‹ Du RhinoscléromeChapitre 20 sur 24 · PEU · texte numérisé non relu

PEU

3 Le pneumo-bacille est ubiquitaire, tandis que le bacille du rhinosclérome a une individualité propre établie par ce fait que le rhinosclérome est une maladie localisée aux régions que nous avons indiquées. Nous laissons de côté le cas de Parloff qui aurait observé sur le bras une tumeur dure dans laquelle il a trouvé le bacille de Frisch ;

4° Les colonies du bacille de Frisch ont sur la gélatine une coloration analogue aux colonies du pneumo-bacille ; mais celles-là présentent une opalescence et une transparence bien plus marquées;

5° La vitalité du bacille du rhinosclérome persiste moins longtemps que celle du bacille de Friedlænder ;

6° Dans les plaques de gélatine également, les colonnes du bacille de Friedlænder sont plus développées en largeur et en épaisseur que celles du bacille de Frisch ;

7° Au microscope, les colonies de bacilles de Friedlænder conservent le plus souvent, pendant toute leur durée, un aspect homogène finement grenu sur toute leur étendue ; les colonies du bacille du rhinosclérome, au contraire, d’abord homogènes comme les précédentes, se divisent en deux parties, l’une d’elles est plus dense et moins transparente, l’autre est plus liquide et moins transparente.

Voilà beaucoup de points différents pour ces deux bacilles. Ils suffisent pour les séparer l’un de l’autre. A notre avis, ils ne sont pas identiques, ils se ressemblent seulement.

Action des antiseptiques. — Mibelli a trouvé que sur des cultures, l'acide salicylique à 1 0/0 tue les bacilles du rhinosclérome, après un contact de 45”. Après un contact de 30” ils sont encore réinoculables et se développent avec

beaucoup de lenteur. L’acide phénique à 1 0/0 et après un contact de 7” cause les mêmes effets, de même le sublimé qui serait, paraît-il, encore plus actif. Si le bacille de Frisch est l'agent pathogène du rhinosclérome, il faut penser que la méthode antiseptique pourra être très utile au point de vue thérapeutique et aura des effets sérieux quand elle sera convenablement dirigée.

Autres micro-organismes. — Le bacille de Frisch n’est pas toujours seul dans les tissus du rhinosclérome. Pellizzari, Babès dans plusieurs cas, Jacquet (1), Secretan et Stilling ont trouvé des streptocoques pyogènes. Ce n'est probablement là qu'une simple coïncidence.

(1) Jacquer, Arch. de Dermat. et‘syph., 1891.

QUIGNARD

Pathogénie.

L'opinion générale était que les cellules colloïdes provenaient de la transformation des cellules d'infiltration; mais ce fait n'avait jamais été démontré.

Frisch, en 1882, avait déjà attribué la métamorphose des cellules aux bacilles ; il croyait à la transformation du protoplasma en liquide, probablement en eau.

En 1890, Finch-Noyes a pu suivre la transformation des cellules d'infiltration ; Dittrich avait soupçonné ce processus mais n'avait pu le démontrer d’une façon satisfaisante.

Voici la technique employée par Finch-Noyes :

1° Hématoxyline de Bæhmer pendant2ou 3 heures pour colorer les noyaux ;

2° Lavage à l’eau ; puis passage des coupes dans une solution alcoolique d’éosine pendant 24 heures :

3° Alcool pour enlever l'excès d’éosine, puis pendant quelques minutes huile d’aniline. 11 monte ensuite selon la méthode habituelle après éclaircissement par l'huile de bergamote.

A l’aide de ce procédé, on décèle, par leur coloration plus vive, les premières modifications des cellules d'infiltration. Ces cellules deviennent ensuite plus granuleuses et plus volumineuses jusqu'au moment où, arrivées à un certain développement, elles perdent leur affinité pour l’éosine, ainsi que leur aspect granuleux. Ce fait constitue, d’après Finch-Noyes, la véritable phase de transilion. Dès lors le

contenu des cellules est homogène, puis se divise en masses globuleuses. Le noyau cellulaire peut exister ou s’atrophier et faire défaut. Les cellules peuvent se rompre et les corpuscules se disséminent entre les éléments pour former les globes hyalins libres. Pour cet auteur, comme pour Mibelli, ilne s’agit pas de métamorphoses réelles, mais simplement d’une substitution de la glaire des bacilles du rhinosclérome au protoplasma cellulaire. .

Dans la même année, Pawlowskv, de Kieff, est arrivé aux mêmes conclusions que nous résumons. Les bacilles sont d'abord pris par les cellules et dégénèrent. Les capsules des bacilles laissent passer les éléments liquides du protoplasma à leur intérieur et augmentent de volume. Puis les bacilles dégénèrent, ils prennent cet aspect brillant, hyalin. Enfin le protoplasma qui est entre eux se transforme aussi en matière hyaline et par conséquent dégénère aussi.

Cette matière hyalineest done, ici, le produit de l’action réciproque des bacilles et du protoplasma. Mais pour que la matière hyaline soit produite, il faut absolument la pénétration de la cellule par le bacille et la dégénérescence du micro-organisme et du protoplasma de la cellule.

Le rôle des micro-organismes dans la production des corps hyalins est incontestable. D’après le professeur Paw- . lowsky ce processus est'causé, dans le rhinosclérome, par le bacille de Frisch. Ceci il le confirme par les inoculations qu'il a faites. Nous avons déjà exposé plus haut le résultat de ses inoculations, qui avaient été positives, nous n’y reviendrons pas Ici.

Cependant nous ne pouvons pas encore affirmer d’une façon certaine que le bacille de Frisch soit la cause du rhi-

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nosclérome. Nous inclinons de ce côté, en attendant que les résultats des inoculations soient encore plus concluants dans l'avenir et tranchent plus nettement la question, ou bien que nous connaissions les causes sous l'influence desquelles le bacille de Friedlænder (en admettant l’identité des bacilles de Frisch et de Friedlænder, comme M. Netter) déterminerait le développement du rhinosclérome au lieu de produire des pleurésies purulentes, des otites et beaucoup d’autres affections que nous ne voulons pas énumérer.

Traitement.

Jusqu'à ce jour on n’a trouvé aucun traitement qui püt amener sinon la guérison radicale du rhinosclérome, mais un arrêt dans le développement de la maladie. Nous avons dit ce que nous pensions des cas de guérison ou d’amé- lioration signalés par Lang, Doutrelepont et Alvarez, nous n’y reviendrons pas.

Parce qu'au début de l’histoire du rhinosciérome, cette affection était prise pour des lésions syphilitiques, on ins- titua le traitement par l’iodure de potassium avec ou sans préparations mercurielles.

Ce traitement n’a amené aucune amélioration, au contraire il aurait causé une augmentation des tumeurs (Alvarez, obs. 11).

Les cautérisations avec le nitrate d'argent, le chlorure de zinc, la potasse caustique, le thermo et le galvano-cautère n’ont donné comme résultat qu’une diminution passagère des tumeurs et le rétablissement momentané des voies respiratoires.

Le raclage suivi d’attouchements avec différentes subsfances, telles que la teinture d’iode, l'acide lactique, l’acide pyrogallique, n'a donné qu’un soulagement temporaire au malade et n’a pas empêché les récidives.

Les injections interstitielles de liqueur de Fowler, d’acide osmique n’amènent qu’une gangrène superficielle et très limitée, sans donner d'amélioration assez notable.

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Le traitement antiparasitaire a été indiqué pour :la première fois par Lang en 1882.

Tous les deux jours, il fit, en trois ou quatre points des parties scléreuses, des injections interstitielles avec une solution aqueuse d'acide salicylique à 1/2 0/0. Il remplaça plus tard cette solution par une solution de salicylate de soude à 2 0/0. En même temps il maintenait dans les narines des tubes métalliques enveloppés d’emplâtre saupou-

“dré d’acide salicylique. De temps en temps, dans la journée, il enlevait les tubes et faisait des douches nasales avec une solution de salicylate de soude. Sur les autres parties malades, il prescrivait des onctions avec une pommade salicylée à 5 0/0. Les lésions de la gorge et du palais étaient badigeonnées avec une forte solution alcoolique d’acide salicylique. Ce même acide était donné à l’intérieur à la dose de 2 grammes.

Après dix jours seulement de ce traitement, Lang aurait constaté une amélioration notable : l'infiltration de la paroi postérieure du pharynx et celle du palais se seraient réduites de plus de moitié. Cependant Lang, n'étant pas pleinement satisfait des résultats donnés par cette médication, remplaça l'acide salicylique et le salicylate de soude par l'acide phénique. Il fit des injections parenchymateuses avec une solution d’acide phénique à 1 0/0 et employa une pommade phéniquée à 1/2 0/0. Ce dernier traitement lui aurait donné des résultats plus favorables.

Ce traitement, soit dit en passant, tendrait à démontrer que les micro-organismes trouvés par Frisch constituent les facteurs véritables du rhinosclérome..

D'autres auteurs essayèrent ce traitement, mais en leur

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