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Mais le point intéressant, même dans ces préparations faites à froid, c’est la présence d’un grand nombre de corpuscules sphériques, de dimensions variées, réunis trois ou quatre ensemble, incolores, réfringents et brillants. Ils simulent des goutlelettes graisseuses, mais ils sont plus réfringents que celles-ci et ne subissent aucune altération sous l’action des réactifs des substances graisseuses.
Ces corpuscules résistent également aux réactions caractéristiques des substances amyloïdes. Nous y reviendrons plus loin et nous verrons leur nature. Ce sont les corps hyalins.
Pour l'examen, les pièces sont préparées par l'alcool, ou l'acide picrique, ou l’acide chromique, elles sont colorées ensuite par le carmin ou l’hématoxyline.
Les couches épidermiques sont augmentées dans toute leur épaisseur, spécialement au niveau de la couche cornée et de la couche de Malpighi. La couche granuleuse se présente très épaissie avec des cellules aplaties et agrandies. Cette couche renferme de l’éléidine. Au niveau de toutes ces couches, on trouve des cellules migratrices libres, se colorant facilement par le carmin. Ces cellules augmentent considérablement en nombre à mesure qu’on se rapproche de la couche de Malpighi.
Sur la muqueuse nasale, les éléments restent en place ; mais les cellules épithéliales, devenues très volumineuses, se pressent les unes contre les autres, se tassent à un tel point que les cils vibratiles s’entremêlent. Les cellules épithéliales sont riches en glycogène. Du côté des cellules pavimenteuses, ce processus d’hypertrophie s’accentue bien
davantage. De là, les déformations papillaires qu'on ob- QUIGNARD 7
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serve fréquemment. On trouve çà et là des groupes de 3 ou 4 papilles invaginées. De leur côté les cellules épithéliales s’invaginent également ; elles sont allongées, inégales, pénètrent dans le derme plus où moins profondément en suivant un trajet oblique. Autour de ces invaginations, on aperçoit des cellules épithéliales non cornéifiées, disposées en couronne. Jamais on n’observe d’invagination appartenant à un reste de glande sébacée ou de follicule pileux.
Les limites inférieures de l’épiderme sont en général bien distinctes, sauf en quelques points où elles se confondent avec les tissus sous-jacents.
Le derme, qui est le point de départ des lésions, est considérablement modifié et c’est là qu’on trouve les éléments les plus caractéristiques de la néoplasie.
Il est fortement épaissi par l’infiltration cellulaire. Les papilles, au niveau desquelles les vaisseaux sanguins sont très développés, sont hypertrophiées et entourées de cellules migratrices qu’on peut également retrouver àleur inté-
rieur.
Les glandes mucipares, sudoripares et sébacées n'échappent pas au processus d’envahissement général. Tant qu’il ne s’agit que d'induration générale, sans saillie externe, les glandes sudoripares résistent; mais à un degré plus avancé des lésions, elles présentent un trajet rectiligne et une élongation de leur conduit. Leur glomérule siège dans la profondeur de la tumeur, reste intact dans quelques cas, est détruit dans d’autres cas. Les conduits excréteurs de ces différentes glandes peuvent être étouffés et détruits, il y aura alors rétention de leurs produits de sécrétion dans les glomérules.
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Les vaisseaux sanguins, les capillaires surtout, les vaisseaux lymphatiques, irrégulièrement distribués, plus nombreux qu’à l’état normal, sont entourés par une couronnede petites cellules rondes. Cettealtération, quis’observesurtout là où commencent les lésions, est dominante vers les couches profondes du derme. Lalumière des vaisseaux est rétrécie et même oblitérée complètement par le fait de l’infiltration de leur paroi et par les couches de cellules rondes qui les enveloppent. Ce processus commence dans la tuniaue adventice, gagne la tunique moyenne, envahit enfin l’endothélium qui, après avoir longtemps résisté, s’hypertrophie et se prolifère.
Au milieu de cette infiltration, on rencontre des fibres de tissu conjonctif plus lâches, plus ténues qu’à l’état sain, disposées en petits faisceaux qui, allant dans toutes les directions, forment un véritable feutrage ou des mailles quelquefois assez régulières. Avec le tissu conjonctif, on trouve quelques rares fibres élastiques qui restent normales au début. Les travées, formées par ces différentes fibres, sont aussi entourées par les cellules rondes, disposées concentriquement. À une période plus avancée de la maladie, les fibres conjonctives sont peu nombreuses, quelques-unes d’entre elles ainsi que les fibres élastiques sont remplacées par les cellules rondes.
Les nerfs, nous l’avons déjà dit, restent longtemps intacts au milieu du tissu malade; plus tard ils subissent les mêmes modifications que les autres tissus ; de même pour les muscles, les cartilages, les os.
Dans ce tissu si uniformément arrangé, on {rouve dans les rapports indiqués plus haut un grand nombre de cel-
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lules altérées à différents degrés et çà et là des globules libres, tandis que d’autres globules sont renfermés dans les cellules.
Cellules. — Ces cellules, qu'on colore facilement avec la safranine et le carmin, sont altérées à différents degrés ; voici leurs principaux caractères : quelques-unes semblent être en voie de décomposition, leur noyau se fragmente en deux ou trois globules ronds ; d’autres sont plus volumineuses, déformées, avec un protoplasma faiblement granuleux. Les unes ont un noyau très volumineux et peu de protoplasma, ou bien deux noyaux et peu de protoplasma ; les autres, au contraire, ont un noyau petit et un protoplasma abondant. Quelques cellules paraissent irrégulières comme forme, présentant un noyau notablement augmenté, homogène, réfringent, semblant déjà subir la dégénérescence hyaline, tandis que le protoplasma est difficile à reconnaître. On trouve encore, en petit nombre, il est vrai, d’autres cellules paraissant augmentées, mesurant 12 et 144, granuleuses, dans lesquelles on ne voit plus trace de noyau.
Un dernier groupe de cellules, dont le nombre, d’après Mibelli, serait d'autant plus grand que les lésions sont plus anciennes, mesurant 15, 20, 25 », globuleuses, d'aspect homogène, sont disséminées dans le tissu conjonctif du derme. Parmi celles-ci, les unes sont homogènes et on n’y peut trouver ni noyau, ni protoplasma ; les autres présentent une segmentation intérieure, irrégulière de la substance cellulaire au milieu de laquelle on découvre des gouttes réfringentes qui ne sont que les corps hyalins.
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Corps hyalins. — Colorés par la méthode de Gram ou celle de Cornil et Alvarez pour la recherche des bacilles, les globes hyalins apparaissent comme des gouttes d’une belle couleur violette, qui se détache plus nettement si on colore avec le picro-carmin en double.
Les uns sont libres et alors ils sont sphériques, en général réunis par groupe de 5 à 10. Ils sont de volume différent dans chaque groupe. Les autres sont contenus à l’intérieur des cellules ; tantôt ils sont en grand nombre et alors apparaissent de volume variable, petits, imparfaitement sphériques, déformés par une pression réciproque : tantôt leur nombre est plus restreint, mais ils sont plus nettements sphériques. Les globes hyalins ne réagissent pas par l’iode comme les substances amyloïdes, ni par l’acide osmique, comme les substances graisseuses.
A l’œil nu, un fragment de rhinosclérome rappelle le sarcome, le myxosarcome ou une chéloïde ; mais à l'examen microscopique, les doutes sont levés quand on trouve les grandes cellules renfermant des globes hyalins ; en dehors de ces cellules, nous laissons de côté les petites cellules rondes quenous pouvons rencontrer dans d’autres tumeurs. Le diagnostic peut être affirmé d’une façon plus certaine par la présence des micro-organismes dans les tissus et leur différence avec les autres microbes qu’on peut trouver
dans certaines néoplasies. Nous allons maintenant passer
à l'étude de ces micro-organismes.