‹ Du régime alimentaireChapitre 62 sur 168 · DE L'ACTION DKS OASTHO-DYSPEPSIES SUR LE SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

DE L'ACTION DKS OASTHO-DYSPEPSIES SUR LE SYSTÈME NERVEUX

lion ; elle arrête le cœur (syncope). Que fait encore cette excitation de l'estomac? Elle prendra un billet de retour, se portera sans doute sur la partie centrifuge du nerf stomacal, et là elle fera contracter l'estomac, pour déterminer le vomissement. Or, on sait que le vomissement ne s'opère pas par l'estomac, mais par les parois abdominales; voilà donc déjouée la seconde prévision.

En voici une troisième; le même nerf sensitif de l'estomac agira sur les rameaux pulmonaires et déterminera l'oppression, la dyspnée; or, nous avons appris par la physiologie, que le nerf vague moteur du poumon ne peut que faire contracter les muscles bronchiques, et comme on ignore leur destination, il se trouve que cette troisième et dernière transmission est complètement latente, et ne saurait soulever la moindre dyspnée.

Voilà le chandelier à trois branches réduit à néant. — En réalité il faut arriver à admettre que les terminaisons du nerf vague dans l'estomac se réflèlent sur la moelle épinière, d'où naissent les nerfs accélérateurs du cœur, de là des palpitations. Il faut admettre encore que cette même impression peut se réfléchir de la moelle épinière et allongée sur les nerfs moteurs des parois abdominales et du diaphragme, qui se contractent et produisent le vomissement. Il faut enfin pour la dyspnée secontenter d'un simple effet mécanique, produitpar les gaz de l'estomac, qui en s'accumulant refoulent le diaphragme par en haut, et amoindrissent ainsi le champ de la respiration. Ces explications ont leur côté pratique, et pour ce dernier point en parliculier, le meilleur moyen de faire respirer les dyspeptiques, c'est de les débarrasser des gaz.

§ 9. — Existc-t-il des iicYro-dyNitopsIcs cliiiiiiqucs?

Après avoir épuisé la discussion sur la genèse des gastro-

810 CHAI». I. - DKS r.ASTHlQUKS.

ik'mom's iiioliiros et sensibles, qui seule peut nous p^uider (l;iiis If li'.iilciiicnl ;iliiiienlaire, il reste à savoir si les impressions ^aslri(|ues sont à même df inodniri! nn li'ouhle de sécrétion, c'est-à-dire une dyspepsie cliimique. Pour soutenir une j)areillc oj)inion on a ndniis {\(i^ nerl's sécréteurs agissant sur les glandes h j)epsine; on .1 laisonné par analogie avec ce qui se passe dans les glandes salivaires, sudorales, lacrymales, qui sont pourvues de nerfs de sécrélion; puis cet argument est resté à Tétat de comparaison; ensuite on a invoqué des raisons philosophiques, des influences émotives qui troublent la digestion. Certes les impressions morales peuvent provoquer une indigestion, mais comment? en arrêtant les mouvements de l'estomac ou en excitant ses nerfs sensibles; dans le premier cas les aliments séjournent dans la cavité stomacale devenue inerte; ne subissant aucime modification digestive, tendant à se décomposer, et à former des acides gras volatils, ils produisent là des sensations douloureuses dues à des gaz putrides; finalement ils sont rejetés par le vomissement, ou bien ils passent dans l'intestin d'où ils sont expulsés par la diarrhée qui résulte de la présence de masses alimentaires indigérées.

Dans le deuxième cas l'impression psychique détermine directement le vomissement en se portant sur la moelle allongée, et de là sur les oraanes musculaires de l'abdomen qui rétrécissent la cavité abdominale et compriment l'estomac jusqu'à ce qu'il se débarrasse de son contenu. Dans les deux occurrences il ne s'agit que d'indigestion ou de digestion enrayée. Dans aucune de ces éventualités il n'est question de dyspepsie chimique.

Quand les malades accusent les passions vives, les chagrins, de produire les troubles des fonctions de l'estomac, ils subissent en réalité des perturbations de la motricité stomacale, des fatigues musculaires de l'estomac, desgastro-

GASTRO-ATONIKS ET GASTROSPASMES. 311

atonies, souvent môme des dilatations de l'organe dij^^eslif, qui peuvent, Unalfîment amener de graves inconvénients, mais qui ne consistent pas en sécrétions anormales des sucs digestifs, et ne conduisent ni à l'inanition ni à l'amaigrissement; ces malades finissent par se rétablir par l'usage d'un régime bien compris, et non par les remèdes antichimiques, ni même par les conseils des médecins qui leur recommandent naïvement d'éviter les émotions, comme si la vie pouvait se passer sans impressions morales.

Parfois ces gaslro-névroses d'origine psychique, au lieu d'atteindre la musculature stomacale, se traduisent par les troubles des sensations prédigeslives, et entre autres par l'inappétence et le dégoût profond des aliments; ce n'est pas là non plus un signe de dyspepsie. Il faut en effet recou rir d'absolue nécessité au régime liquide, au lait, aux potages avec la viande hachée et légèrement grillée; dans ces conditions et malgré l'aversion pour les aliments, la digestion se fait.

Ainsi, quelle que soit la manière d'envisager la question des inlluences psychiques, nous arrivons toujours aux phénomènes des gastro-névroses, et nous évitons la dyspepsie vraie.

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