‹ Du régime alimentaireChapitre 87 sur 168 · RÉGIME DES PHTISIQUES INTESTINAUX · texte numérisé non relu

RÉGIME DES PHTISIQUES INTESTINAUX

chronique, qu'on peut rattaclier i\ un simple trouble moteur de l'intestin. Comment se produisent ces diarrhées? S'agitil de l'action locale primitive des bacilles introduits dans les voies digestives à l'aide d'une alimentation viciée, par exem])lc du lait dos vaches pommclières? Cette question n'est pas résolue définitivement, mais le fait des diarrhées initiales n'est pas discutable. Ne voit-on pas ces sécrétions exagérées par excès de contractilité de l'intestin dès les premiers jours des fièvres infectieuses comme la fièvre typhoïde, avant par conséquent qu'on pût soupçonner les /^sio«8 microbiques; l'analogie est frappante; chez les enfants surtout, ces diarrhées préliminaires masquent la tuberculose à son origine. Chez l'adulte, quand la diarrhée persiste avec fièvre et amaigrissement, il faut, dit Chomel, se défier de la phtisie; or il se ti'ouve, lors môme que la diarrhée se prolonge, profuse, continue et douloureuse, qu'on ne constate à l'autopsie que des lésions insignifiantes (Spillmann); donc ce sont des diarrhées nervomotrices qu'on doit toujours combattre par les procédés communs et par le régime que réclament les entérospasmcs de l'intestin (Voy. chap. ii).

Un autre genre de troubles digestifs bien autrement graves doit être rattaché à la dijspepsie inlestinale: la muqueuse peut devenir le siège d'une aflection catarrhale, avec érosions superficielles de la muqueuse de la fin de l'intestin grêle, ou bien avec ulcérations des follicules du gros intestin; les tubercules n'y sont pas encore, et cependant il s'agit là d'un grave prélude. Les moyens ordinaires de tiaitemciU peuvent encore réussir à combat Ire cette dyspepsie; une alimenlatiou approj)riée peut y suffire; mais elle devra se borner strictement à l'usage du lait de chèvre, des panades pré{)arées avec du })ain grillé, de la viande crue râpée et pilée, des œuls durcis, etc.; toute

40S CIIAP. IV. — DKS l'UTISIQUKS.

iiilVacliou au rr'^iiiK' pciil devenir ruiieslc cl constiliKT uixi sorte (rin(li«;cslion intoslinalc continue. Ces dyspepsies catirihalcs et les cntcrospasmes ne se voient qu'au début de la phtisie; ce sont les accidents prémonitoires.

Mais la nrialadie pulmonaire peut être précédée j>ar une vérilahle phtisie intestinal; ; chez les enfants on constate souvent cette tuberculose primordiale, C(t qui fait supposer que le virus bacillaire pénètre directement par l'intermédiaire des aliments dans le tube intestinal, qui s'est tuberculisé, ulcéré; de là le parasite gagne le péritoine, pénétre dans les vaisseaux et les glandes lymphatiques de l'abdomen, et finit, si la mort n'a pas lieu par la péritonite, par envahir le poumon, c'est une phtisie intervertie. Souvent, enfin, les deux organes, poumons et intestins, sont contaminés en même temps ; si l'intestin assume tout le processus morbide, il n'en est pas moins vrai qu'il n'y a là qu'une apparence; car pendant l'évolution fatale de la lésion intestinale, si les symptômes pulmonaires semblent s'amoindrir, si la toux et l'oppression sont ramenées à un calme relatif, l'altération pulmonaire n'en progresse pas moins sourdement, mais sans cesse, ainsi qu'en témoignent l'auscultation et la percussion du poumon; ce n'est donc pas une alternance vraie qui s'établit dans ces cas complexes; par conséquent ne craignez pas, en arrêtant la diarrhée, de rejeter les produits morbides sur l'organe respiratoire; le parallélisme entre les deux organes est malheureusement complet au point de vue des caractères anatomiques; la phénoménalité seule est imparfaite d'un côté ou de l'autre.

Si l'indication d'enrayer ces déperditions incessantes, ces diarrhées caractérisées par des selles mucopurulentes, sanguinolentes et mêlées de débris d'aliments indigérés, n'est pas discutable, nos moyens diététiques et médicamenteux sont généralement infructueux. — Ni la morphine, ni les

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