OBSERVATION IV
(M. le Professeur Grancher).
Revue internationale de médecine et chirurgie, 10 février 1900.
Petit garçon de onze ans. Son père est âgé de 35 ans, dyspeptique, hémorrhoïdaire. Sa mère a eu huit enfants ; quatre sont morts, dont un de méningite, Notre petit malade a été pris, il y a trois mois, d'une attaque de rhumatisme articulaire aigu, avec gonflement et douleur du pied droit, puis de la hanche droite, Il était pâle, amaigri, ce qu'il est resté encore. A son entrée à Phôpital, il souffrait surtout à droite, et surtout au pied, car c'est là une remarque qui a son importance. Chez les garçons, le rhumatisme chronique déformant débute par le pied ; chez les petites filles, par la main, Il allait mieux, quand successivement en quinze jours il eut trois nouvelles poussées et à la dernière, le cœur, jusqu'alors indemne, se prend. Il vomit. Le pouls est irrégulier et lent. On entend à la base du cœur un souffle léger, il a des palpitations, et tout pouvait faire croire à une péricardite. Aujourd'hui, il n’a plus rien du côté du cœur, et nous devons en conclure qu’une des poussées, au lieu d’être articulaire, est arrivée jusqu’à la cardiopathie. Dernièrement il a
encore eu une nouvelle poussée, Aussi mon pronostic est-il
très réservé, la face dorsale du pied reste gonflée, tuméfiée, rouge. L'articulation tibio-tarsienne, le genou, quoique non gonflés, sont douloureux à la pression, aux mouvements provo— qués. Je le fais marcher quelques pas devant vous. Vous croiriez voir un coxalgique. Îl n’a pas bien supporté le salicylate de soude, et le seul médicament qui l'ait soulagé est le salicylate de
méthyle en applications locales,