DES CARTES CULINAIRES
alimentaires indiquées par la nature de sa maladie, et à insister sur les modes de préparation les plus compatibles avec rétat de l'estomac, laissant ensuite au patient le choix Lien prévu des variétés de l'espèce. — Il est donc absolument inutile de lui commander ses repas, de les régler par les détails les plus minutieux, selon la pratique à la mode de certains cliniciens étrangers. En France, on peut bien soumettre un menu au malade; en Allemagne, on l'y soumet.
Voici un programme très connu qu'on affiche dans certaines tables d'hôte; il est de Leube, un des spécialistes les plus renommés.
Régime I. — Les aliments les plus facilement digestibles, dit-il, sont le boullloriy la solution de viande (de Leube), le lailj les œufs mous et crus. Or, il se trouve que cette fameuse solution de viande est un produit commercial, préparé à l'aide du pancréas, et dont un compatriote de Leube vient de démontrer la parfaite nullité. Il reste donc le bouillon, le lait et les œufs. Or, le bouillon ne contient rien d'alibile; c'est un moyen prédigestif et non un moyen alimentaire; le lait n'est que rarement supporté par les gastrodyspeptiques. On peut en dire autant des œufs qui répugnent à certains malades, et qui exigent, pour se peptoniser, une acidification très prononcée du suc gastrique.
Ainsi, le premier type proposé est loin d'être parfait. Si, parmi ces prescriptions, je signale le lait, qui convient rarement aux dyspeptiques, c'est parce qu'il a réussi merveilleusement dans le traitement de l'ulcère stomacal, qui, précisément, n'a aucun rapport avec la dyspepsie chimique.
Régime II. — Des soupes bien bouillies, de la bouillie au lait, la cervelle de veau bouilli^ le riz de veau bouilli^ le poulet bonUli, le pigeon bouilli, et les pieds de veau idem. Ainsi tout au bouilli. Toute cette cuisinci ou plutôt cette universelle coction va aboutir à lu transformation des viandes et
X]H CllAP. II. — TUAITKMKNT DKS GASTIUQL'KS.
(In reste en j^élaline. Est-ce là le but de ne (leuxi('3me réj,âmc? S'il (Ml est ainsi, h; malade ikî soia pas nourri; il jouira <riine substance qui est azotée, mais qui ne s'annexe pas à l'organisme, et ne saui'ait en rien remplacer les alhiiminates.
Ri'gimc 111. — Ajoutez aux numéros I et II du Iwi'nf saignant ou cru, permettez un peu de pain blanc, et, à titre d'essai, de petites quantités de café ou de lait. Ici le malade commence à se nourrir.
Régime IV. — Maintenant la volaille et le gibier rôti, le veau rôti, le brocliet, le macaroni; puis, plus tard, du vin : mais rappelez-vous que le vin retarde la digestion (Fleiscbner et Buchner, D. Arch., t. XXIX).