CHAPITRE VII
Traitement.
Nombreux sont les médicaments préconisés pour le traitement du rhumatisme chronique noueux, mais aucun, Jusqu'ici, n’a donné des résultats décisifs.
Le rhumatisme chronique, frappant surtout la classe pauvre, soumise aux plus mauvaises conditions hygiéniques, il faudra, avant tout, faire une application attentive et méthodique de l'hygiène : air sec et pur, bonne alimentation, hygiène corporelle, tel est encore le meilleur traitement.
A ces moyens naturels, on ajoutera les médicaments qui ont paru atténuer et modifier la marche de la maladie.
Dans les poussées aiguës, chez les enfants à rhumatisme noueux, on se servira avantageusement du salicylate de soude (2 à 4 grammes par jour), et de l’'antipyrine (1 à 2 gr. par jour).
Le salicylate de soude peut être remplacé par le
salicylate de méthyle, qui s’absorbe par la peau. Duquesney , 3
Legendre préconise l'emploi de la teinture d'iode à l'intérieur, à la dose de X gouttes,
Pour Jules Simon, la teinture de colchique est d'un emploi avantageux chez l'enfant. Il la prescrit ainsi :
1° Le soir, une heure avant le diner, faire prendre dix gouttes de teinture de colchique ;
20 Continuer huit jours durant ;
3° Repos d’une semaine ;
4° Continuer ainsi jusqu'à complète guérison.
Les douleurs locales sont alténuées par des applications de teinture d’iode, d'huile camphrée chloroformée, et encore par des bains de sable chaud.
Dans la forme chronique d'emblée, on emploie surtout l’iode et l’iodure de potassium, mais sa véritable médication réside dans l’hydrothérapie, le massage et surtout l'électricité.
Jules Simon recommande les eaux chlorurées de Bourbonne-les-Bains, présentant une température de 56° à 580, et celles de Salins (Jura), Salins-le-Moutiers (Savoie), Salies de Béarn (Basses-Pyrénées) et la Motte-les-Bains (Isère) pour les rhumatisants lymphatiques ou scrofuleux ; Plombières et Royat pour les dyspeptiques ; Luxeuil pour les jeunes filles chlorotiques.
On évitera avec grand soin les eaux de Vichy, et les autres stations balnéaires qui n’ont sur l'enfant «qu’une action dépressive ».
Par le massage, on essaie par des manœuvres de
douceur de détruire les attitudes vicieuses et de rétablir les fonctions articulaires.
Mais le véritable traitement de choix de la forme chronique estle traitement électrique. C’est par l’électricité que les meïileurs résultats ont été obtenus. Le docteur Boudet, cité par Lacaze, dit à ce sujet : « La galvanisation à pour résultat : 1° de faire cesser très rapidement les douleurs ; 2° de faire disparaître les contractures ; 3° d'aider à la disparition des nodosités. Prolongée quelque temps, elle diminue également l'atrophie des muscles et les paralysies ».
En 1902, Lecoconnier, thèse de Paris, a proposé de remplacer la galvanisation par la franklinisation «qui a tous les bons effets des courants continus, tout en étant le modele moins douloureux et celui qui s'attaque le mieux aux effets morbides ». La franklinisation est mieux supportée parle malade. Dans ce cas, on emploie l'électricité sous forme de bain statique, de l’aigrette et de la friction.
D'autre part, Allaire, de Nantes, a essayé la cataphorèse, qui consiste dans l'introduction d’un médicament dans l'organisme par lélectrolyse. Dans le cas de rhumatisme chronique, le malade est traité en plaçant ses mains dans une solution d'iodure de potassium en rapportavec le pôle négatif. Les résul-
tats de cette méthode sont encore incertains.