‹ Du régime conventionnel des fleuves internationaux; études et projet de règlement général, précédés d'une introduction historiqueChapitre 12 sur 34 · QUARANTAINE FLUVIALE · texte numérisé non relu

QUARANTAINE FLUVIALE

elles les principales localités limitrophes. La Moldavie et la Valachie seules comptaient le long de la rive gauche, indépendamment de douze lazarets pourvus chacun d'un directeur, d'un médecin , d'une sage-femme et d'un interprète, deux cent trentedeux piquets desservis par 464 soldats et 1400 paysans. Ce service, dont un chapitre du statut de 1831 réglait en détail l'organisation, constituait l'une des branches les plus importantes de l'administration publique; il avait à sa tête un comité dirigeant composé du ministre de l'intérieur, d'un inspecteur général, de l'aga de la poHce et d'un médecin en chef.

En aval, la Russie occupait la rive gauche de la Soulina par des postes répartis de kilomètre en kilomètre, et, de son côté, la Turquie surveillait par des dispositions analogues toute la rive droite depuis Toultcha jusqu'à la frontière de Servie.

Ce régime, source d'arbitraire et de vexations continuelles, était devenu tellement intolérable qu'en 1855, lors des conférences de Vienne, l'une des premières conditions posées à la Russie par les puissances alliées eut pour objet la suppression du cordon quarantenaire de la Soulina, établissement jugé incompatible avec la libre navigation (1). Cette mesure spéciale devait naturellement entraîner la désorganisation de tout l'appareil sanitaire

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part des lazarets danubiens sont en ruine, sans que la santé publique paraisse avoir goufFert de leur abandon.

S'imagine-t-on en effet qu'il soit possible, en . temps d'épidémie, d'empêcher toute communica* tion d'un navire arec la terre, d'un port fluvial à l'autre, de la rive droite a?eo la rive gauche et l'isolement complet, en supposant qu'il soit praticable le long d'un coure d'eau intérieur, serait-il une garantie sérieuse contre la propagation du fléau? II est permis de douter de son efficacité contre le choléra. Que cette maladie soit contagieuse ou non et les contagionnistes sont obligés de convenir qu'elle n'a cette propriété qu'à un très faible degré, il est reconnu que sa marche est essentiellement irrégulière et que loin de se développer de proche en proche comme une affection essentiellement transmissible, elle apparaît dans une localité^ puis dans une autre, en épargnant dans l'intervalle des populations entières. Si les montagnes, les forêts, les steppes, n'en arrêtent pas les progrès, comment supposer qu'elle respecte les quarantaines les plus vigilantes établies sur les rives d'un fleuve ou sur toute autre frontière naturelle ou convenue?

Quant à la fièvre jaune, qui, en général, meurt là où elle est née, elle n'appartient presque exclusivement qu'au continent américain et à quelques points

Tel paraît être le cas de la peste dont l'intro^ duction par le contact de vêtements ou.dô peaux infectés, es^ désormais reléguée dans le domaine (^ de la fable (1).

Quoi qu'il en soit et même en admettant que le choléra, la fièvre jaune et 1^ peste soient, à des de» grés différents, des maladies contagieuses, l'expérience, comme la raison, indique qu'une distinction doit être faite sous le rapport des précautions sanitaires, entre un fleuve et la mer, que tandis qu'une côte est susceptible d'un isolement absolu vis-à-vis des bâtiments infectés ou suspects, cette séparation ne peut être rigoureusement maintenue sur le parcours d'une voie fluviale et que l'intérêt de la santé publique dans les pays riverains d'une telle voie serait plus sûrement sauvegardé si, renonçant à tout contrôle local et indépendant, les gouvernements de ces pays s'entendaient pour établir à l'embouchure, et sur ce point seulement, une quarantaine placée S(m5 leur direction collective.

Tel est le point de vue adopté dans les dispositions suivantes (2) :

ARTICLE PREMIER

Un établissement quarantenaire sera créé à l'embouchure des fleuves communs à plusieurs

(1) Académie des sciences du 17 février 1879.

(2) Il ne saurait s'agir ici des épizooties qui se produisent

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États et fonctionnera sous la direction collective de ces États.

Il exercera son contrôle sur les bâtiments, tant à l'entrée qu'à la sortie.

Aucun contrôle sanitaire ne sera exercé sur les bâtiments dans le cours de leur navigation fluviale.

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