‹ Du régime constitutionnel dans ses rapports avec l'état actuel de la science sociale et politiqueChapitre 26 sur 40 · FOU MES · texte numérisé non relu

FOU MES

rêt démocratique, et on a souillé à chacun d’eux l’esprit particulier de celui dont on le disait le symbole. La Discorde en personne n’inventerait rien de mieux que celte théorie, en haine de l’unité. Constituer trois grands corps en état de surveillance, c’est-à-dire de défiance réciproque, leur donner pour première tâche la garde d’un dépôt nécessairement convoité par les autres, c’est organiser la guerre au sein de l’Étal. Ces mots ont déjà produit sous la restauration tout le mal que peuvent produire des mots séparés des choses; on répétait au prince : « Prenez garde, la démocratie coule àpleins bords, » elle prince prenait des précautions contre la démocratie, aussi sérieusement que si nous avions été sur la place publique de Uome ou d’Athènes; c’est à une panique de ce genre que nous devons la tentative de ressusciter le droit d’aînesse. On criait au peuple: « Prenez garde, l’aristocratie va tout envahir, » et l’alerte était la même que si la féodalité eut été à nos portes. A tous ces combattants, il ne manquait que des ennemis; mais il peut arriver que les ennemis naissent des préparatifs mêmes de la guerre, et le plus grand des malheurs serait que la politique s'épouvantât des fantômes de la doctrine.

Laissons ces impropriétés de termes aux livres où elles sont sans conséquence, et ne les transportons pas dans le droit public, où elles se changeraient en instruments de dommage. La Charte ne donne à la France qu’un gouvernement monarchique, et, si elle n’admet point de mélange, c’est qu’apparemment elle croit la France homogène. En effet, ces mouvements spontanés d’une société libre, qui font que du haut en bas les degrés de l’échelle sont toujours occupés, n’ont rien de commun avec nos dénominations scientifiques; les inégalités ne rompent pas l’unité, et le corps social aura toujours ses extrémités et son milieu, sans cesser d’être identique à lui-même. La classe qu’on appelle intermédiaire, parce que sans doute elle n’est faite ni pour exercer la domination, ni pour la subir, dont la destinée est de se suffire à elle même par le travail, qui peutêtre constitue la véritable condition de l'homme dans le monde moderne, et dont les progrès sont ceux de la civilisation même, la classe intermédiaire n’a aujourd’hui, comme à la première

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DU GOUVERNEMENT DU ROI

époque de son apparition dans l’histoire, que des intérêts et des instincts monarchiques, et comme elle tend, par le seul empire du droit commun, à absorber la nation tout entière, on peut dire que l'état social n’a déjà plus rien qui réponde aux dénominations d'aristocratie et de démocratie.

Le mal ne pourrait venir que de ceux à qui le mandat législatif est conféré, et de la manière dont ils le conçoivent; ni le pair ne doit s’attacher à être plus aristocrate que le député, ni le député plus démocrate que le pair. Ils n’ont tous qu’un même but, et ne doivent avoir qu’une même tendance, l'intérêt général; car il y a sans doute un intérêt général, puisqu’il y a une France.

SECTION DEUXIÈME

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