‹ Du Rhumatisme Nerveux Chronique Chez l'EnfantChapitre 12 sur 22 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Communiquée par M. le Dr Barbier).

Joseph C..., 15 ans, entre à l'hôpital Hérold, le 19 septembre 1902, dans le service de M. le Dr Barbier, pour des douleurs articulaires survenues trois semaines auparavant.

Antécédents héréditaires. — Mère, 45 ans, tousse souvent : père 48 ans bien portant; un autre enfant, plus âgé, rhumatisant ; une sœur bien portante,

Antécédents personnels. — Joseph C.., a eu déjà plusieurs crises de rhumatisme articulaire : une à trois ans ; une deuxième à six ans, ayant duré quinze jours environ ; une troisième à neuf ans, ayant duré trois semaines et siégeant aux genoux et aux pieds; une quatrième à 12 ans, même durée et même localisation que la précédente. Enfin la crise actuelle ayant débuté par lecou-de-pied et les genoux. Joseph C... a des palpitations depuis deux ans, et s’essouffle facilement.

Voici, à la date de septembre 1902, l’état du malade.

Le rhumatisme siège au niveau des deux articulations coxofémorales, et occupe aussi les deux épaules, les coudes et les

mains surtout à gauche. La douleur est très vive. Les régions

sont tuméfiées, chaudes, la peau a gardé sa couleur normale, La moindre pression exagère les douleurs du malade.

Joseph C... éprouva des palpitations et de la douleur précordiale. A l'’auscultation, les bruits du cœur sont assourdis ; le premier bruit à la pointe a presque disparu.

Les urines sont pâles, troubles; l’albumine s'y trouvée en petite quantité.

Comme état général, le malade a le teint pâle, est abattu, a des sueurs acides et abondantes, une température de 3908.

Comme traitement, on ordonne le salicylate de soude, le régime lacté absolu, des ventouses scarifiées dans la région précordiale.

Le 22 septembre on trouve un frottement péricardique très doux, une température de 3802, légère amélioration de l’état général,

Le 26 septembre : le premier bruit du cœur sourd à la pointe; persistance du frottement péricardique ; température 375.

30 septembre. — Examen du cœur. — À la main, sensation de frottement très léger à la partie moyenne de la région précordiale. Le cœur est un peu hypertrophié ; la pointe bat au niveau du cinquième espace. À l’auscultation, double bruit de frottement ; léger souffle systolique à la pointe.

Examen des articulations. — Les douleurs persistent, très intermittentes au niveau de la région cervicale. Elles sont plus vives au niveau de la main gauche et du poignet.

Main gauche. — Gonflement considérable du dos de la main et du poignet. Les doigts sont demi-fléchis et légèrement écartés les uns des autres.

La pression est très douloureuse au, niveau de l'articulation

TR radio-carpienne, carpo-métacarpienne, moindre au niveau des articulations des doigts.

Main droite. — Le gonflement à disparu. On trouve des déformations au niveau des articulations des doigts. À l’auriculaire, hypertrophie des épiphyses articulaires de la phalange, de la phalangine et de la phalangette. Aspect noueux. L’axe du doigt est dévié, de sorte que le doigt est incurvé légèrement en dedans.

Déformations analogues, mais Prada au niveau des articulations des autres doigts ; l’index ne peut être fléchi complétement.

À chaque pied, le gros orteil est légèrement dévié en dehors, mais surtout l’orteil gauche; déviation en dedans des petits orteils, avec hypertrophie des articulations métatarso -phalangiennes.

Le 7 octobre, disparition des douleurs au cou, aux poignets et au cou-de- pied. La main gauche ne présente plus de gonflement. On observe les mêmes déformations des doigts qu'à la main droite.

Après des alternatives d'exacerbation et: d'amélioration, les douleurs ont totalement disparu le 2% octobre ; mais le frottement péricardique persiste légèrement ; à la pointe, la systole est soufflante ; le souffle se propage vers l'aisselle.

Sorti le 3 novembre, Joseph C... est revu le 19 janvier 1908. Il présente alors les lésions suivantes :

Main gauche. — Au petit doigt, la phalangette est déjetée en dedans ; un peu de tuméfaction de l'articulation de la deuxième phalange avec la troisième. Au médius, tuméfaction de l'arti-

culation de la première phalange avec la deuxième ; à l'index,

tuméfaction de l'articulation de la deuxième phalange avec la troisième : cette articulation est déjetée en dehors.

Main droite. — Au petit doigt, l'articulation de la deuxième phalange avec la troisième présente une légère tuméfaction, la phalangette est rejetée vers l’axe de la main ; à l’annulaire, mêmes lésions, mais moins marquées.

Au médius, tuméfaction de l'articulation de la première phalange avec la deuxième, de plus, il ÿ a tendance à la flexion ; l'index présente les mèmes lésions que le médius, mais en outre,

il est déjeté en dedans.

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