OBSERVATION VI
(M. G. Variot).
Bulletin de la Société de Pédiatrie, Paris 1902.
Le jeune Gaston R..., âgé maintenant de 9 ans, est entré dans mon service à l'hôpital des Enfants, salle Damaschino, no 7, le 7 novembre de l’année 1901.
Il nous était envoyé par un médecin du département de
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l'Oise qui avait refusé de se prononcer sur la nature dela maladie dont il était atteint depuis le mois de janvier de cette même année rO0t.
D'après les quelques renseignements que nous avons pu recueillir, lors de son entrée dans nos salles, ce garçon, jusque là bien portant, aurait eu successivement la rougeole, puis la scarlatine dans le courant de janvier 1907. Ce serait à la suite de la scarlatine qu'il aurait été pris de douleurs dans les articulations qui le retinrent assez longtemps au lit: depuis lors, il a toujours eu la plus grande difficulté à marcher et à faire tous ies autres mouvements des membres qu'il accomplissait auparavant.
Lorsque nous le vimes pour la première fois à la consultation externe, il avait le facies tellement bouffi que nous crûmes à un anasarque avec albuminurie : mais la mêre de l’enfant nous affirma que cette enflure déjà ancienne ne s’accompagnait pas d'albumine dans les urines et que les recherches du médecin traitant en ce sens avaient été infructueuses,
Au commencement de novembre, outre cette bouffissure de la face très singulière avec légère rougeur de la peau et fine desquamation pityriasique, outre un état œdémateux de la peau aux avant-bras, aux jambes, aux cuisses et à la partie inférieure du tronc, les troubles fonctionnels du côté des articulations étaient les suivants :
A part les articulations des doigts et des orteils qui sont indemnes, de même que celles de la tête avec le rachis, toutes les grandes articulations sont le siége d’une raideur très marquée avec demi-ankylose : impossibilité de fléchir la main sur Vavant-bras ; l’avant-bras est dans la demi-flexion habituelle
avec impossibilité de l'étendre complétement ; mouvements de
. flexion limités ; à l'épaule on ne peut lever l'humérus jusqu'à
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l'angle droit avec le tronc. L'’enfantpeut mang2r seul, mais est très peu habile de ses mains.
Aux jambes, l'articulation tibio-tarsienne est particulièrement raide, le pied est fixé dans une demi-extension et l'enfant ne marche que sur la pointe des pieds ; il ne peut pas appuyer le talon parterre. Les jambes sont normalement dans l'extension sur les genoux et on n'obtient qu'une flexion très limitée de la jambe sur la cuisse: enfin les mouvements de flexion sont encore bien plus réduits dans les hanches, l'enfant ne peut pas se baisser pour ramasser un objet et encore moins s’accroupir. Les mouvements sont limités aussi dans les articulations des mächoires.
Tous les autres organes paraissent fonctionner normalement, les urines ne sont pas albumineuses, L'examen du cœur seul révèle une lésion bien caractérisée ; à l’auscultation. on entend un souffle doux, systolique à la pointe du cœur en rapport avec une insuffisance de la valvule mitrale. Le cœur est très légèrement augmenté de volume, mais il n’y a pas de trouble de là circulation périphérique.
Etant donné cet ensemble symptomatique de l'évolution lente des arthropathies, on porta le diagnostic de rhumatisme chronique des grandes articulations, avec lésion mitrale, probablement consécutif à une scarlatine, Je n'osai me prononcer sur la nature de l'œdème généralisé accompagnant cette affection arhculaire. Je prescrivis des bains chauds et des massages quoüdiens et j administrai chaque jour 2 grammes d'iodure de sodium.
Peu de temps après son entrée, l'enfant eut une élévation thermique durable et plus tard une poussée furonculeuse qui
dura trois mois et que j imputai à l'usage prolongé de l’iodure,
À Ja fin de mars, l'état général de cet enfant ne s'était guère amendé, et nous n'avions gagné que très peu pour la souplesse des articulations, quoique les massages fussent répétés quotidiennement par l’un des externes du service, Je me décidai alors à tenter le jus de citron qui a été recommandé ces derniers temps.
Après deux mois, cette médication empirique (l'enfant prend tous les jours le jus de six citrons en limonade) me paraît avoir déterminé une amélioration très sensible. L'enfant a recommencé de marcher toujours sur la pointe des pieds, ses articulations sont un peu plus souples et ses fonctions motrices sont un peu plus faciles.
Nous avons l'espoir de voir rétrograder encore ces arthropathies, car autant qu'on peut en juger, les lésions articulaires siègent plutôt dans les synoviales et les appareils ligamenteux
que dans le squelette qui nulle part n'est notablement déformé.
OBSERVATION VIT R. Cruchet. (Bulletin de Gynécologie de Bordeaux, 1903).
Marie L..., est âgée de 12 ans. Nourrie au sein, sevrée à 18 mois, ayant parlé, marché et mis ses premières dents en temps normal, Marie L... grandit et se développa sans aucun incident. Elle atteignit ainsi sa huitième année. C’est vers cette époque qu'elle fat prise brusquement de douleurs assez vives
dans les hanches et les genoux; elle s’alita, mais pas plus de
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trois jours; les articulations intéressées ne présentèrent aucune enflure appréciable, il y eut peu ou pas de fièvre et au bout d'une quinzaine de jours, la marche elle-même un peu gênée d'abord par la douleur, était redevenue absolument normale.
Néanmoins, depuis ce moment, l'enfant ne cessa jamais complétement de ressentir quelques phénomènes douloureux, d'ailleurs essentiellement fugaces et légers, ils ne survenaient que de temps à autre, ne persistaient guère, n'entravaient aucun mouvement et n’obligeaient point à un repos forcé même de courte durte.
Ces douleurs articulaires fugitives, après s'être. montrées pendant dix-huit mois environ, au niveau des hanches et surtout des genoux, en respectant toujours les articulations des pieds, ont complétement abandonné les membres inférieurs pour se porter vers les supérieurs. Alors elles se sont promenées tantôt au niveau des épauleset tantôt sur les coudes, n'intéressant jamais ensemble les deux articulations d’un même membre ; depuis un an, elles ont disparu à peu près des épaules et des coudes pour gagner les poignets et ensuite les extrémités digitales.
C'est à partir de ce moment que cette polyarthrite, qui jusque-là n'avait aucunement attiré l'attention, à cause de ses allures superficielles et passagères, entra dans une nouvelle phase.
Depuis six mois environ, les médius, et eux seuls, ont grossi peu à peu d'une façon toujours progressive, sans accès de fièvre ni crise douloureuse à aucun instant. Etce gonflement est arrivé aujourd'hui à de telles proportions qu'il défigure complétement l’aspect ordinaire de ces doigts,
Examen des médius. — Chaque médius offre une conformation