‹ Du rhumatisme viscéralChapitre 22 sur 49 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Des affections viscérales qui peuvent survenir dans le cours (lu riiumatisiiie articulaire clironique.

Nous nous proposons, dnns ce chapitre, de traiter des affections viscérales qui peuvent se montrer dans le rhumatisme articulaire chrotiique. Nous serons bref siu' ce point, car les développements que nous avons donnés à la première partie de notre sujet nous dispenseront désormais d'entrer dans beaucoup) de détails.

Nous ne sommes plus en présence d'une affection nettement tranchée, comme le rhumatisme articulaire aigu : il s'agit d'une maladie dont les limites sont moins précises et qui comprend des formes vagues et mal déterminées. Il nous paraît donc indispensable, avant d'entrer en matière, de définir le rhumatisme chronique et d'en énumérer les principales variétés.

Le rhumatisme articulaire chronique primitif est le type du genre. Il y a cependant lieu de distinguer :

1° Le rhumatisme articulaire chronique progressif (Charcot); c'est le rhumatisme noueux, le rhumatisme articulaire chronique primitif. 11 peut succéder cependant au rhumatisme articulaire aigu.

2° Le rhumatisme articulaire chronique partiel, arthrite sèche des auteurs, ne diffère pas essentiellement du précédent. Il a été étudié surtout en chirurgie.

3" L'affection décrite par Ileberden ', (jui est carac-

* Commonlarii de murborum historia,c{c. Frankl'ort, 1804.

térisée par des nodosités des phalangettes. Elle est souvent associée aux deux variétés que nous venons de décrire; aussi plusieurs auteurs ont-ils confondu ces trois formes entre elles et surtout avec la goutte.

Adams avait autrefois désigné cette affection sous le nom de chronic rheumatic arthrilis; les idées de cet auteur, qui s'attache à démontrer l'identité des trois espèces de rhumatisme chronique, avaient été mises de côté depuis longtemps, lorsque M. Charcot les a reprises et confirmées *.

L'affection qui nous occupe peut être considérée comme la représentation à l'état chronique de la maladie que nous venons d'étudier à l'état aigu : il est vrai qu'elle est le pkis souvent primitive; cependant elle se relie par des transitions insensibles à la forme aiguë du rhumatisme : c'est ainsi qu'on voit quelquefois le rhumatisme noueux succéder au rhumatisme articulaire aigu, soit immédiatement, soit après un laps de temps plus ou moins considérable.

Nous allons étudier les manifestations viscérales du rhumatisme chronique dans chacune des trois formes de la maladie, mais surtout dans le rhumatisme noueux, qui en est la forme la plus commune.

Le rhumatisme noueux a été si longtemps confondu avec la goutte, qu'on lui a souvent attribué des affections internes qui appartiennent essentiellement à cette dernière maladie^. Cependant, iiprès avoir éliminé tout

1 Consultez à ce sujet les Thèses de doctorat de MM. Charcot (1853), Trastour (1855), et Plaisance (1858).

* Consultez à ce sujet les Thèses déjà signalées, et de plus : Vidal, Thèses de Paris (18î>'J), et Cornil, Mémoire sur les coïncidences patho-

ce qui n'appartient pas à notre sujet, nous retrouverons dans le rhumatisme chronique la plupart des lésions viscérales que nous avons rencontrées dans la forme aiguë.

§ I. — Appareil circulatoire.

A. Maladies du cœur.

Il est assez rare de rencontrer des afifections cardiaques dans la forme chronique du rhumatisme articulaire^; cependant il ne faudrait pas nier l'existence de cette complication d'une manière absolue, comme nous allons le prouver.

Les maladies du cœur peuvent s'associer au rhumatisme chronique dans deux conditions fort différentes. Tantôt, et c'est le cas le plus fréquent, l'endocardite ou la péricardite se sont développées pendant l'accès aigu qui a précédé le rhumatisme chronique : elles ont alors persisté ou se sont manifestées de nouveau après être restées latentes pendant de longues années; c'est surtout dans les cas d'endocardite qu'il en est ainsi. Tantôt, au contraire, l'arthropathie chronique est primitive, et l'on est alors forcé de reconnaître que l'affection cardiaque s'est développée sous son influence.

Romberg avait déjà signalé en 184G la coïncidence d'une lésion mitrale avec le rhumatisme chronique*:

logiques du rhumatisme articulaire chronique (SociOlé tic biologie, t. IV, •4" sér., 1865, p. 3 Mémoires).

1 Stokes, Diseases uf Ihe hcart, |). UJ. Diil)liti, 1857). — Ailaïus, A Troaiiseonrheumatic goût or chronicrheumatic arlhritii;. Dublin, 1857,

- Klinische Ergebnisse, p. H5. IJorlin, ]8-i(>.

mais chez le malade dont il rapporte l'observation, il y avait eu un rhumatisme articulaire aigu douze ans auparavant. MM. Charcot et ïrastour en ont aussi rapporté des exemples dans leurs thèses '. Depuis cette époque, l'attention de M. Charcot s'étant portée sur ce point spécial, il a eu l'occasion de rencontrer trois fois des altérations de cette espèce chez des femmes atteintes de rhumatisme articulaire chronique et primitif. Nous allons rapporter ici deux de ces observations.

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