NATURE DK LA CHLOROSE
principaux du san<^-, les «•lobules, il en résulte la clilorose des jeunes filles à ré|)0({ue de la puberté, et la clilorose des enfants, quel que soit leur sexe, à la période principale de leur accroissement. — Il y a non pas une cblorose, mais il y a plusieurs types, dont la genèse n'est plus discutée par les observateurs attentifs. Les altérations du sang qui les caractérisent en font une anémie, mais une anémie spéciale. Qu'on ne croie pas en effet qu'il s'agit d'une diminution totale du sang, comme celle qui résulte des hémorragies naturelles ou accidentelles ou artificielles (saignées) ; par la chlorose rien n'est modifié dans le sang que les globules; on admettait de tout temps la diminution de leur nombre ; on admet surtout aujourd'hui un changement dans la composition chimique et dans la forme des globules.
En 18G0, Alfred Becquerel, et en 18G7 Duncan (Acad. des sciences de Vienne), ont pu contester l'hypoglobulie; depuis ce temps la numération des globules par les procédés exacts de Subbotin, de Quinke, de Malassez et de Ilayem est venu confirmer ces doutes; il n'en est pas moins vrai que dans les périodes avancées de la maladie, les globules peuvent diminuer de façon à ne plus représenter que le quart, le cinquième et le dixième du chiffre normal. En général on compte chez fhomme sain dans un millimètre cube de sang environ 5 millions de globules, chez la femme 4 /i30 000 (Laache) ; dans la chlorose grave on n'en trouve souvent plus que 2 millions et même moins encore.
Outre les globules rouges qui mesurent en moyenne 7,8 à 8 dix millièmes de millimètre, on connaît des éléments figurés très petits de forme diverse, surtout discoïde et d'autres plus petits encore, arrondis, fortement colorés (microcytes de Vanlair, Lépine et Gcrmont). On trouve au contraire les globules blancs très développés et très nombreux, et au lieu d'un globule blanc sur 700 hématies
roti^cs, 011 coiislahi iiiaiiiteiianL la proportion de I : .'^:35.
Mais ce n'csl pas là le point intéressant. Ce qui caraclérise lo ini<Mix W san<; des clilorotiqucs, ainsi que l'ont démontré Ouinck»', i)uis Malasscz et Quinquaud, e'est la diiniMiilion <1(î rélémeut le plus inq)ortant des globules, à savoir lliémo- <;lobine; clioz les ehloroticpies le sanj^ peut ne plus contenir que le tiers du cliilVre normal d'liémo,u;lobine. — Or, comme riiémo«^lobine contient une quantité notable de fer, il n'est pas étonnant que Becquerel et Rodier aient, il y a quarante ans déjà, reconnu la diminution de près de moitié du fer contenu dans le sang des clilorotiqucs. C'est en effet une substance composée d'albumine, de nucléine et de fer; c'est elle qui jouit du pouvoir colorant, lequel peut être ainsi réduit au cinquième de sa puissance dans la chlorose.
C'est l'hémoglobine qui joue le rôle principal dans la coloration du sang, qui le vivifie par l'oxygène, qui se combine à cet oxygène venant de l'atmosphère, le distribue en devenant oxyhémoglobine dans tous les organes, dans tous les tissus; l'hémoglobine est, par conséquent, l'organe principal des échanges respiratoires, des gaz du sang avec les gaz du milieu ambiant. Elle a donc à la fois le pouvoir colorant et le pouvoir respiratoire ; l'un diminue généralement avec l'autre. Si le chiffre de l'hémoglobine, comme à la suite des saignées vient à s'abaisser, la faculté d'absorber l'oxygène est amoindrie. Iliiffner, Mathieu et Urbain, Paul Bert et Regnard, Vinay et Quinquaud ont prouvé péremptoirement cet abaissement du pouvoir respiratoire de l'hémoglobine, môme quand le nombre des globules reste normal. Aussi il y a deux symptômes qui sont constants dans toutes les chloroses et dans toutes les anémies ; c'est la décoloration de la peau, la pâleur surtout du visage, la blancheur des lèvres et des conjonctives ; ce changement si profond de la couleur des téguments dont l'épiderme est très fin, peut