition. C'est souvent l'albuminuiie des intoxications et des lièvres graves.

4" Enfin l'urine brightique peut contenir des peploncs qui ne précipitent ni par la clialcur ni par l'acide nitrique, mais par le réactif de Tanret, qui précipite également les deux autres albumines ; le réactif de Millon donne une coloration rouge intense. Lorsque la peptone passe dans Turine, ce passage indique non pas une affection rénale, mais une altération de l'état du sang, qui peut exister par ce fait dans le mal de Bright et qui se trouve dans plusieurs maladies fébriles et inflammatoires dans lesquelles on observe la peptonurie.

I 7. — De 1 urémie

Une autre conséquence, non moins grave pour l'organisme, des troubles de la fonction urinaire est la série de phénomènes morbides dont Bright avait reconnu l'étroite relation avec les néphrites. Tous les systèmes peuvent être atteints avec une intensité plus ou moins grande. Comme ces accidents coïncident toujours avec une faible excrétion urinaire ou même avec la diminution subite de cette sécrétion, on les a rapportés à la rétention des matériaux de lurine dans le sang et on a donné le nom d'urémie à ce

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