Macaigne et Finet. Société anatomique. Paris, Juin
LE TYPE MONO-ARTICULAIRE frappe ordinairement de préférence le genou, le coude, et le poignet. |
L’arthrite mono-articulaire peut se présenter sous une apparence bénigne avec seulement des douleurs articulaires el péri-articulaires assez vives s’exagérant par lemouvement et la pression, c’est la forme arthralgique, souvent très tenace. D’ailleurs cette variété peut très bien n'être que le début d’une forme plus grave aussi bien mono-articulaire que poly-articulaire.
Dans la variété arthralgique, l’arthrite n’existe qu’à un degré minime.
Il n’en est pas de même des trois variétés que nous allons décrire : ces trois variétés représentent trois modes très différents d’évolution du type mono-articulaire ; ce sont: l’hydarthrose, l'arthrite aiquë plastique ankylosante et l'arthrite purulente.
L'hydarthrose peut avoir un début insidieux. L’épanchement d’abondance variable, s’établit assez vite, tantôt sans s’accompagner de rougeur et de tuméfaction de la peau, tantôt au contraire accompagné de ces phénomènes. La résolution s’opère plus ou moins lentement, mais elle est la règle. Cette forme présente une indolence relative, |
La mono-arthrite aïquë plastique ankylosante qui succède quelquefois à la forme précédente, a été bien étudiée et bien décrite par Brun (1), par Nicaise, etc.
La douleur s’observe au début; même spontanée elle
+ Brun. Thèse de Paris, 188:
ANR | est vive et tenace surtout la nuit; la pression et les mouvements l’exaspèrent considérablement.
La tuméfaction se présente avec des caractères très particuliers, elle s'établit rapidement, s’étend, infiltre les tissus articulaires, le périoste et même les extrémités osseuses. La peau est œdœmatiée, rouge et enflammée. L'œdème a été appelé dans ce cas œdème pseudo-phlegmoneux. Une de nos malades, observée dans le service de M. Rendu, est entrée à l’hôpital parce qu’elle se croyait atteinte d’un phlegmon du dos de la main; en réalité elle était munie d’une arthrite blennorrhagique aiguë avec œædème pseudo-phlegmoneux.
L'absence de fluctuation vraie et de tuméfaction des ganglions aide À faire le diagnostic. |
Comme dans la forme précédente, la température générale s’élève rarement, la température locale au contraire est élevée.
Cette variété d’arthrite peut se terminer de deux façons bien différentes : le plus souvent, quand un traitement actif est institué de bonne heure, la résolution se produit, très lentement il est vrai, mais enfin la jointure finit par reprendre peu à peu ses fonctions. D’autres fois, l’ankylose survient et même se produit quelquefois très rapidement. Très souvent on observe assez promptement des atrophies musculaires ou des troubles trophiques divers.
L’arthrite purulente est rare, elle débute par des frissons, de la fièvre avec élévation de la température générale. La région articulaire et péri-articulaire est le siège
d’un énorme gonflement avec rougeur de la peau et élé- .
vation de la température locale, Le liquide articulaire.
est d'apparence louche, plutôt séro-purulent que fran.
chement purulent, épais et visqueux.
Aujourd’hui, on est disposé à admettre. la proposition, suivante : si l’arthrite purulente blennorrhagique se prés. sente sous l'aspect que nous venons de, décrire, elle. est,
due au gonocoque, si l’arthrite est franchement purulente, :
elle est le résultat d'infections associées.
Cette variété d’arthrite guérit le. plus souvent, mais
ordinairement pas sans intervention; elle peut aussi: se,
terminer par ankylose.
On a cru pendant longtemps que hi type mono-articu-
laire était sinon la caractéristique ‘du rhumatisme blennor-
rhagique du moins sa forme la plus fréquente: Aujourd’hui,
avec raison on le considère comme plus rare que,le type poly-articulaire.
Le type poly- articulaire serait plus. justement dé-; nommé rhumatisme oligo-articulaire, suivant l'expression
de. M. Besnier, car le nombre des articulations prises est
toujours moins grand que dans le rhumatisme ordinaire...
Souvent c’est le genou qui.est pris le premier, :puis le. coude et le poignet, ou.bien c’est l’une. de ces. deux; dernières articulations qui. débute. Les. jointures sont: atteintes successivement. La douleur, le gonflement. et. la; déformation: des-jointures sont très variables, La fièvre: et l'élévation de la température générale sont plus fré-, quentesique. dans:le rhumatisme. mono-articulaire. Souvent.le rhumatisme. blennorrhagique. poly-articulaire s’acr compagne: d’un mauvais: état général. qui conduit à une: sorte’ d’anémie où de-çachexie-blennorrhagique.
» —!419 — “Presque toutes les‘ärticulations peuveñt être: prises! Le *genouj'le coude, le poignet; l'articulation ‘itibio-tarsienne Met l'articulation scapulo-humérale Sont souvent touchées. ‘Le :rhumatisme ‘des ‘petites articulations: estilasse z'fré- * diquent: etistrès tenace, il touche celles: du tarse ‘du 1métaètärse; ducarpe:dusmétacarpe. On l’a ‘vu: siéger aux ar ticulationsisterno-claviculaires;'témporo-maxillairés, veritébrales à la chaînedes-osselétside l'oreille et enfin: aux “articulations'du larynx (Fournier).
© Dans’ le rhumatisme: poly-articulaire, l’arthrite-peut se ‘“présenter:sous ‘les: différentes’ formes: que nous: avons “décrites: dans’le type:mono-articulaire. FE.
Le: type poly-articulaire présente aussi à: étudier:trois
variétés. Une forme arthralqique, une: forme de:poly-ar- ‘thrite subaiïgquë, enfin /a forme!de; poly-arthrite-détor- “mante: progressive, ‘encore appelée: forme noueuse: ou rpseudo-goutteuse.
La formearthralgiquebénigne;mais s’accompagnantde douleur vivein'est souvent que le: début d'une: forme:plus “sérieuse, nous en ‘avons: déjà parlé: à: propos du rhuma-
tisme mono-articulaire.
La poly-arthrite subaïquë est relativement indolente. “les douleurs sont peu aiguës, la tuméfaction: et la réac- “tion inflammatoires ‘ont une: intensité très variable ; Je
plus: souvent-la ‘guérison est complète ;; quelquefois ‘il “reste“une:impotence: fonctionnelle marquée: Dans: cette variété: ôn'observe : quelquefois l’hydarthrose è siége ant: à
l’une des articulations atteintes et on aaïnsitaffaire à:üme forme mixte.
La poly-arthrite déformante progressive \noueuse.ou
a. ET
pseudo-goutteuse (Fournier, De Amaral) peut simuler le rhumatisme des goutteux (Besnier).C’est une forme grave avec tendance caractéristique à la chronicité: Un grand nombre de jointures peuvent être prises et la tuméfaction péri-articulaire peut être considérable. Cette variété aboutit assey souvent à l’immobilisation des membres dans des attitudes vicieuses, et à l’impotence fonctionnelle, par suite des rétractions fibreuses et tendineuses, des atrophies musculaires et des déformations des extrémités osseuses.
Nous dirons quelques mots de certaines manifestations rhumatismales d’origine blennorrhagique qui peuvent exister seules, mais qui accompagnent très fréquemment les arthrites. Ce sont des synovites tendineuses des hygromas, des périostites, des névralgies. :
Les synovtites tendineuses s’observent à tous les degrés, tantôt c’est seulement un peu de douleur dans les mouvements. D’autrefois il ya un gonflement énorme très rebelle et très douloureux ; ces inflammations des gaînes tendineuses sont très fréquentes (Mauriac, Maymou, Fournier, etc.). La présence du gonocoque y a été constatée (Howitz, Tollemer et Macaigne) (1).
Ces synovites siègent le”plus souvent au poignet, au dos de la main, à la gaîne du fléchisseur du pouce, des fléchisseurs du pied, des péroniers latéraux, des muscles de la patte d’oie, des muscles scapulo-huméraux. :
Les bourses séreuses les plus souvent atteintes sont les bourses séreuses olécrânienne, pré-rotulienne, et
rétro-calcanienne.
1. Tollemer et Macaigne. Société anatomique de Paris, Repue de méde-
! cine, novembre 1893. :
Des périostites épiphysaires da UIeUrs osseuses
> lent été observées par Fourier, Mauriac, Ozenne, Jac-
quet. | a | Les névralgies sont assez fréquentes. M. le professeur
Fournier les a observées 6 fois sur 39 cas. La névralgie
«sciatique est la plus fréquente, elle est rebelle et récidivante; ' 5 elle a été étudiée par MM. Fournier ,Diday,J ullien, Coutagne, Brisson, Galliard, el, Les névralgies crurales et intercostales sont plus rares. Raymond, Audry et quelques auteurs considèrent ces névralgies comme de
véritables névrites. rt
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