‹ Du Rhin au Nil: souvenirs de voyage, Volume 3Chapitre 10 sur 16 · II · texte numérisé non relu

II

ses paroles nous faisaienl éprouver. De ma vie je irai vu des yeux si pénétrants, animés d'un rayon à la fois si subtil et si chatoyant. De ma vie, non, je me trompe, ils m'ont rappelé ceux de Bernadotte qui, après avoir adressé à ses auditeurs une de ses phrases éloquentes, interrogeait ainsi du regard le secret de leur pensée. Il y avait seulement dans ceux de Ber* nadotte plus de fierté, et je trouv:iîs dans ceux-ci plus de finesse.

D'autres visites arrivèrent : le gouverneur de la ville, le consul anglais, et quelques dignitaires de l'armée. H. Barrot, jugeant qu'il m'avait assez donné le temps de voir ce que je souhaitais tant de voir, se leva et je le suivis emportant dans ma mémoire l'empreinte ineffaçable de cette figure si vivace el si intelligente, l'éclair de cet œil scrutateur, et les modulations de ce langage en même temps si adroit et si animé.

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