RÉGIME DES PHTISIQUES FIÈVHEUX
astringents, ni l:i diùtc, ni les aliments les i)liis digeslibles et laissant le nioins de résidus, comme la chair crue, ni les aliments aitiliciels comme les peptones,rienne réussit d'une manière sûre et durable; tous ces moyens sont néanmoins à tenter successivement, à varier et à combiner.
Inappétence ou anorexie. — Ici nOUS rctrOUVOUS CnCOrC UUC
distinction importante à établir entre l'inappétence qu'on peut appeler nerveuse et l'anorexie absolue et persistante. L'une, qui est capricieuse et souvent voulue, relève du domaine de l'hystérie ou du nervosisme; comme elle ne préjuge rien sur la force digestive de l'estomac, elle doit être abandonnée au goût souvent dépravé, bizarre du malade. L'autre est un sérieux avertissement avec de graves effets. Gomme elle porte ordinairement sur les aliments solides, surtout les viandes, on est souvent obligé de se borner aux aliments liquides, tels que les potages aux pâtes, ou les bouillons avec la viande crue, du café au lait; s'il y a de la fièvre, l'anorexie s'accompagne (Voy. chap. ii), d'une véritable apepsie, c'est-à-dire de la diminution ou même de l'absence de l'acide chlorhydropcpti({ue; le lait lui-môme et à plus forte raison la viande, ne trouvent plus de suc gastrique capable de les transformer en peptones; dans ces cas, il faut recourir aux préparations gélatineuses, aux gelées, aux bouillons américains qui sont facilement digérés, ou aux boissons alcoolicpies qui })énètrent directement dans le sang, et qui, sans nourrir, soutiennent du moins les forces. Pour parer aux dangers de l'inanition, je ne crains pas de prescrire, comme l'a fait Debove, le lavage stomacal, ou de recourir à la suralimentation forcée, même dans les anorexies fébriles.
ilO VAWV. IV. — DKS IMITISIQUKS.
§ -1. — Itt'^liiic «le» |»1i<iNi(|iicN fitWrciix
La fièvre peut être iiiilialo et se manifester par une légère augiucnlation de la tein|)ératurc avec acci'b'ialion du pouls sans être j)réccdce de frissons véritables, ni suivie de Iranspiralion. Elle débute dans un tiers des cas avec les premiers symplùmes pulmonaires et même avant eux; dans un cinquième des cas elle ne se montre (pie dans le cours de la première période (Louis). L'élévation de la température est continue (Sydney Ringor) mais elle est peu marquée, et le lliermomètre ne dépasse guère la noi'male de plus d'un demi-degré ou d'un degré (38 à 38%05), à moins qu'il ne survienne une recrudescence dans le développement des tubercules-bacilles. Généralement elle paraît plus marquée vers le soir, imitant pour ainsi dire l'augmentation vespérale naturelle. A ce moment même elle est plutôt caractérisée par l'accélération du pouls, ce qui la ferait considérer comme plus intense qu'elle ne l'est en réalité, si l'application du tbermomètre ne permettait pas d'apprécier exactement l'existence ainsi que le degré de la fièvre.
Il n'est pas rare de voir la tuberculose simuler au début les fièvres intermittentes de la malaria; de graves erreurs sont journellement commises si on n'applique pas le tbermomètre ; à l'aide de cette exploration régulière, on apprend que la clialeur n'est ni aussi matinale, ni aussi nettement intermittente, ni aussi élevée que dans les fièvres des marais où elle marque jusqu'à 41° dans l'accès.
Dans tous ces cas, que la fièvre soit périodique ou continue, il existe presque toujours une sorte d'agitation morale, avec tendance mélancolique, avec exaltation de la sensibilité, et bien plus encore du système vasculaire et du
TRAITKMENT DKS DIARIUIÉES ULCÉRKUSES. 411
cœur, troubles j)al|)ilalioiis , raniinaliuii du visage, la coloration des pommcUes.
Celle pliénoniénalilé élanl connue, il s'a*;il de savoir si la fièvre des phtisiques qui peut marquer le début ou les diverses étapes de la maladie, se rattache à une cause connue; on parle d'inilammations, de congestions, de bronchites à répétition, ce qui amène à prodiguer d'une manière inconsidérée les vésicatoires, les pointes de feu mille fois répétées; en réalité la fièvre est généralement indépendante de toute complication inflammatoire ulcéreuse; elle ne peut être que le résultat de l'infection bacillaire, et la preuve qu'il en est ainsi, c'est que la piilisie la plus rapidement grave, la phtisie miliaire parcourt ses périodes au milieu d'une fièvre incoercible, sans présenter ni inflammation, ni congestion, ni ulcération. L'invasion successive des bacilles dans les divers tissus, voilà la cause probablement unique des mouvements fébriles; s'ils se produisent de préférence d'une manière périodicjue, on retrouve les mêmes retours dans la fièvre des marais; l'action des parasites semble donc être elle-même sujette à des intermittences, et à des manifestations régulières.
Lorsque la phtisie est avancée, lorsqu'elle a produit des cavités pulmonaires, il s'y développe des matières de fermentation, des ptomaïncs qui peuvent être absorbées et donner lieu aune sorte d'empoisonnement suivi d'une hyperthermie par accès ou par périodes. D'après ces considérations, on peut prévoir la (linicuh/' et présager le désarroi du Iraitemcnt; les anlilebrilcs, la quinine, l'antipyrine, la Ihalline, l'antifibrine, ont un effet passager et des inconvénients durables ; le régime seul peut modifier cet étal fébrile; c'est le moment propice pour prescrire le régime lacté exclusif, cl si la dyspepsie fébrile en empêche la digestion, remplacez le lait de vache par le lail d'àncsse qui est mieux toléré
Mil chai». V. — DKS CIILOUOTIQUKS ET ANÉMIQUES.
dans co.^ cas; ordonnez les j)ota^(!S, les «celées, les soupes au jus de viande, les viandes l'uuiées ou salées, etc.
Si enfin ces tentatives échouent, il leste encore la lessource de la suraiinientatioii pioposée par Dehove, et praticpiée aujourd'hui par voie directe à Taide des aliments dont la digestihilité est connue et se retrouve même dans ces cas graves de dyspepsie fébiile; le lait, les purées de légumes secs, les œufs, les potages à la viande divisée introduits pour ainsi dire par ordre se digèrent mieux qu'on ne pourrait le prévoir; en tous les cas, ces aliments valent plus que les poudres do viande que l'auteur de la suralimentation est en train d'abandonner pour la pulpe de viande, ce que je pratique depuis longues années.