OBSERVATION V
Clinique de M. le professeur Grancher.
Revue internationale de Médecine et Chirurgie, 10 février 1900.
Petite fille tout à fait impotente. Toutes ses articulations même celles de la colonne vertébrale sont prises depuis quatre ans. Elle est entrée à l'hôpital en février 1896. Son père et sa mère, bien portants, ne sont ni Pun ni l'autre rhumatisants. Elle n'a jamais été malade jusqu'à l’âge de 8 ans. Pourtant on a remarqué qu'elle se tenait à l'écart des autres enfants, un peu maussade, n’aimant pas jouer.
En janvier 1805, elle est atteinte de rhumatisme à la main droite, puis au poignet, puis au genou du même côté. Ce début vient à l'appui de ce que je vous disais tout à l'heure, sur la manière dont s'installe l'affection suivant les sexes. La main se prend d’abord. On la soigne par des applications d'iode, de pointes de feu, les douleurs persistent, et on l'envoie à Forges
pour deux mois. La marche est impossible, et les déforma-
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tions articulaires s’accentuant, elle prend le lit en octobre 1895, pour ne plus le quitter. À son entrée, on fit le diagnostic de rhumatisme chronique avec épaisissement des surfaces articu— laires, déformation des malléoles. Le cœur a sa pointe notablement abaissée, avec un souffle systolique faisant penser à un début d'insuffisance mitrale. Depuis, elle a eu de nombreuses poussées, l’ankylose est survenue, de plus en plus complète, le souffle a persisté, avec un pouls petit.
Toutes ses articulations sont complétement déformées. Seuls les doigts de pied sont à peu près épargnés. Je vous montre les radiographies des mains de ces deux malades (Voir observation précédente). Chez la petite fille, le tissu osseux semble peu malade ; il n’y a pas d’ostéite; l’épaisissement des articulations se présente avec l'aspect clair de l'état physiologique. Au contraire, chez le petit garçon, il y a des lésions osseuses, les phalangiennes sont gonflées, on voit nettement l’envahisse-
ment du processus fibreux.