‹ Du Régime cellulaire préventif, répressif et pénitentiaire, à substituer au système pénal actuel en général, et à la peine de mort en particulierChapitre 20 sur 42 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

NOTES

NOTES

Nous avons cru devoir consigner ici les faits et les observations que nous avons recueillis , à l’appui des opinions par nous émises dans notre mémoire.

1 ®. Inefficacité de la peine de mort.

4 . Meunier a été extrait avant hier de la prison do Luxembourg et conduit en flacre à la Conciergerie où il est encore en ce moment ; ce malin , quelqu’un lui demandait ce qui s’était passé en lui au moment de sa condamnation et au moment où il apprit la commutation de sa peine : tout le contraire de ce que vous pensez , a-t-il répondu; quand on est venu me lire ma peine de mort, j’allais dîner. Eh bien ! ça ne m’a pas empêché de bien dîner et de hieu dormir toute la nuit; et puis, 1e lendemain, quand on est venu me dire que j’étais grâcié , cela m’a fait tant d’effet que je n’ai pas pu dîner et que je n’ai pas dormi de la nuit. Au reste, Meunier ne cesse pas de protester de ses sentiments de repentir et de reconnaissance. (Gaz. des Trib. 7 mai 1837). Voyez aussi au Journal de la Société de la Morale chrétienne (t. ii , pag. 534) un article intitulé : On dit que la peine de mort effraie.

2. Nous avons qualifié les faits que la loi pénale punit , nous en avons recherché les causes ; jetons encore un coup d’œil sur les résultats de la peine. Si la répression doit en être le caractère, il n’y a point de peine plus logiquement efficace que la peine de mort. Lorsqu’on a coupé la tête à un malfititeur, il est certes dans l'impossibilité de commettre un nouveau crime; si la peine doit avoir un

but de nioralisaiioii, ce but sera peut-être atteint à l’encontre du coupable ; mais il en jouira dans l’antre monde , car la réforme ne peut Jamais durer au-delà du temps qui s’écoule entre la lecture de l’arrét deVeJet du pourvoi et l’échafaud. Quant à l’impression que cette exécution produit sur le peuple, elle est incomparablement plus favorable et plus forte encore que l’instruction puisée dans les débats publics des cours d’assises. De bonne heure , la foule se presse autour de la machine fatale ; les propos les plus joyeux et jusqu’à des plaisanteries obscènes égayent la foule ; le condamné vient , il se fait un grand silence ; on admire sa contenance , on loue le courage du patient; ou mieux encore, on se moque de son abattement ; la bascule a joué ; le bourreau relève la tête qui vient de tomber et la montre à cette foule avide d’émotions; le spectacle est fini, chacun s’en retourne content de sa journée, le filou à son industrie, l’honnête homme à son travail. Après la guillotine , le bagne : ceux qui en sortent sont complètement formés ; ceux qui y restent à demeure se chargent de l’éducation des arrivants... Le résultat des peines temporaires consiste à former des criminels de plus en plus consommés ; nous demandons où se trouve la justice ! (Etudes de droit public, par G, F. Scliutgeoberger, docteur en droit. Paris, f837, in-8°, pag. 87 et suiv.).

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