TRAITEMENT GÉNÉRAL. IMPORTANCE DU TRAITEMENT DE
L’URÉTHRITE.
Nous appuyant sur les considérations étiologiques et pathogéniques que nous venons d’exposer, nous pouvons dire en employant l'expression de notre maître M. Rendu (1) que « l'infection blennorrhagique est bien fonction de troubles articulaires ». L'étude du traitement vient encore confirmer cette manière de voir.
D'abord nous voyons le rhumatisme blennorrhagique se montrer le plus souvent rebelle à tous les traitements utiles dans le rhumatisme franc ; Si cette proposition paraît trop affirmative, disons tout au moins que ces traitements ont donné dans le rhumatisme blennorrhagique les résultats les plus variables et les plus inconstants.
Le salicylate de soude est bien loin de donner des résultats aussi favorables que dans le rhumatisme ordi-
naire, il a une certaine influence dans des cas assez favo-
1, Rendu, Lecon clinique, mars 1896.
IN gra
rables, où le rhumatisme poly-articulaire affecte à peu près es allures du rhumatisme vulgaire. Notre vénéré père, le professeur Dezanneau d'Angers, le donnant à la dose moyenne de 4 à 6 grammes par jour, la vu réussir dans un assez grand nombre de cas et parfois rapidement.
M. Balzer en a obtenu souvent aussi des effets favorables. Mais, à côté de ces bons résultats, on observe des cas nombreux, dans lesquels son inefficacité est évidente, nous en donnerons comme exemple un malade de M. Rendu cité dans nos observations. Ce malade dont l'observation nous semble intéressante à différents points de vue a absorbé du 17 décembre 1895 au 17 février 1896 environ 160 grammes de salicylate de soude sans obtenir la moindre amélioration. Fraser (1) d’Edimbourg a souvent constaté également l’inefficacité des préparations salicyliques dans le traitement du rhumatisme blennorrhagique. ; Le ;
L’antipyrine ne soulage que la douleur et n’a aucune action sur l’épanchement. is |
Le sal/ophène n’est pas encore suffisamment connu, on l’emploie à la dose de 1 à 2 grammes par jour. # Le salol, tout en ayant moins d'action que dans le rhumatisme chronique à tendance vicieuse, cependant à une certaine influence sur le rhumatisme blennorrhagique. Il modifie la muqueuse uréthrale, mais il est irritant pour le rein et on observe quelquefois des phénomènes toxiques (Lemaître de Limoges).
M. Rendu a observé dans sa clientèle particulière un
{. R. Fraser, Edimbourg Médical Journal, p. 4 , juillet 488s.
cas de néphrite desquamative assez intense, après l’administration de 4 grammes de salol par jour pendant cinq jours.
L’asaprol a été employé dans le rhumatisme biennor— rhagique, mais trop peu souvent pour qu’on puisse juger de sa valeur réelle. Stackler et Dujardin-Baumetz disent Pavoir employé avec succès À la dose de 6 grammes par jour.
L’iode et les todures qui entravent le rhumatisme chronique déformant ont été donnés dans les arthrites blennorrhagiques par Schüller et Rubinstein. Ces auteurs les prescrivent à la dose de 3 à 5 grammes donnés en six ou sept fois dans la journée. De bons résultats ont été obtenus dans les formes hypertrophiques, avec périostites et gonflement des 03. Ce traitement n’amène que très lentement la résolution des épanchements et des synovites chroniques (1) de plus l’iode et les iodures irritent souvent le canal et réveillent l’uréthrite (Balzer), ils fatiguent quelquefois lestomac des malades et les anémient. Ils conviennent surtout aux formes chroniques.
La colchique et la vératrine qui donnent souvent de bons résultats dans les engorgements qoutteux n’ont
aucune action sur les arthrites blennorrhagiques (Ren-
du).
Les alcalins à haute dose très employésil y a quelques
années sont maintenant abandonnés, ils débilitent l’orqa-
nisme et n'amènent aucune amélioration sensible,