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particulier vers son bord libre que les lésions prendront un grand développement.
La luette est prise de bonne heure et présente des lésions semblables à celles que nous avons indiquées pour le voile du palais. De là le processus atteint les piliers antérieurs et postérieurs du voile du palais, détruit dans quelques cas les amygdales et atteint l’orifice de la trompe d’Eustache qu'il peut oblitérer.
Wolkowitsch a publié une observation dans laquelle il rapporte que la base de la lanque a été envahie. La langue dans sa partie affectée prend une coloration rouge livide, un aspect granuleux par places, tandis que dans d’autres endroits elle devient sèche, luisante et lisse. L’épiglotte est attaquée à son tour, se gonfle et plus tard elle se rétracte, se dévie, devient dure, rigide, restant immobile sans pouvoir remplir désormais ses fonctions physiologiques.
Le pharynz, dans toute sa moitié supérieure au moins, participe au même processus.
Dans toutes ces régions, qui constituent et avoisinent l'isthme du gosier, le rhinosclérome commence par un épaississement de la muqueuse, sans changement de coloration au début. Plus tard la muqueuse devient rouge, tomenteuse, sécrétera une grande quantité de mucosités. Des ulcérations se produisent et se cicatrisent, laissant à leur place un tissu de cicatrice qui se rétractera de plus en plus dans la suite. Alors on verra dans cette région des brides rigides, brillantes, se dirigeant dans tous les sens. La luette disparait complètement, les piliers du voile du palais et le voile du palais lui-même sont déformés, mé-
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connaissables. Dans quelques cas le voile du palais attiré en arrière va contracter des adhérences avec la paroi postérieure du pharynx, comme cela a été signalé par Kaposi, Mickuliez, Pellizzari, Pick et Kæbner.
L'isthme du palais est rétréci à des degrés variables. Alvarez rapporte plusieurs observations de malades chez qui l’isthme du gosier était tellement rétréci qu'il ne pouvait passer une sonde uréthrale de calibre moyen. On comprend facilement qu'’alors les malades ne peuvent plus se nourrir, ni respirer d’une manière suffisante. Lorsqu'il en est ainsi, on ne peut examiner le larynx, ni apercevoir les lésions dont il peut être le siège, le voile du palais ne se laissant plus déprimer par le miroir laryngoscopique. Voilà une des raisons pour lesquelles le rhinosclérome laryngé est difficile à étudier.
Larynx et trachée. — Nous venons de donner un aperçu général des signes physiques du rhinosclérome lorsqu'il occupe le nez et la gorge. Nous passons maintenant au rhinosclérome se développant dans le larynx et dans la frachée. Nous verrons les symptômes qui lui sont propres.
Ces deux régions peuvent être atteintes primitivement (Kaposi et Caltti) ; le rhinosclérome s’y cantonnera ou bien gagnera les régions supérieures et alors rentre dans la description que nous avons donnée plus haut, surtout si le larynx et la trachée ne sont envahis qu'après le nez et la gorge.
Début. — Dans la forme laryngée et trachéale, le début est moins insidieux que dans le rhinosclérome du nez et de la gorge. Ce début est de très bonne heure marqué par de la dyspnée, de la toux qui survient par quintes et par un
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léger enrouement ; il n’y a jamais d’aphonie complète, du moins à cette période.
Les symptômes ne se trouvent pas dans le rhinosclérome des autres lésions, ou bien s'ils existent, ils sont atténués et paraissent à une période avancée de la maladie.
Dans le larynx les lésions dominent surtout dans la portion sous-glottique:; l'entrée du larynx est presque normale, ou présente dans quelques cas une légère rougeur diffuse de la muqueuse.
Les bandes ventriculaires peuvent être infiltrées à des degrés variables, cachant l’entrée des ventricules et même les cordes vocales.
A l'examen laryngoscopique, les bandes ventriculaires, de même que les cordes vocales présentent une coloration rosée ou plutôt d’un gris rosé. Elles sont épaissies et un peu granuleuses, peuvent dans quelques cas présenter de légères ulcérations. La mobilité des cordes vocales, au début du rhinosclérome, est à peu près normale dans la phonation, comme dans la respiration. Mais plus tard, au moment de la rétraction scléreuse, elles changeront d'aspect. Elles deviendront brillantes, lisses, chéloïdiennes, dures, immobiles dans les fonctions physiologiques de ces régions. La lumière du larynx diminuera et à un tel point qu’on ne pourra plus passer même des sondes uréthrales ; alors si le médecin n'intervient pas, soit avec les sondes de Schro:tter, soit avec la trachéotomie, l’asphyxie mortelle est imminente.
À la trachée, la muqueuse présente les mêmes caractères que celle du larynx. Elle est épaissie, rosée, ou rose sale. La trachée est modifiée un peu dans sa forme, elle
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devient ovale. Plus tard sa lumière se rétrécit et ne laisse passer qu'à peine une sonde du diamètre d’une plume. d'oie. Dans ces cas la trachéotomie ne peut être tentée qu'après une dilatation préalable avec les sondes de Schrætter.
Au larynx et à la trachée, au moment du travail de cicatrisation, la muqueuse devient plus pâle et peut dans quelques cas se recouvrir de tumeurs plus ou moins molles, semblables à celles que nous avons décrites dans les fosses nasales et dans le rhinopharynx.
Telles sont les principales régions envahies par le rhinosclérome : d’autres organes sont atteints, mais ce n’est que par une propagation tardive de la néoplasie. Nous y reviendrons au sujet de la marche de la maladie.