MARCHE
La marche du rhinosclérome est extrêmement lente, surtout dans les premières années, plus tard elle devient plus rapide.
Quand le rhinosclérome se propage aux parties voisines ilne le fait pas par empiètement continu, ininterrompu ; au contraire il laisse presque toujours des intervalles de peau saine entre les foyers d’origine et les foyers secondaires : éependant plus tard ces intervalles sains pourront être envahis à leur tour.
Propagation. — Nous avons dit que jamais les ganglions lymphatiques ne sont infectés.
Les parties voisines du nez peuvent prendre part au même processus que cet organe. Pick (1) a signalé une induration de la peau des deux côtés, au niveau du conduit auditif. Son malade avait de l’otorrhée avec une diminution marquée de louïe et des bourdonnements d’oreille.
Les sacs lacrymaux sont envahis quelquefois. Un seul peut être atteint isolément ; nous connaissons une observation, où il est rapporté que les deux sacs lacrymaux étaient pris à la fois. Au niveau de ces organes on trouve des rhagades ou des croûtes noirâtres. Dans quelques cas, il y a dacryocystite par occlusion du canal nasal. Max Zeiss] (2), à qui nous empruntons ces faits, signale également l’envahissement de la paupière inférieure gauche.
Enfin nous noterons dans un cas le gonflement du tem-
(1) Pick, Vierteljahr. fur derm. u. syph., 1884, 4 u. 9 Heft. (2) Max Zeiss, Wiener med. Wochenschr., 1880, n° 22.
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poral attribué au rhinosclérome et dans une autre observation la propagation de cetle affection à la partie des joues qui recouvre le maxillaire supérieur. La façon dont le rhinosclérome se comporte en face des interventions chirurgicales, est remarquable. Très rapidement les tumeurs se reproduisent après l’ablation et se reconstituent au point d'atteindre le volume qu’elles avaient avant l’opéfation. En présence d'une repullulation si rapide, on comprend que le traitement de cette maladie soit incomplet.
On a refusé, pendant longtemps, au rhinosclérome, faculté de se ramollir et de suppurer, comme cela arrive pour d’autres néoplasies. Aujourd’hui après les observations de Max Zeiss! et de Stukowenkow, c’est un fait acquis. Dans le cas de Zeiss, leramollissement s’est produit d’abord au niveau des sacs lacrymaux ; plus tard il a observé la chute de la muqueuse qui tapissait les tumeurs nasales du côté gauche du nez, tumeurs qui faisaient hernie à travers l’orifice externe du nez. À cette chute de la muqueuse a succédé une ulcération étendue qui s’est changée en une vaste et profonde cavité suppurante.
Bien plus on a rapporté quelque part un cas de mort par pyohémie à la suite d’un ramollissement des tumeurs rhinoscléromateuses.
Mais le point le plus intéressant dans la marche du rhinosclérome, c'est sa tendance à former du tissu d’apparence cicatriciel, surtout au niveau des muqueuses et des orifices. |
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