CHAI». I. — DES GASTRIQUES
laiiii iiih'iisiî oM avec la fausse faim; or, on sait (jiic c'est un pliL'iioincnc (le ralonic flatuleiilc. (le (jiii osL absolument vi ai, c'est que, (juand le vertige existe, c'est presque toujours avec les distensions gazeuses ou mèuie avec les dilatations de Testomac, et qu'il disparaît dès que l'estomac et rint(;stin sont débarrassés de leurs gaz, à la fin de la digestion. Il peut se produire aussi dans l'état de vacuité de l'estomac et cesser pai" riugcslion d'un aliment quelconque. Que se passe-t-il dans ce cas et dans le précédent?
Je fais abstraction des anémies totales qui sont le résultat de l'inanition digestive, et qui donnent lieu aux vertiges permanents, et je cbcrche le mécanisme des vertiges gastrointestinaux. En admettant que c'est l'appareil digestif qui est la cause directe, pourquoi le vertige cesse-t-il à la fin de la digestion, ou bien par l'expulsion des gaz, ou bien instantanément par l'introduction d'un aliment qui a eu à peine le temps de toucher à la paroi stomacale? Comment se fait-il que les lésions les plus graves de l'estomac, telles que l'ulcère ou le cancer ne produisent rien de semblable? Voici la réponse la plus plausible. — Une impression non perçue part de l'estomac ou de l'intestin atteint de dyspepsie chimique ou de névrose; elle gagne la moelle allongée, y trouve le centre des nerfs des vaisseaux, le centre vaso-moteur, et produit là une contraction de tous les vaisseaux du cerveau; de là une anémie locale, un vertige anémique.
Il peut dépendre aussi directement du trouble de la circution abdominale; Mayer et Pribram, en irritant mécaniquement la paroi stomacale, ont produit une augmentation delà pression sanguine dans les vaisseaux artériels. C'est donc toujours un trouble de circulation dans l'encéphale; il y circule trop peu de sang, ou la circulation se fait sous une pression exagérée ; nous sommes loin, comme on le voit, de l'effet direct ou sympathique de la muqueuse digestive sur le
DE L'ACTION DES GASTRO-DYSPEPSIKS SUR LE SYSTtME NERVEUX. 307
cerveau. — Le vei'ti^e a stoinac/io-lœso esl en réaliti'î un vertige vasculo-cérébral.
3" La mijcrnine Ntoiiiucuie, comiTie toutes Ics migraincs, se compose de deux phénomènes connexes : la douleur unilatérale, qui est le phénomène primordial, puis les troubles de lacirculationl'aciale, oculaire, encéphalique. Dès que la douleur se développe, on voit dans une première phase le visage devenir pâle, exsangue, les artères temporales battre avec force, le globe de l'œil s'enfoncer dans l'orbite et s'injecter; or ces symptômes indiquent une contraction des vaisseaux céphaliques, c'est-à-dire une excitation du nerf sympathique cervical, et l'origine de cette excitation est dans la partie de la moelle cervicale, qui donne naissance au cordon sympathique. Plus tardée sontlesvaso-dilatateurs qui interviennent, et le visage s'anime; l'encéphale et l'œil sont envahis, ainsi que la moelle allongée. Il y a donc là une série de phénomènes vasculaires qu'il est impossible de nier et qui se rattachent à la douleur. Mais celle-ci est difficile à expliquer par l'anémie ou par l'hyperhémie cérébrale ; elle semble se rattacher aux phénomènes de pression vasculaire. Dans tous les cas il s'agit d'une impression, ([ui partant de l'estomac, gagne la moelle allongée, se réfléchit sur les nerfs des vaisseaux de la tète, de ses muscles et de l'encéphale lui-même. — La migraine pas plus que le vertige n'est d'origine digestive directe (comme le montre Sarda dans son excellente thèse), c'est selon toute probabilité un trouble vasculaire cérébro-spinal qui naît à l'occasion des dyspepsies ou des gastro-atonies.
4° Los» douleurs dorNsucs constitucut uu phénomène plus nettement défmi, qui paraît se rattacher à la faligue des muscles; chez les dyspeptiques arrivés à un certain degré d'anémie c'est une sensation locale douloureuse de courbature musculaire.
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11 en csl sans doute <le niouK; des douleurs péiiphériques (jiii loin (le suivie le liajrl. imaluniique des nerfs, loin de consliluer des névi'al«'ies, se ratlaelieni au\ niyosal^nes, à la fatij^ue et à l'anémie loealedu système museulaiie.
Les parois musculaires de l'abdomen sont dans le même cas, il y a là des myosalj^ies qui, avant les travaux de Briquet, étaient conlonduesavee les douleurs d<3 l'estomac lui-même; ce sont des épi^astral<j;ics.
O" PhcnoniôncN pMycliiqucN, liyNtériforiiirN, liypocontlriaqucs.
— L'ensemble des phénomènes cérébraux dus aux lioubles vaso-moteurs et comprenant les vertiges, constitue aussi l'hypocondrie; il faut se garder de la prendre pour une maladie primitive; ses divers caractères sont là pour témoigner de son origine.
L'hystérie peut être cause ou effet. On peut établir comme règle générale que la dyspepsie produit rarement l'hystérie par accès; mais si les accidents nerveux se bornent aux troubles de la sensibilité sensorielle, musculaire, cutanée, ils sont plus fréquemment un effet de la dyspepsie qu'un signe de l'hystérie primordiale.
0" Palpitations. — Dyspnées. — iSyncopcs. DcS palpitations
se développent souvent chez les dyspeptiques; sont-elles un effet d'excitation réflexe partant des fibres nerveuses du nerf vague gastrique sur les filets nerveux du cœur? Dans ces derniers temps on a admis que les trois branches, gastrique, cardiaque et pulmonaire du nerf vague jouent entre elles un véritable rôle de comparse; l'impression perçue par le nerf digestif devait se transmettre au nerf vague du cœur, en révolutionner le rhythme, en troubler l'harmonie, le faire palpiter. C'est donc une excitation sensitivc, qui va se réfléchir sur les branches vagues du cœur; que produira-t-elle sur cet organe? des palpitations? mais on sait que l'irritation du vago-cardiaque fait exactement l'inverse d'une palpita-