‹ Du Rhumatisme Blennorrhagique et de son TraitementChapitre 12 sur 56 · Thèse d'Auvereniot, 1890, p · texte numérisé non relu

Thèse d'Auvereniot, 1890, p

ment à l'arthrite blennorrhagique nous citerons d’abord les observations bien connues de Poncet de Cluny, de Galézowski et Testelin rapportées dans la thèse de Lapersonne ; ces auteurs ont vu des arthrites blennorrhagiques succéder à des inoculations de la conjonctive, faites dans le but de combattre le pannus granuleux. De Lapersonné les regarde avec raison « comme un type d'infection blennorrhagique ayant presque la valeur d’une expérience physiologique ».

On pourrait presque en dire autant des observations de Clément Lucas, Widmark, Darier, Wiederhofer, Deutschmann, Lindermann et Morax que nous avons déjà citées.

Nous ne pouvons manquer de citer les travaux de Wertheim, Steinschneider, Finger, Ghon et Sclhagenhaufer, qui ont fait faire de grands progrès à la question des milieux de culture favorables au gonocoque et de la biologie de ce micro-organisme.

Finger provoque des arthrites, par injection dans le genou de cultures gonococciques, mais le gonocoque y meurt vite.

Enfin dans le cas observé par Mazza, cas que nous avons déjà cité, non seulement le procédé de Wertheim a donné une culture pure de gonocoques avec le liquide provenant de l'articulation tibio-tarsienne, mais l’inoculation à l’urêthre humain a donné une blennorrhagie authentique. L’auteur a trouvé un sujet qui s’est prêté de bonne volonté à cette expérience, et qui présentait toute garantie contre l’hypothèse d’une infection antérieure.

A tous ces faits, on peut opposer une série de faits né-

ab) ae

gatifs nombreux tant cliniques que d’ordre expérimental.

Parmi les auteurs qui n’ont pas pu.déceler la présence du gonocoque dans le liquide articulaire, nous trouvons Haslund en 1884, avec cinq résultats négatifs (1), Bornemann en 1887, trois résultats négatifs, MM. Guyon et Janet qui ne l’ont jamais rencontré.

D’autres n’ont pu cultiver le gonocoque; ce sont : MM. Dieulafoy et Widal, en 1881, qui n’ont pu réussir à ensemencer le liquide d’arthrites blennorrhagiques ; M. Roux, en 1881, le sang d’un malade atteint de synovite blennorrhagique, MM. Reblaud et Charrier, dont toutes les tentatives sont restées infructueuses; Neisser, qui, au dernier Congrès de dermatologie de Vienne, disait n'avoir pas pu réussir de culture par la méthode de Wertheim; Hewes qui sur neuf cas trouve seulement deux fois le gonocoque dans le sang et ne peut parvenir à le cultiver ni sur sérum, ni Sur agar, ni Sur gélatine ; enfin Stanziale qui essaie vainement (1893) de cultiver le gonocoque dans un cas d’arthrite blennorrhagique à liquide séro-fibrineux non purulent, il échoue également dans ses tentatives d’inoculation à l’urèthre de l’homme.

Nous dirons donc qu’une réserve est encore imposée sur la question de la pathogénie du rhumatisme blennorrhagique; nous rappellerons en terminant ce chapitre que les moyens de recherche et de culture du gonocoque se sont bien perfectionnés avec les travaux de Bumm, de Wertheim, Steinschneider, de Finger, Ghon

et Schlagenhaufer et Se perfectionneront encore, car de

1. Depuis cette époque, Haslund a trouvé le gonocoque dans les liqui-

des d’arthrites ponctionnées dans les jours du début de l'affection.

HR nombreux auteurs étudient en ce moment cette question, Nous rappellerons l’opinion de Kammerer qui dit que les microbes spécifiques existent en grand nombre au début de l’épanchement des arthrites, mais qu'ils meurent très rapidement dans cet épanchement, si bien qu’on ne les retrouve pas toujours après le sixième jour.

Les ponctions faites au début de l’épanchement sont rares. Kammerer a trouvé le gonocoque dans des liquides retirés par ponction le sixième jour. Haslund a fait des ponctions au deuxième, troisième, sixième, huitième jour et a trouvé le gonocoque.

C’est aussi l'opinion de Burci et de Respighi. Ces auteurs admettent que le gonocoque pénètre dans la circulation sangüine pär les voies lymphatiques, et est probablement détruit d’une manière assez prompte dans les noûvéaux foyers où il pénètre. « Le rapport du gonocoque avec les synovites qui présentent lés caractères cliniques des arthrites blénnorrhägiques est indiscutable, disent-ils, On en peut démontrer la présence par les préparations et les cultures. Le gonocoque est localisé à la superficie des synoviales et tend à disparaître par involution avec assez de rapidité; mais le processus continue par l’évolution des altérations pathologiques provoquées à la superficie de la séreuse, et les produits de sa destruction peuvent continuer à agir. L'absence du gonocoque souvent notée peut s’expliquer, ou par le temps auquel les recherches

ont été faites, ou parce qu’elles ont été limitées au seul exsudat libre (1). »

1. Dans ses conférences de l'hôpital Ricord, M. Balzer faisait remarquer

que lorsqu'on ne trouve pas le gonocoque dans une jointure atteinte de rhu-

Oise

Enfin il est permis de supposer que dans certains cas les gonocoques agissent non plus directement, mais par leurs toxines; et dans d’autres cas, comme par exemple lorsque larthrite tend à devenir purulente, il faut tenir compte de la possibilité des infections. associées, car il paraît démontré que les vraies arthrites gonococciques sont toutes sans purulence vraie.

Les quelques considérations contenues dans nos dernières lignes permettent d'expliquer en partie les résultats contradictoires en apparence obtenus par les diffé-

rents auteurs.

matisme blennorrhagique, cela ne prouve pas toujours qu'il n’y soit pas. Dans certains cas, Le gonocoque peut être décelé par la culture, alors même qu'il n’est pas déçcelé par l'examen microscopique (cas de Rendu, in-thèse de Philippi), 1 n’est pas inadmissible non plus qu’il persiste dans les tissus articulaires et péri-articulaires, alors qu’il a disparu de la cavité. Il est prouvé aujourd’hui que le gonocoque peut longtemps vivre dans les tissus, dans le tissu utérin, notamment, dans ceux de l'urêthre et de la conjonctive. Il peut fort bien’être ainsi caché au moment où on le recherche dans le liquide de

l'articulation, 4

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