Rendu
D£EzANNEAU 6
ne RD 0 er
Influence du traitement de la blennorrhagie sur les ma-
nifestations articulaires.
On peut dire que le traitement général de l’arthrite . comporte d’abord le traitement de la blennorrhagie: En effet, que les manifestations articulaires soient dues au gonocoque seul, ou au gonocoque accompagné d’autres micro-organismes, quelque soit le processus suivi par lui pour causer l’infection générale de l’économie, il est certain qu'il faut l’atteindre et le détruire. Dans l’immense majorité des cas, c’est au niveau de l’urèthre enflammé par lui qu'il repullule et pénètre dans l’économie, on doit donc déduire de là l'importance du traitement de l’uréthrite dans le rhumatisme blennorrhagique.
Plüsieurs procédés ont été employés pour combattre le gonocoque,notammentles injections et les lavages. Comme il s’agit presque toujours d’uréthrites totales, les grands
lavages dans le traitement du rhumatisme blennorrhagique sont de beaucoup supérieurs aux injections ; ce fait est aujourd’hui parfaitement démontré. Les grands lavages au sublimé ont donné de bons résultats. L’ichtyol au 1/5 em- | pêche la culture du staphylocoque et du gonocoque, aussi plusieurs auteurs l’ont employé et Colombini entre autres le prescrit à la dose de 5 à 10 0/0. Le nitrate d'argent à | 1/4000 ou 1/2000 donne des résultats rapides. Ainsi que le sublimé, le nitrate d'argent est plutôt à réserver pour les cas non compliqués de rhumatisme blennorrhagique
à cause de ses propriétés pyogènes.
ARR of LU
Le meïlleur agent que nous possédions actuellement contre le gonocoque dans ces cas, c’est le permanganate de potasse. De nombreux auteurs l’ont expérimenté, depuis les recherches de Janet; et dans ces dernières années deux thèses intéressantes ont donné des indications précieuses sur ce sujet : ce sont la thèse de Delaroche (1893) et la thèse de Tixeron (1894). Mais les grands lavages au permanganate de potasse ont une heureuse : influence non seulement sur la blennorrhagie, mais encore sur ses manifestations articulaires,
Nous ferons remarquer que les grands lavages au sublimé, au nitrate d’argent et surtout au permanganate de potasse institués au début d’une blennorrhagie aiguë constituent le traitement prophylactique par excellence du rhumatisme blennorrhagique, et si l’on considère les nombreuses : observations publiées ‘de blennorrhagies aiguës, traitées dès le début par ce procédé, on verra combien sont rares celles qui se sont compliquées de manifestations articulaires. À plus forte raison comprendon la nécessité d’instituer ce traitement abortif chez les malades qui ont déjà eu une attaque de rhumatisme, à l’occasion d’une blennorrhagie antérieure. ,
M. Balzer a eu l’occasion de traiter un malade chez lequel la blennorrhagie avait provoqué très promptement un rhumatisme dans une première atteinte, et qui échappa au rhumatisme lors de la seconde, grâce. à l'emploi
énergique et prompt des lavages.
Manuel opératoire du traitement de l’uréthrite par les
grands lavages.
Les grands lavages de l’urèthre se font ordinairement au moyen du laveur en tôle émaillée, muni d’un long tube de caoutchouc lequel se termine par des embouts appropriés (ceux de Lavaux ou de Balzer, ou par une canule de verre). Nous n’insisterons point sur le manuel opératoire des lavages souvent décrit dans ces derniers temps, on en trouvera des descriptions détaillées dans les travaux de M. Janet, dans les thèses de Delaroche (1893), de Tixeron (1894), de Canova (1895), etc.
Les lavages que nous préférons et qui sont aujourd’hui le plus souvent employés, sont céux au permanganate de potasse. On commence par la solution à 1/4000 et une fois le malade habitué aux lavages, on emploie les solutions à 1/2000 et jusqu’à 1/1000; toutefois on surveille la sensibilité du malade et si les solutions fortes sont mal tolérées et semblent exciter l’inflammation uréthrale, on revient aussitôt à des solutions faibles. Ordinairement, on institue deux lavages par jour et chaque fois on fait passer au maximum un litre du liquide; les solutions tièdes sont préférables aux solutions froides.
Le lavage doit être fait s’il le faut, au lit du malade et ne doit pas être pratiqué par le malade lui-même, au moins les premières fois.
H faut avoir la précaution de laver le gland et le méat