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(1) J. Parrot, in Dict. encyclop., art. Cœur, p. 448.

Nous avons discuté les observations de M. Pécholier, son mémoire étant un des plus importants sur la matière; nous rejetons ses observations parce que nous ne les trouvons pas concluantes, mais nous ne voulons nullement nier les bons effets obtenus dans certains cas d'hypertrophies développées en dehors de toute lésion valvulaire. M. Potain a vu souvent (communication orale) des sujets atteints d'hypertrophie ventriculaire liée à une néphrite interstitielle considérablement soulag-és par le rég'ime lacté.

Diabète. — Dans ces dernières années, un auteur an-^ g'iais, Donkin (1), reprenant une idée ancienne, proposa de traiter par le rég'ime lacté le diabète sucré et prétendit avoir ainsi obtenu des g-uérisons radicales. Il donne le lait écrémé à la dose de plusieurs litres et ne permet aucun autre aliment, ni boisson. Ecrémer le laitest une précaution absolument né(?essaire, aussi la cure doit-elle être dite non de lait, mais de lait écrémé {^V\m-m\\\'i). Cette crème est pour lui une substance nuisible dont il faut se débarrasser avec g-rand soin, sans qu'il en donne aucune raison empruntée à la théorie ou à l'observation, au moins pour le diabète. (Pour les néphrites chroniques l'auteur se

(!) Donkin. — On apurely milk diet in the treatment of Ihe diabètes mellitus, Bright's disease, disease of Ihe supra-renal capsules, fatty degeneration, etc. The Lancet, 16 oct. 1869, p. 538.

Id. — Furlher observations on the skim milk treatment of diabètes mel~ liius. Lancet, mai 1871, p. 603, et janvier 1873, p. 45.

Id. — Lancet, 31 mai 1873, p. 788.

Id. — Brilish médical Journal, 27 juin 1874, p. 839.

Id. — A case of diabètes successfuUy treated by the skim milk melhod.

Transactions of the clinical Society, vol. VII, p. 157, 22 mai 1874. Id. — The skim milk trealmontof the diabètes and Bright's disease. In-12.

London, 1871.

contente de dire que la graisse doit être nuisible à des malades atteints d'une affection qui est caractérisée par une dég*énération graisseuse.)

D'après Donkin, le sucre de lait ne se transformerait pas en sucre diabétique," car il fermenterait dans l'estomac et serait absorbé sous forme d'acide lactique. Sous l'influence d'un pareil rég'ime, la rapidité avec laquelle s'améliore la santé des malades serait magique. La densité des urines, la soif, l'appétit, la sécheresse de la peau, etc., tous

Il les phénomènes diabétiques ne tarderaient pas à dispa- I raître, souvent même il en serait ainsi de la g-lycosnrie. La I g-uérison serait complète, si le mal n'était pas trop avancé. 1 Suivent huit observations à l'appui des différentes propo- I sitions.

I II est nécessaire de disting*uer dans l'exposition de Don- I kin la théorie et les faits.

I La pioscription de la crème ne se conçoit g-uère, les I diabétiques dig-èrent bien les graisses et elle n'augmentent I pas la quantité de sucre dans les urines. « La crème bien I privée de lait, enseig*ne M. le professeur Bouchardat, con- : siste principalement en beurre qui est très-favorable à I l'alimentation des glycosuriques. »

La transformation de la totalité de la lactine en acide lactique est une théorie, que Donkin n'appuie d'aucune ! expérience, et qui n'est généralement pas admise par les j physiologistes.

' La non-transformation du sucre de lait en sucre diabé- I tique est inexacte, comme le montrent les observations que I nous rappellerons plus loin, et nous pouvons encore ici in- ' voquer le témoignage du maître que nous citions tout à

l'heure, M. Bouchardat : « J'ai vu qu'en ajoutant au rég-ime d'un g-lycosurique , dont les urines contiennent déjà du sucre, un litre de lait dans les ving"t -quatre heures, l'aug'mentation du sucre, rendu dans les ving'l-quatre heures, était de 50 grammes environ et correspondait ainsi^ assez exactement, à la quantité de lactine ing-érée en sus du rég-ime ordinaire » (1).

Voyons maintenant les observations de Donkin. Deux d'entre elles sont annoncées comme des exemples de g*uérison , dans les six autres, les malades sont dits améliorés. Nous discuterons seulement les premières comme plus favorables aux théories de l'auteur. Nous en citerons textuellement les titres.

Obs. I. Diabète sucré, disparition du sucre dans les urines, après quatorze jours de traitement. Guérison complète.

Obs. II. Diabète sucré, disparition du sucre en douze jours. Guérison complète.

Si, au lieu de s'arrêter au titre seul, on lit avec soin ces observations, on voit qu'après ces g-uérisons soitdisant complètes, le sucre reparaissait toutes les fois que, par un écart de rég"ime, le sujet traité ing«érait des aliments sucrés ou amylacés, ce qui amenait l'auteur à faire la réflexion suivante : « On dirait que chez un nombre considérable des sujets qui ont été alTectés de diabète, il subsiste une idiosyncrasie qui les rend incapables d'assimiler l'amidon et le sucre. »

(1) Bouchardat. Du diabète sucré. Paris, 1873, p. 155.

Dickinson (l),Nicol (2), Pavy (3), Barclay (4), Thorne(5), Kulz (6), Ghaldecott (7), rapportent des faits très-défavorables à ce mode de traitement. L'observation publiée in extenso par Pavy est des plus concluantes; elle concerne une malade dont la g^lycosurie avait disparu sous l'influence du rég'ime diabétique ordinaire, on la mit au rég-ime lacté, dès le premier jour le sucre reparut, et le cinquième il existait en proportion telle qu'on dut suspendre l'expérience.

Nous devons ég'alement dire que divers auteurs ont publié des faits qui semblent favorables aux idées de Donkin ; ce sont, non des cas de g-uérison, mais des cas d'amélioration marquée. Ils sont dus à Balfour (8), Ag*new (9), Golman (10), Fyffe (11), Greenhow (12), James Mox (13), Henry May (14).

Que devons-nous conclure? Il est vraisemblable que Donkin a été amené à exag-érer les résultats de sa thérapeutique, que le lait n'a jamais guéri un diabétique ; mais que certains d'entre eux supportent bien ce régime, et ne

' <l) Dickinson, British médical Journal, 27 juin 1874, p. 839.

(2) Nicol. Brilish médical Journal, 27 janvier 1871, p. 101.

(3) Pavy. The Lancet, 14juin;i873, p. 860.

(4) Barclay. Lancet, 24 mai 1873, p. 727.

(5) Thorne. Lancet, 19 février 1870, p. 285.

(^6) Kulz. Bôitràge zur Path, der Diabètes mellitus, Bd. I, p. 157.

(7) Ghalecott. British med. Journal, 1876 .

(8) Bùlfour. Edinburgh médical Journal, t. XV, 1870, p. 708.

(9) Agnew. Lancet, 3 janvier 1874, p. 40.

(10) Golman. Lancet, 31 mai 1873, p. 788. (H) Fyffe. Army médical Report, 1871, p. 278.

(12) Greenhow. British médical Journal. 7 juin 1873, p. 658.

(13) J. Mox. Lancet, 1870, t. I, p. 398.

(14) H. May. Lancet, mars 1870, p. 471.

Debove. 5

transforment pas la lactose en g-lycose. « Chaque sujet, dit M. Bouchardat, a son équation idiosyncrasique pour

chaque aliment g-lycogénique en particulier Vérifiez

rig'oureusement avec la balance l'influence du lait intervenant dans l'alimentation de chaque g-lycosurique individuellement. S'ill'utilise, continuez-en l'usag-e, sinon modérez-en l'emploi, ou supprimez-le (1). »

Kiilz (loc. cit.) conseille le procédé suivant qui permet de diminuer la quantité proportionnelle de lactose du lait : en prendre un litre, y ajouter une certaine quantité d'eau et une quantité équivalente de crème.

Maladies nerveuses. — Le lait a été préconisé dans le traitement des maladies nerveuses, par Tissot, Cheyne, Chreslien, Delasiauve, etc., dans le traitement de l'hystérie, par Sydenham (2), dans celui de la manie, par M. Marcé (3), par Baillarg'er (4).

M. le professeur Lépine a récemment rapporté un cas d'épilepsie pléthorique g-uérie par l'emploi combiné de la diète lactée et des saig*nées, il est difficile de dire auquel des deux traitements doit être attribué le bénéfice de cette amélioration (5).

N'ayant^ aucune expérience personnelle sur ce sujet, nous nous sommes adressé à un de nos aliénistes les plus

(1) Bouchardat. Loc. cit., p. 163.

(2) Sydenham. Dissertation sur l'affeclion hystérique.

(3) V. Marcé. Manie intermittente à la suite de sevrage. Traitement infructueux par les toniques. Guérison par la diète lactée. Gaz. des hôo 4836, p. 526.

(4) Traitement de la manie aiguë par la diète lactée. Gazette des hônilaux, 18b6,p.62(. ^

(;•)) Lépine. Société de biologie, séancs du 9 juin 1877.

compétents, voici sa réponse : « Le lait nous est d'un grand secours pour les malades déprimés, affaiblis, pour ceux, particulièrement, qui offrent une certaine résistance à l'alimentation et refusent de mang^er; ils avalent plus volontiers un aliment liquide, tel que le lait, et peuvent ainsi se soutenir pendant long*Lemps, sans que l'on ait besoin de recourir à l'alimentation forcée, mais en dehors de ces indications g'énérales, je ne connais rien qui mérite une mention particulière. » (Mag-nan.)

Il est probable que dans les maladies nerveuses, le lait ag'it en améliorant la nutriiion(5«/?^?/w moderator iiervorum)^ et nous pouvons dire avec Sydenham : « Rien n'est plus naturel; car, comme le lail est un aliment très-simple, il se dig-ère parfaitement, et avec moins de difficulté que beaucoup d'autres nourritures; ce qui produit nécessairement un bon sang" »

Quant à une action spéciale sur le système nerveux, elle nous paraît problématique ma]g*ré les observations suivantes :

Karell rapporte l'observation d'un hypochondriaque g'uéri par une cure de lait d'insomnies cruelles. Ce fait peut être rapproché de la somnolence des nourrissons. Rhazès avait déjà dit : « lac recem somnum provocat. » M. S. Weir Mitlchel est, à notre connaissance, le seul auteur qui ait noté la somnolence dans les premiers jours de la cure de lait, elle disparaîtrait rapidement (2).

(1) Sydenham. Trad. Jault, p. W^.

(2j W. Mitlchell. On the use of skimmed milk as an exclusive diet in disease. Pliiladelphia, Med. Times, IS octobre 1860, p. 19.

Pellagre. — Le rég'ime lacté dans la pellagre est prophylactique et curatif. M. Ch. Bouchard (1), dans son remarquable travail sur celte maladie, insiste sur ce point, que les vachers en sont exempts, immunité qu'ils doivent à Tusag'e habituel du lait. Lorsque le mal est déclaré, la diète lactée est le meilleur traitement qui convienne aux pellag-reux. Hameau, Lalesque, M. Ch. Bouchard, M. Th. Roussel sont unanimes pour la recommander.

« Les remèdes seuls, dit M. Th. Roussel, ne peuvent produire la g-uérison, le chang-ement de nourriture seul peut au contraire y conduire, mais il y a une condition rig'oureuse pour que ce chang-ement exerce ses effets curatifs, c'est qu'il s'opère avec ménag'ement et sans transitions brusques; or, c'est précisément cette condition qui est remplie par le laitag'e, avec des avantag-es qu'aucun autre moyen n'a présentés jusqu'ici. La diète lactée est donc la partie capitale du traitement diététique (2). » M. Ch. Bouchard n'est pas moins affîrmatif. « Quant aux g-uérisons par l'usage journalier du lait, dit-il, elles ne sont pas rares. Non-seulement le lait est un excellent aliment pour les pellag-reux, mais il est aussi un médicament. »

(1) Ch. Bouchard, Recherches nouvelles sur la pellagre, Paris, 1862. {% Th. Roussel, Traité de la pellagre, p. 535. Paris, 1866.

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