‹ Du régime alimentaireChapitre 74 sur 168 · cil M'. II. — I)YS1»KI»SIES INTESTINALES · texte numérisé non relu

cil M'. II. — I)YS1»KI»SIES INTESTINALES

— Supposons iii.iiiilonant qiio les cvacualions soient prémalurres ; elles rodcvicnnenl plus a(pieuscs, j)liis nombreuses, plus jaunAlres (pTà Télat normal, à cause (I(; la bilirubine qui provient de l'iléon. Au microscope on constate des cellules d'épitliélium, des globules blancs, des cristaux de pbosphate ammoniaco-magnésien, de la cboléstcrine, des acides gras, et toutes espèces de parasites.

S'il existe un catarrlie miupieux (dyspepsie muqueuse), il est rarement borné au duodénum ou à l'intestin grêle, et dans ce cas on trouve la bile en nature dans les selles; quand le catarrhe occupe le gros intestin, ce qui a lieu presque toujours, on rencontre encore la bile intacte dans les matières. Puis comme l'exsudat muqueux de la première portion du tube digestif irrite les terminaisons nerveuses, celte irritation se réfléchit sur tous les nerfs musculaires de tout l'intestin; de là des contractions actives, généralisées; de là le passage rapide de la bile dans le côlon, qui ne doit contenir normalement que de la bile décomposée; tout ce que renferme l'intestin grêle a passé dans les parties inférieures du tube digestif. Les selles vertes des enfants ne sont considérées comme graves que parce qu'elles proviennent précisément des parties supérieures, c'est-à-dire les plus importantes du tube digestif.

Outre la bile en nature on constate, lorsqu'il s'agit d'inflammation catarrhale du gros intestin, des masses muqueuses faciles à reconnaître. Tandis que dans l'irritation du jéjunum-iléon le mucus est mêlé intimement avec les autres éléments excrémentitiels, et ne se reconnaît qu'au microscope, le catarrhe du côlon se traduit par des couches muqueuses superposées aux matières et les entourant ; de plus, les matières diarrhéiques peuvent contenir du mucus mêlé avec du pus et du sang en quantité variable, et simuler celles de la dysenterie. Il y a outre le mucus plus ou moins isolé et

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les traces plus ou moins marquées de pigment biliaire intact une plus grande quantité de débris alimentaires qu'à l'état normal.

On trouve toujours, même après les digestions les plus parfaites, des fibres musculaires qui ne sont visibles qu'au microscope; dans l'état muqueux les fragments de muscles sont souvent nombreux et volumineux; des grains de fécule, de la graisse, tout ce qui n'est pas digéré par l'intestin se retrouve dans les garde-robes ; elles représentent par conséquent la caractéristique de la dyspepsie et du catarrhe muqueux qui en est la cause.

^5. — Dos dyspepsies niacino-alhiiiiiineuscs

Il estune maladie intestinale très fréquente qui secaractérise de trois façons: tantôt c'est une sécrétion exagérée de mucine liquide, comme gélatineuse {glaireuse, d'après l'expression vulgaire) qui enveloppe souvent les matières fécales durcies; tantôt cette substance se concrète et forme des fragments informes, mucino-albumineux, analogues au blanc d'œuf durci et qu'il faut signaler au malade; tantôt enfin ce produit est constitué par des fils plus ou moins pelotonnés, de gros filaments, des rubans blanchâtres, ou par des tubes creux, des cylindres comme vermicelles, qu'on est tenté de confondre avec les vers intestinaux, les lombrics ou les ténias. Ces trois types ont été diversement interprétés, l'un a été considéré comme un simple catarrhe intestinal, l'autre comme le produit membraneux d'une inflammation, et le troisième comme une maladie spéciale que les médecins du diM'nier siècle traitaient de curiosité pathologique, sans la dénommer, et qui, dans ces derniers temps, a été décrite sous le nom d'entérite tubulaire, membraneuse. — Or, ainsi que je l'ai démontré dans mon livre sur les dyspepsies, ces

To'l CIIAP. 11. — DYSI'EPSIKS INTESTINALES.

trois types, en ;i|)[)ai*('iic(' si disliiicls, a[)p;ii-licnn('nl aux pliascs diverses (riinc seule el niciiie nmladii', car on les rchoiivc allcriiaid ciili'e elles siii- le iiièiric malade; elle est toujours eoiislilin'e par la iniieiiie coik rèlt; ou eo.'i*^ulablo et contcnaul un noiuhie immense de bactéries; de plus elle détermine toujours des troubles digestifs intestinaux; c'est donc une dyspepsie mucino-albumineuse.

Dans tous ces cas, les digestions sont lentes, pénibles, accompagnées de flatulences, d'éructations, depyrosis; parfois elles sont marquées par des pliénomènes à allures plus aiguës, soit sous forme de crises douloureuses, soit sous forme de crises fébriles qui peuvent, lorsque les sécrétions sont abondantes, d'apparence muco-purulente ou sanguinolente, faire croire à l'existence d'une dysentrie ou même d'une fièvre typhoïde, ainsi que je l'ai constaté mainte fois.

Quelle est l'origine de cette dyspepsie singulière? Chez les hystériques, les chloro-anémiques, chez les enfants des deux sexes, la dyspepsie intestinale mucino-albumineuse résulte invariablement d'une constipation tenace, d'une atonie intestinale; les matières, arrêtées dans le gros intestin, irritent par leur contact prolongé la muqueuse et déterminent précisément, au point de stagnation des matières excrémentitielles, un exsudât qui se dépose à leur surface ou bien se moule sur les plis de l'intestin pendant ses contractions. A une période avancée de la maladie, l'exsudat liquide prédomine et donne lieu à une diarrhée passagère, souvent entremêlée de cylindres ou de fragments rubanés; la bile y manque fréquemment et la digestion des graisses est enrayée; c'est donc, dans toute l'acception du mot, une dyspepsie intestinale, suivie souvent d'un véritable amaigrissement qui doit faire songer bien plutôt à une dyspepsie intestinale qu'à une dyspepsie gastrique, et qui se révèle en effet par l'examen des matières excrétées. C'est là aussi qu'on

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trouve les exsudais (jui sont picsijuc enlièieinent formés par (les colonies de bactéries, si hiiiu qu'on est en di'oil de se demander s'il y a un exsudai véritable? Ce ([ui est plus que probable, c'est ({u'elles jouent un rôle dans le développement de la maladie, et qu'il faut chercber à tout prix à en prévenir l'accumulation en modifiant leur terrain de culture intestinale.

§ 5 bis, — Traîtcniciit «lo la cly.<sp<'psio niiteiiio-albuiiiiiicii»4o

Les indications du traitement semblent toutes tracées ; il faut évacuer les matières fécales qui sont accumulées, tout en donnant lieu parfois à la diarrliée muqueuse; il faut éliminer les exsudais avec leurs bactéries qui irritent la muqueuse intestinale. Mais à cause même de cette excitabilité permanente, les purgatifs, soit salins, soit drastiques, provoquent des crises aiguës, et doivent céder le pas aux plus légers laxatifs (soufre, manne, crème de tartre, magnésie), et surtout aux graines inertes (de lin, de psyllium, etc.), qui facilitent l'évacuation et cliassent pour ainsi dire tous les résidus intestinaux; les grandes irrigations rectales, les douclies ascendantes comme celles qu'on pratique à Plombières constituent les meilleurs moyens de désobslruclion. On peut les utiliser également cliez les enfants. On voit fré- ({uemment, surtout cliez les petites fdles cliloroliques ou bystéri([ues, des évacuations de mucus concret, cylindroïde ou amoi'plie, accompagnées de douleurs vives, d'un certain dépérissement avec flétrissure de la peau; ces enfants doivent elle traitées comme les adultes.

Leur régime consistera en viande crue, délayée dans le bouillon, viande rôtie de bœuf, gibier, poisson cuit à l'eau, légumes secs en purées. Le lait est souvent mal supporté; les œufs ne se digèrent pas toujours facilement à cause du degré

854 ciiAi'. II. i>VM'i;i'sii;s intkstinai.ks.

(•I('\(' (Tiicidilt' rlil()ili\(lri(jii(' (pii ol iir(;ossairo pour (jik; lo sur ^.istriciiic, priirlic l.i masse alhuiiiinoiiso ; les acides, les riMidilés, les IViiils ;i(id<;s el siiiloiil les sucres sont contraires. — (loiuiuc boissons, du viu de Ilordeaux coupé avec une eau carhonatce calcaii'e (eau de l'ou^incs) d(ï prérérencc aux eaux caihouah'es sodicjues; ou l)ieii du iIk'; à l;i (iii des l'cpas du viu puid'Kspa^ne ou une li(pn'ui- non sucrée.

^ G. — DywpopMicM iiifcMliiiaIcH par ach<»lie ou aliiliaircN

Voici un autre genre de dyspepsie qui se rattache au groupe des dyspepsies intestinales. Dans le cours et à la suite d'une jaunisse, quelle qu'en soit d'ailleurs la cause, chez les nialades et surtout chez les femmes qui sont affectées de coliques hépatiques ou de calculs biliaires, chez des sujets ayant un foie habituellement gros et sensible à la pression, on voit se produire des accidents pseudo-dyspeptiques qui ne dépendent nullement d'une dyspepsie gastrique. Sous l'influence de ces divers états morbides du foie, il y a diminution de la sécrétion de la bile, et c'est de cette insuffisance de l'afflux de la bile dans l'intestin que dérivent tous les troubles de la digestion intestinale.

Le rôle de la bile est en effet considérable dans la digestion intestinale. Elle favorise la digestion des matières grasses en les émulsionnant; elle en facilite l'absorption en imbibant de bile les villosités de la muqueuse intestinale, et elle empêche la putréfaction de la masse alimentaire.

Par les acides biliaires qui sont de véritables excitants des fibres musculaires lisses, elle détermine manifestem^ent, excite ou réveille les contractions des muscles de l'intestin; enfin elle contient une grande quantité de mucine qui contribue au glissement des matières fécales.

Que la sécrétion biliaire vienne à diminuer, que la bile

DYSPEPSIES AIM LIA IRES. 35r.

n'arrive plus dans rinlcstiii en (iiiantité suffisante, et Ton observera [)resque nécessairement les conséquences suivantes : une constipation opiniâtre, qui est due surhjul à l;i faiblesse des contractions de l'intestin, par siiile de l'absence des acides biliaires; cette constipation sera d'autant plus rebelle, qu'il existe en même teiii[)S un véritable dessècliement de l'intestin, la bile avec sa mucine entrant pour la plus «grande part dans la composition de son contenu li(|uidi'.

Les matières fécales, en raison de l'absence de biliverdine, se décolorent et prennent une teinte grisâtre, argileuse et en même temps une odeur putride. Des gaz de décomposition se développent en grand nombre, car le travail de putréfaction n'est plus enrayé par la présence de la bile.

Enfin la digestion des graisses devient très difficile : elle n'est plus confiée qu'au suc pancréatique; c'est pourquoi elles se retrouvent inaltérées dans les selles; c'est donc une véritable dyspepsie graisseuse d'origine hépatique ou biliaire, à laquelle ne tarde pas à s'ajouter, pour peu que l'aifection se prolonge, un amaigrissement souvent irrémédiable ; ces faits ont été relatés dans le Traité des dyspepsies, et se trouvent confirmés par Ilanot {Recherches sur racholie.i 884) .

L'usage des alcalins, l'abstention des graissos, des liqueurs fortes, des féculents, trouve sa raison physiologique dans ces acholies sans ictère.

§ G bis. — Traitciiicnt des dyspepsies nclioIic|iioM et ictcrifiiieM par onlculs hilinircs

Lorsque la bile est retenue dans les canauxexcrétcurs de la bile par les calculs, et ne peut plus se déverser dans l'intestin, la dyspepsie biliaire et inteslinale se prononce au plus haut point. L'appétit se perd complètement; des nausées, des vomissements, avec ou sans constipation, avec ou sans flatu-

356 CM M', il. — !»VSIM:I'SIKS intkstinai.ks.

l(Mic(', l'iiijxM'liciil pour ainsi diic riiliiiiciiliilion. Or, on s;iil, d'îiiurs los p\p('rionros |)liysinlo<;iqiios sur les rliicns, munis (le lishilcs liiliaii'cs, (pic poui' les noiiiiir, pour aciivci* à la ralinii (rcnirolicn, cl poiii" ciiifxV'lior la (h-miiiilioii, il laiil, uno (piaiilité trois, cl juscprà dix lois plus considérable (|Ufî dans l'état normal. — Chez los ictcricpies, il en est de même. Comment combler le délicil, (pii ne dépend pas seulement de l'absence des ^raisses, mais d'une dénutrition p:énérale? Comment concilier cette indication impérieuse avec l'inappétence absolue et la digestion intestinale nulle? Comment éviter l'inanition forcée? Il y a là un tel danger que les malades ictériqiies peuvent mourir de faim par suite d'une anorexie insurmontable et d'une apepsie complète.

L'expérience indique d'abord l'usage des eaux minérales, carbonatées sodiques (Yicliy) ou chlorurées sulfatées (Garlsbad); toutes deux favorisent la sécrétion de la bile, et peutêtre la désagrégation des calculs biliaires qui sont principalement formés par des amas de cholcstérine groupés autour d'un noyau de matière colorante biliaire et de substance calcaire. Mais ce travail des eaux minérales eet lent, plutôt préventif que curatif des calculs biliaires, et presque toujours insuffisant, soit pour réveiller l'appétit qui fait défaut, soit pour rétablir les fonctions biliaires, intestinales et pancréatiques qui semblent toutes frappées d'inertie. Il y a d'ailleurs urgence pour nourrir, et nourrir abondamment. La théorie nous indique l'alimentation carnée, les végétaux frais, et nous interdit l'usage des graisses, attendu que la cholestérine est un dérivé de la graisse? Mais il s'agit de savoir si le malade peut tolérer la viande; n'hésitez pas pour la faire accepter, d'employer tous les procédés, tous les stratagèmes; viande réduite en pulpe, avec ou sans bouillon gélatineux; viande froide fortement assaisonnée d'épices ; viande salée ou charcuterie dépouillée de lard; tout est à mettre en

PAKÉSIK INTESTINALE. 3ri7

usage, et, à (lélaiit de viandes, des œiilscrus ou cuits, du l;iil froid ou cliaiid (inalj^ié 1(^ heurie qui est d'ailleurs plus iiIjsorbable que les autres graisses). — Souvent \(t nialad(i j)itîfère des féculents, des légumes secs décortiqués ; leur usag<î permet de temporiser. Prescrivez les boissons à la glace, les eaux gazeuses, la bière; tous les essais sont justiliables malgié les contre-indications pbysiologiques, parce ([ue la nutrition est en péril. A force de patience on arrivera à surmonter les répugnances du malade; dès lors on devra rentrer graduellement dans les prescriptions régulières des ictériques calculeux.

§ 7. — l*arcsîc iutcMtinalo en géitcrnl

Comme l'estomac et, plus que lui, l'intestin, surtout le gros intestin est sujet à l'atonie musculaire, et même à la dilatation que j'ai constatée dans un certain nombre de cas d'une manière manifeste, (juand l'atonie frappe l'inlestin, quand le plan musculaire ne fonctionne })lus qu'imparfaitement, il se produit une rétention des matières excrémentitielles et des gaz, d'où la constipation avec la douleur qui suit, la distension gazeuse du tube intestinal, la tympanite, qui est si souvent le point de départ des crises douloureuses appelées coliques, qu'on a une tendance tiop marquée à rapporter à un état nerveux, tandis qu'elles résultent du tiraillement et de la tension exagérée des parois intestinales par les gaz accumulés. Ce sont ces atonies, aussi fréquentes que variées dans leurs formes, (|ui font croire à l'existence d'une dyspepsie stomacale, tandis que toute la scène morbide se passe dans l'intestin.

11 y a là, en elfet, un problème pliysiologique et une question diagnostique à élucider. Au point de vue pliysiologique il existe entre l'estomac et l'intestin des rapports fonclion-

;iô8 CIIAP. II. — l'AHr.SlKS INTKSTI.NALKS.

ncls(|ni ne |hm iiicllciil pas df rra^ineiitiT rappairil (li^r(;stii m deux organes disliiicLs; une vérilablc solidarité existe outre eux par suite d'une innervation comunino, d'une mo- I licite uiiilbnne, de fonctions sécrétoires destinées au môme l)ut. On appelait autrefois cette coi'rélation, la sympathie entre les diverses parties de l'appaieil digestif; c'était un mot; on sait aujourd'hui quec'estsurtout l'analogie et même la continuité de l'appareil musculaire, (|ue c'est enfin le même but (jui les relient.

Su})[)OSons une faiblesse nmsculaire de l'estomac, elle sera bientôt suivie d'un état analogue de l'intestin, dont les bandes musculaires continuent celles de l'estomac, présentent le même genre de contractilité lente et perdent ensemble leur tonicité, c'est pourquoi une maladie de l'estomac est si souvent accompagnée de constipation, qui dépend parfois aussi de l'absence de résidus par suite d'une insuffisance alimentaire.

L'inverse est encore plus vrai, plus fréquent et plus pratique. Quand nous voyons un malade habituellement constipé par suite d'une vie sédentaire qui produit l'accumulation des matières, ou par suite d'hémorroïdes qui en empêchent l'évacuation, nous pouvons être certains à l'avance qu'il se plaindra de troubles digestifs, parce que sa digestion est en effet ralentie, et de troubles d'estomac, parce que ses sensations pénibles siègent auprès ou au-dessous de la région épigastrique, qui comprend aussi bien l'intestin côlon qu'il ne connaît pas, que l'estomac qu'il accuse trop ; c'est là la source des erreurs graves de diagnostic. Gomment s'établit cette solidarité dont l'origine est si souvent méconnue au grand préjudice du malade? C'est d'une part par la continuité du système musculaire qui est frappé partout de parésie, d'une autre part c'est l'action mécanique des gaz, qui distend l'intestin, puis l'estomac, c'est enfin le plexus

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