‹ Du RhinoscléromeChapitre 13 sur 24 · IL. — SYMPTOMES FONCTIONNELS · texte numérisé non relu

IL. — SYMPTOMES FONCTIONNELS

Les symptômes fonctionnels sont importants, ils sont beaucoup plus marqués que les symptômes généraux.

La douleur n'existe qu’à la pression forte, comme pour les tissus sains. Cela tient à ce que longtemps les nerfs restient indemnes. Mais à une période avancée, le périnèvre est envahi et la fibre elle-même est détruite pour faire place à des cellules de granulations ou de tissu conjonctif et alors la douleur apparaîtra au moment de ce travail. Cependant quand le pharynx est envahi, la déglutition devient pénible et même douloureuse. Les boissons alcooliques ou acides donnent une sensation de cuisson ou de brûlure que le malade redoute beaucoup.

(1) PÉDIGINI, Giorn. di Assoc. Napolit. di medici e natural. 4891, °n. 113: (2) SIDNEY-DavrEs, The British med. Journ., 29 mai 1883, page 1020.

Le goût et l'odorat sont émoussés en général ; dans quelques cas, ces deux sens sont complètement perdus. L'ouiïe est atteinte également, soit par atrésie de la trompe d’Eustache, soit par le développement du rhinoselérome vers l'oreille externe. Notre malade entendait beaucoup moins de l'oreille gauche.

Sa sensibilité sous toutes ses formes est diminuée, surtout au niveau de la gorge que l’on peut toucher sans amener aucun réflexe.

Le suintement nasal est abondant et les épistaxis sont fréquentes ; la cause vient de la gêne de la circulation en retour, causée par les dépôts néoplasiques autour des vaisseaux superficiels.

La voix devient rauque ou étouffée, surtout dans le rhinosclérome laryngé. Elle ne prendra jamais le timbre nasal, à cause de l’obstruction des cavités nasales par Le néoplasme, alors même qu'il existe des désordres graves sur le voile du palais.

La dyspnée est plus ou moins intense suivant le degré des lésions et leur siège. Elle peut être accrue par l’accumulation de la sécrétion visqueuse formée en abondance par les parties malades, auxquelles celle-ci peut adhérer et former de véritables bouchons durcis dont l'expulsion amène de suite le calme et une diminution de la dyspnée. La dyspnée s’accentue encore dans les efforts et surtout dans les montées, dans la montée d'escalier en particulier.

Les accès de suffocation peuvent survenir et être une menace de mort pour le malade, si on n'intervient pas assez tôt par la trachéotomie.

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