KA1»IM)I5TS I)K L'INTESTIN ET I)K I/ESTOMAC
nerveux de riiitestiii (nerfs va<;ues, sympathiques, grands splan(:lini([ucs, etc.), qui transmet l'impression douloureuse ou sourde perrue ou inconsciente à la moelle allongée, d'où l)artent les nerl's moteurs de l'estomac, et à la moelle épinière d'où partent les nerl's des muscles de Tabdomen, c'est une action nerveuse réflexe ou réfléchie qui se traduit par des spasmes partiels douloureux, des crampes d'estomac, des contractions des muscles de l'abdomen ou par une révolte complète du système nerveux central qui préside à la péiislalti(jue de l'estomac; l'excitation arrive aux centres médullaires et se répète sur les parois abdominales et gastriques, de sorte que toute la musculature se contracte, se convulsé de manière à provoquer le vomissement.
On comprend maintenant par la réciprocité d'action des deux organes, que la genèse et la caractéristique des deux genres de maladies soient dil'Ucilesàétablir; cesontsurtoutles afl'ections de l'intestin qui induisent aisément en erreui', cai elles reproduisent tout le cortège des phénomènes qui caractérisent la dyspepsie stomacale ; ainsi les douleurs au creux épigastrique, la distension de l'abdomen au-dessus et au niveau de l'ombilic, la production excessive de gaz, la constipation persistant ou alternant avec la diarrhée, le malaise général, les troubles cérébraux et nerveux, l'aggravation des accidents quel([ues heures après les repas, la perte de Tappétit. Mais si les efl'els sont à peu près les mêmes, la cause en est absolument diflcrente. Ce qui indiiiue la dyspepsie vraie, c'est l'altération chimique des liquides digestifs; l'affection intestinale a pour cause un aiïaiblissemenl, une atonie des parois de l'intestin en même temps qu'une irritabilité spéciale de ses nerfs. Si l'une est d'ordre «-hiniique, l'autre est d'ordre dynamique et reconnaît pour origine un trouble nervo-moteur, une parésie des muscles intestiiiaux.
Les types principaux de ces parésies peuvent se réduire à
i^r.o (MAP. II. — PAnf:sii:s intestinales.
(I('ii\, l;i |»,ii(''si(» inicsiinalc juiiiiilive iicrvo-nmsciiliiii-f; ou «•(Uisrcuiivc à iiiic névrose, en deiixièiiie lien la paif'sic iiiteslinale des liéinoi roïdaires. Il y a une auliw; espèce que nous avons déjà d('( rih» sous le nom de dysjx'psie intestinale niueino-nienibianeuse en raison des troubles profonds de séeiélion mucpieuse ; bien que duc à ralonii; des intestins, elle a trouvé sa place à côté des catarrlies inuqueux. Il en est de même d'une dernière espèce (pii s'accompagne «l'atonie intestinale, et qui constitue surtout la dyspepsie abiliaire d<' jà indiquée.
§ 8. — Paré»îe intestinale primitive
C'est la maladie la plus babituellement confondue avec la dyspepsie gastrique. Les malades se plaignent de sensations anormales, rarement très douloureuses, dans la région du gros intestin. Ils ont des digestions lentes, pénibles, mais les troubles digestifs n'apparaissent qu'après la digestion stomacale, c'est-à-dire au bout de trois à cinq heures quand les aliments non digérés commencent à franchir le pylore et se trouvent en contact des sucs intestinaux. Chez tous les malades intestinaux il se forme, surtout pendant la digestion intestinale et pancréatique, des gaz de fermentation, et, par suite de la dilatation gazeuse de l'intestin, une tympanite persistante; elle se traduit à son tour par un gonflement, une distension de l'abdomen, par une oppression très marquée, conséquence du refoulement du diaphragme dans la poitrine. Une constipation habituelle accompagne et souvent précède la tympanite. Tous ces phénomènes se produisent sans que l'appétit soit diminué ou perverti, sans que l'aspect de la langue soit modifié, sans que les sécrétions subissent le moindre changement. A la longue et par suite d'un stationnement prolongé dans le gros intestin les résidus alimen-
PARÉSIE INTKSTINALE. - CONSTIPATION. 301
tairos se décomposent, et les produits putrides déterniinont une sorte d'intoxication grave, avec aniaigrissennont, souvent inrme avec une certaine d(''l)ilitalion. Knfin dans la plupart des cas la parésie intestinale donne lieu à des troubles nerveux variés, se traduisant par une aplihide moindre an liavail intellectuel, par l'hypocondrie, surtout des vertiges, et parfois des douleurs névralgiques dans les membres et la région dorsale ou lombaire.
Ce sont ces phénomènes consécutifs à la parésie intestinale que par une sorte d'interversion on attribue, souvent, à une névropalhie générale, à l'hystérie, à l'hypocondrie ; on a appelé cet état l'hystérie ou la névro-asthénie de l'intestin par analogie avec l'hystérie gastrique ou la névro-asthénie. Or jamais aucune névrose n'est à môme de produire ces troubles graves, persistants de la parésie, le tympanisme, la lenteur de la digestion; les spasmes en sont souvent la conséquence, mais passagère, ces phénomènes sont accompagnés ou remplacés par les signes de l'hystérie, les anesthésies, les troubles de la vue, etc. ; on ne guérit pas les parésies intestinales primitives par les moyens antinévrotiques ordinaires, le régime est de rigueur; dans les névroses il est facultatif ou du moins variable.
§ 8 bis. — Itéfi^iinc de» n(oni<|ii4's iiitoMliiiaii.v Traitcuicnt <le la foiiMlipalion
A la distinction fondamentale que nous cherchons à établir entre les gastro-dyspepsies et les atonies intestinales, il faut une sanction pratique ; car si on soumet au contrôle thérapeutique et diététi(pie la solution du problème, on est frappé des résultats divers et opposés dans les deux genres de maladies. — La gastro-dyspepsie réclame parfois l'usage de l'acide chlorhydri(iuc, de la pepsine et des peptones, le plus souven
:\i>l CllAP. II. — PAUnsIKS INTKSTINAI.ES.
riiiiplcti (les alcalins, loujoni's un r(''«;iino sj)écia! (J(î viaFidcs ilivisi'cs, (1(; leculcs azoh'os (''oaloniciil «liviséos. Dans les entoro-aloiiics aiiciiiic de ces iiK'lliodcs n'a de raison d'èh"(;. — Il l'aiil pourcoinballreralonicjcs laxalil's etlcsdésohslrnanls, les substances absorbantes, les li(|u<!uis à la lin des repas. (Jiiant au ré«»inie le voici : c'est Valinienlation azotée ([\n doit en constituer la base, cl pai* cette l'aison pbysiolo'-ifpie (pie la digestion de ces alinicnts s'o|)ère priiicij)aleineiit dans l'estomac qui est intact, l'intestin n'intervenant avec le pancréas que d'une manière secondaire pour achever l'œuvre de l'estomac. Ces aliments sont d'une telle digestibilité dans l'intestin comme dans l'estomac qu'ils laissent le minimum de résidus, et qu'ils livrent le plus d'éléments à l'absorption. Cela est vrai non seulement pour les viandes fraîches mais encore pour les viandes fumées et salées, pour le fromage qui laissent à peine des déchets ; c'est un grand avantage au point de vue de la digestion ; mais c'est un désavantage manifeste quand on tient compte de la formation des matières excrémentitielles qui manquent pour ainsi dire complètement par une pareille alimentation. Il en résulte une parésie ou du moins un défaut de fonctionnement du gros intestin et c'est là un défaut de ce régime trop absorbable. C'est pourquoi il est nécessaire d'y adjoindre des aliments qui, à la manière des fécules, laissent des restes considérables, ou à la façon des légumes frais qui s'éliminent pour ainsi dire entièrement à cause de l'indigestibilité de la cellulose dont ils sont principalement formés. — Les graisses seules, sauf le beurre qui est indispensable pour la préparation des viandes- ou des légumes, doivent être interdites. — La «raisse ne trouve en effet ses ferments ou ses dissolvants que dans le liquide intestino-pancréatique et biliaire ; si la bile vient à diminuer, comme il arrive ^ souvent dans la constipation, le principal moyen d'émulsionnement des corps gras &it défaut, et ils
THAITEMKNT DKS Ilf^lMOiniOÏDAIUES. 303
pénètrent difficilcnicnl dans les villosités intestinales qui ne sont i)lus imbibées de bile. — Le sur- panciéaticjiie peut encore venir remplacer le suc biliaire ; mais dans cet intestin qui est frappé d'atonie, la masse alimentaiie siibil nii temps d'arrêt; les substances crasses inconjplèlement tiaiislormées par la sécrétion pancréatique se décomposent et les pioduits volatils de cette fermentation se mêlent aux gaz préexistants; la llatulence en est augmentée.
Nous insistons sur les détails de l'alimenlation végétale. — En général les végétaux fournissent une quantité de résidus dont la densité et la consistance sont très marquées par l'usage du pain blanc, du riz, des lentilles, aifaiblies par la consommation des pommes de terre et du pain noir, et surtout amoindries par les légumes verts, les raves et les clioux, qui contiennent 9:2 à 96 pour 100 d'eau. Ce sont ces derniers aliments qui produisent les matières les plus considérables et les plus aqueuses. En voici la raison. D'abord la substance alimentaire est environnée de capsules de cellulose ou d'enveloppes dures, imperméables pour les sucs digestifs. La cellulose agit d'ailleurs comme excitant mécanique des contractions intestinales. D'autres substances comme la fécule agissent aussi comme excitants chimiques; si la fécule n'est pas transformée entièrement en sucre et résorbée avant que le cliyme arrive dans l'iléon et le côlon, le reste de la fécule subit la fermentation lactique et ])utyrique; ces acides provoquent les contractions intestinales.
Gomme d'ailleurs les végétaux passent rapidement par l'intestin, il en résulte un inconvénient; ils entraînent des aliments digestibles, les albuminates, la graisse, les matières salines; il s'ensuit que les garde-robes contiennent des substances utiles auxcpiels il a mancpié le temps d'être extraites et résorbées. — Enfin le volume même de la
liOl (MAP. II. — PAHfiSlES INTESTINALES.
iioiirrilurc V(';^('l;il(' ciiliiMiic une (''liiniii.ilion plus r;i[»i(|p,
cl les aliiiiciils vrais assiiiiilablos passciil avec les rcsidus.
^ U. — Triii<<'iii«'iit iloN li<'iii4»rr<>ï(lair4>M
Les iM'morroïdaii'cs sont souvent exposés à l'atonie intestinale, qui (»st presque toujours traitf'e connue une maladie; (]e l'estomac. Il n'est pas rare en ellet de voir des malades qui se plaii»nent de maux d'estomac, de di,uestions pénibles avec ballonnement du ventre ou de production excessive de gaz avec constipation et douleurs lombaires, qui ne songent nullement aux rapports de ces troubles digestifs avec les liémorroïdes dont ils sont affectés... à leur grande satisfaction. C'est en effet une croyance assez générale que l'affection bémorroïdaire et le ilux sanguin qui en résulte sont un fait providentiel, une dérivation salutaire, une sorte de soupape de sûreté contre la plétbore sanguine et contre la tendance aux congestions de la tête ou des poumons. Or, comme Gosselin l'a démontré, les bémorroïdes sont en réalité des varices des veines rectales, et le flux sanguin est dû à la rupture de ces varices par suite de leur engorgement mécanique sous l'influence de la constipation opiniâtre qu'elles entretiennent.
A la longue on voit se développer tous les accidents de la parésie intestinale, comme conséquence de la gêne mécanique apportée au cours des matières. Il est facile d'indiquer lacause de ces accidents, et d'en trouver le mode de guérison. — L'examen des bourrelets hémorroïdaux, qui sont souvent le siège d'une irritation sécrétoire comme dysentériforme, ne permet pas le moindre doute sur le mode de production de ces atonies simulant la dyspepsie gastrique. — Par cela même le mode de traitement de ces fausses dyspepsies ne saurait être discuté.
i)i:s 1)1 vi;i;iif:K.s. 365
Los moyens iiit'caiiicjiios coininc les <^i'ainos inertes et insolubles, et (Vnwi' aiHiv pari un ré;^iiTie de viandes et de légumes (|iieleoii({iies laissant des résidus considérables, l'usaf'C de substances encombrantes l'ai'ililent sini^ulièrement les évacuations, et détruisent ainsi la constipation, (pii à son tour entretenait la stase du sang dans les veines bémorroïdaires. Lorsrpie, enfin, les nnasses béinorroïdales deviennent douloureuses, Tendues, fissurées, et ne peuvent plus rentrer dans la cavité du rectum, une opération simple s'impose ; c'est la dilatation forcée des anneaux musculaires qui dans cette circonslance ferment trop et resserrent douloureusement le rectum; cette pratique inoifensive constitue le moyen curatif le plus certain. Nous voilà bien loin des traitements antidyspeptiques qui sont si souvent et si longtemps infligés aux bémorroïdaires.
Le traitement des bémorroïdaires peut se résumer ainsi : V les laxatifs à base de magnésie, ayant des propriétés absorbantes, combinés avec le soufre qui passe pour agir sur les bémorroïdes, à cause sans doute de son action laxalive très faible; — 2" les désobstruants, comme le pain de son, les graines inertes, et de temps à autre les builes d'olive ou de ricin (à très petite dose); — o°le lait jouit d'une réputation facbeuso; néanmoins, quand il est supporté, il peut rendre quelques services; — A" l'alimentation par les potages, les viandes dégraissées, le poisson, les légumes verts, les fruits réussit généralement, mais ce n'est pas une règle absolue ; les viandes avec des sauces grasses et les pâtes sont souvent mieux digérées et produisent une plus facile évacuation ; — 5° les boissons abondantes tbéiques facilitent la digestion gastro-intestinale en disséminant pour ainsi dire la masse à digérer entre les diverses parties de l'appareil digestif; les vins rouges même purs conviennent en raison du tannin qui agit peut-être sur les varices bémorroïdales ; les bières
•ICr. CIIAP. II. l'Am'lSIKS kt siws.mks dk i/intkstin.
loiMcs son! |)I('T(M'(m;s icird'.iiilics iiialarles; — 0° les ('îpicos et
surloiil les [)oivrcs oui r.W) vantés coimiKi un moyen ciiialil".
^^ 10. — llc.H M|»aMiiicM rcn«>x('M et fIcM «llarrlic<>»
Dans loiiles les espèces (J'aloiiics, la iiiiisciilaliirf; dr l'intestin, surhuil (In «^los intestin, (^^t alVaiblir; et inexcitable; de telle façon qn*il en n'siilh' une rétention des malières excrénientitielles, c'est la constipation. Cha(|ue fois au contraire (pie le contenu intestinal est (expulsé par suite des contractions rapides et exagérées des muscles intestinaux et avant que les sucs digestifs de l'intestin aient eu le temps d'élaborer les aliments, il se produit la diarrhée. Si cette élimination hâtive s'opère ainsi avant l'élaboration et avant l'absorption des produits de la digestion par les vaisseaux lymphatiques et la veine porte, si enfin la contraction péristaltique qui ne fait pas de distinction entre les divers liquides intestinaux rencontre et expulse en même temps les sucs digestifs eux-mêmes, intestinal, pancréatique, et une quantité plus ou moins marquée de bile, la déperdition acquerra un certain caractère de gravité, bien qu'il ne s'agisse pas encore de lésions intestinales.
Quand l'intestin côlon est le siège d'une exsudation muqueuse qui empêche l'absorption, on voit prédominer dans les garde-robes le mucus sous les formes les plus diverses et de nombreux restes d'aliments non digérés. Si l'intestin, dans un point quelconque de son trajet, est atteint d'ulcères simples qui siègent dans les follicules, ou dans la trame de la membrane muqueuse, si les vaisseaux de l'intestin ont subi une dégénération appelée amyloïde, si la tunique intestinale est envahie par les tubercules bacillaires ulcérés, la diarrhée contiendra du mucus purulent ou sanguinolent, des globules blancs et des cellules épithéliales en
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nombre très; marijin', et sintoiU des rrapjmenls alirnenfnires cil t('ll(' f(iianlilé ([iroii pciil, considni'ei- la (lijjeslion stomacale et intestinale comme i^ravement et décidément compromise; c'est la diarrhée lienlérique.
Mais ([U(!lle que soit la composition chimi([ue on microscopiqne des matières, la diari'hée ne peut se produire sans que rélément nervo-moteur de l'intestin ne soit mis enjeu, elle n'est jamais provocjuée que par une irritation sensitive de la muqueuse intestinale, c'est-à-dire des extrémités terminales du nerf sympathique; cette impression se propage ou à la moelle épinière, ou simplement aux ganglions intrinsèques de l'intestin, pour se réfléchir de là sur la musculature de l'intestin, et déterminer, surtout dans le gros intestin, des contractions péristaltiques exagérées. — Il n'est même pas nécessaire que l'impression parte de l'intestin lui-même ; il se peut qu'elle prenne naissance dans l'estomac.
Ainsi il est des malades qui sont pris de diarrhée aussitôt qu'ils ont ingéré des aliments, quelle que soit leur composition ou leur quantité et avant par conséquent ou sans que les aliments aient subi la moindre altération chimique. La présence seule des aliments dans l'estomac suffit pour communiquer aux nerfs centripètes une impression qui, après avoir passé par la moelle allongée, se répercute sur les nerfs moteurs de l'intestin; c'est un exemple frappant des diarrhées nervo-musculaires. — Voici un autre exemple. Il est des individus qui ne peuvent pas boire un verre d'c^u glacée sans être pris de dérangement, et certainement l'eau n'a pas eu le temps de sortir de l'estomac par absorption, ni de eagner l'intestin.
Outre ces excitations physiques, il y a des faits indéniables de sensations psychiques, d'émotions subites produisant immédiatement la contraction intestinale et la diarrhée. Les impressions pénibles répétées sur le système nerveux cen-
:;i;s ciui' ii. - i'.vi;i':sit:s kt si'Asmks m; i/inti:sti.n.
Ii'iil pcuvoiil |H()V(H|ii(M' CL's spasiiios cl proiliiii'tî une diairliéc clii'oiiiiiiic. — l*(M[ iiii|MMi(', du i('>l(', (jiic ces excitalions aicul lieu accidi^iiLclIenKiiit et soient dues à rinlhu'nce morale, ou bien (ju'elles dépendeul d'une névrose générale, (Tuut^ névro-astliénie, de l'Iiystéric, etc., le résultat siM'a le nièine, et répuisement physiijue en seia la conséquence.
Ti-ai(iMiieiH iiyKirniqiio. — Sans parler des astringents dont le tannin n'arrive pas au gros intestin, ni des antiseptirpies locaux comme le charbon, la naplitaline, ni des absorbants dont l'action n'est pas démontrée, ni des préparations de bismuth ou de chaux qui sont destinées à protéger les surfaces muqueuses lésées, ni enfin de l'opium ou de la belladone qui sont les véritables modérateurs des contractions exagérées de l'intestin, ni des lavements qui enlèvent les produits irritants de la muqueuse rectale, nous insisterons spécialement sur quatre genres d'aliments qui trouvent leur emploi ou leurs contradictions; je veux parler du lait, de la viande crue, du sucre et des graisses.
Toutes les viandes laissent dans les garde-robes, même de l'homme sain, une quantité marquée de fibres musculaires restés intactes; mais dans la viande crue, les fibres sont moins compactes, moins dures, moins irritantes et cette préparation ménage singulièrement la muqueuse intestinale, elle convient mieux que les viandes cuites ou rôties ou bouillies. — Le lait présente des effets très variés, et il est impossible de prévoir s'il agira comme laxatif ou comme astringent; de petites quantités de lait, pauvre en graisse, donnent lieu à ce dernier résultat; de grandes masses de lait gras produisent ou augmentent la diarrhée; aussi, en prescrivant par fractions un litre de lait écrémé, bouilli, étendu d'eau ou même pur, on modère le flux et souvent on guérit ces graves états morbides connus sous le nom de dysenterie chronique et de diarrhée de Cochinchine; il en
DIAUIUIÉES. :]G'J
est de même dans les diarrhées rebelles des aibuminiiiiqiics. — Le sucre est gcncraleiiieiit interdit. D'après la plupart des physiologistes, la transformation du sucre de canne en l^lycose s'opère dans l'intestin grêle; elle se fait même déjà dans l'estomac sous l'influence de l'acide gastrique (Urïicke); en supprimant le sucre on a donc voulu modérer une des fonctions digestives de l'intestin grêle, mais ce n'est encore là qu'un point de vue théorique. Ce qui est certain, c'est qu'une quantité trop considérable de sucre détermine la diarrhée, attendu qu'elle change les lois de diffusion comme le feraient les substances salines.
Pour ce qui est des graisses, il ne faut pas en faire une [)roscription absolue et banale dans toutes les affections de l'estomac et de l'intestin. Si l'examen des garde-robes démontre la présence de la graisse sous forme de grosses gouttes, c'est la preuve qu'il y a excès. Mais s'il n'en est pas ainsi, et si on peut supposer que l'intestin ait conservé le pouvoir d'assimilation et d'émulsion, la graisse se trouve très souvent indiquée chez les cachectiques et les anémiques atteints de diarrhée.