‹ Du Rio-NunezChapitre 11 sur 21 · ETHNOGRAPHIE · texte numérisé non relu

ETHNOGRAPHIE

Race. — Les Landoumas, les Nalous et les Bagas sont les trois peuplades qui occupent la région du Rio-Nunez, et vont s’étageant de haut en bas sur le cours de la rivière.

Ce sont des nègres de complexion et de taille moyennes, plutôt chétifs que robustes et peu aptes au travail. L’insalubrité de leur pays explique cet état de choses et rend compte

(4) C'est en prenant pour base l’action de l'électricité sur la végélation que le docteur W. Siemens a proposé l’hortieulture électrique. (Revue », scientif., n° 39, 14880.) )

de

de l’espèce de déchéance imprimée à la race dont ils sortent.

D’après M. le professeur Layet (1) les Landoumas et les Nalous sont les derniers représentants des Djalonkés, rameau de race sonninké.

Les Bagas, qui se trouvent groupés vers l’embouchure du Nunez, peuvent être considérés comme les anciens possesseurs du sol refoulés par les possesseurs actuels.

Organisation politique. — Ces peuplades, placées sous le protectorat de la France, sont gouvernées par de petits rois, auxquels le gouvernement de la République paie une rente annuelle, d’ailleurs peu élevée.

Au Rio-Nunez, il n’existe ni code ni loi. On y vit à l’état primitif le plus absolu, s’en tenant à l’observance de Ia loi naturelle.

Il n’y a pas de magistrature, mais un seul juge; c’est le roi, qui tranche les différends ou les griefs, et punit les délits ou les crimes, tantôt par le bâton,tantôt par la mort, selon la gravité des cas. Nous n’avons vu d’ailleurs qu’une seule fois une sentence ae mort prononcée par le vieux Sarah, roi de Boké, contre un nègre étranger au pays, qui fut convaincu de vol et de tentative d’assassinat avec état de vagabondage habituel.

L'impôt n’est connu que sous forme de dime. Le roi est de droit propriétaire de tout le sol, et ceux de ses sujets qui désirent se livrer à la culture ou y occuper leurs esclaves, demandent au roi de leur concéder telle ou telle étendue de terrain. Le jour de la récolte venu, le roi a sa part. Mais disons que personne n’abuse de cette liberté, et que presque tout le sol reste en friche.

L’esclavage existe, mais tempéré par la douceur naturelle des Rio-Nunéziens ; les esclaves sont plutôt considérés comme

(1) Layet. Hygiène intertropicale. (Archives de méd. navale, 1878.)

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faisant partie de la famille de leurs maîtres et travaillent presque aussi peu que ceux-ci. Dans ces conditions,on conçoit qu’il n’y ait pas d'évasion. Il n’en était pas ainsi avant l’abolition de la traite des nègres; les prisonniers de guerre étaient vendus par les roitelets du pays à des négriers qui venaient y chercher , comme à la Côte des esclaves, leur cargaison humaine.

Mœurs. — Les mœurs sont d'une douceur extraordinaire et contrastent étrangement avec celles des peuplades du Dahomey et de la Côte des esclaves (1). La férocité y est inconnue, du moins en temps de paix; et dans l’exécution capitale à laquelle nous avons pu assister, les bourreaux nous ont paru plus émus que la victime. L’anthropophagie semble avoir toujours été inconnue dans ce pays, et notre conviction est que, dans des cas de détresse extrême. les nègres du Rio- Nunez préféreraient se laisser mourir d’inanition plutôt que d’user de chair humaine.

Mariage. — Les unions sont libres et ne sont soumises à aucune loi. Elles n’ont d’autre caractère d’indissolubilité que l’espèce de réprobation qui atteint celui qui délaisse son conjoint sans motif suffisant. L'entrée en ménage se fête par un repas auquel sont invités les parents et les amis, et où l’on danse à grand orchestre et en brûlant force poudre. Les salves de mousqueterie, en effet, sont de toutes les fêtes et paraissent être le plaisir suprême de ces grands enfants.

La polygamie existe, mais elle est rare, car il n’est pas fréquent de rencontrerdes noirs assez riches pour doter, nourrir, habiller et parer plusieurs épouses. Mais la pauvreté est le

(1) Féris. La Côte des esclaves. (Archives de méd. navale, 1879.)

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seul frein à leurs goûts polygames, car, dès qu'un indigène se trouve suffisamment riche pour cela, il s’empresse de convoler en deuxième ou en troisième noce, sans abandonner toutefois sa première femme, qui reste de droitmaîtresse de maison ou sultane favorite; les nouvelles épouses lui doivent l’obéissance, et leur fidélité est placée sous sa garde. Cependant, l’infidélité dans ces unions primitives est presque de tradition, et aussi commune chez la femme que chez l’homme. Ce fait a d'autant plus lieu d’étonner que, avant son mariage, la jeune négresse du Rio-Nunez a une conduite ordinairement irréprochable. Il est vrai que cette sagesse peut n’avoir d’autre motif que la crainte d’une épreuve bizarre.

Une croyance générale, et qui fait foi, excuse en quelque sorte la polygamie : c’est la conviction absolue chez les mères que le fétiche empoisonnerait leur lait et tuerait leur enfant, si elles subissaient les approches d’un homme pendant toute la durée de l’allaitement, qui est de deux ans au moins. Et on voit ces femmes noires rester inattaquables quelle que soit la tentation, tant est grande la force qu’elles puisent dans l’amour maternel.

Religion et coutumes. — La religion consiste dans un fétichisme bizarre. Un tronc d’arbre grossièrement sculpté représente le Sinon et est confié à la garde du grand féticheur, qui le tient caché à l’abri des yeux profanes. Pour célébrer ses mystères, on le porte la nuit dans les bois sacrés, où on fête le Simon par une orgie d’alcool et une musique constituée par un bruit assourdissant de ferraille.

Les noirs naïfs attribuent toutes sortes de maléfices au Simon, et s'expliquent ainsi les accès pernicieux qui quelquefois les enlèvent en quelques heures de la façon, pour eux, la plus incompréhensible.

La religion des femmes diffère de celle des hommes, et

D LE ceux-ci ne sauraient y participer. Elles ont leurs bois sacrés et leurs mystères, auxquels aucun homme n’est admis.

Une coutume barbare se rattache à leurs rites mystérieux ; c’est la pratique de l’excision totale des nymphes et du clitoris. Quanä la nubilité est près d’éclore, les petites négresses sont conduites dans des bois profonds, où une vieille féticheuse procède au sacrifice barbare, au milieu du bruit du tam-tam et des chants de circonstance. C’est par groupes de plusieurs que ces vierges noires, âgées alors de dix à douze ans, sont ainsi mutilées, et les fêtes qui marquent la fin de la cicatrisation de leur plaie sont empreintes d’une certaine originalité.

: Vers le même âge, les hommes subissent aussi la circoncision, qui est pratiquée par le grand féticheur, auquel nous avons dû reconnaître une grande habileté dans ce genre d’opération.

À propos de fêtes, disons que jamais peuple ne nous parut plus heureux que celui de Boké. On y chante et on y danse à propos de rien et de tout, et pendant nos quatorze mois de séjour nous avons entendu à peu près quotidiennement leur affreux tam-tam et leurs chants suraigus et discordants.

Aliments. — La nourriture des noirs consiste surtout en couscous, préparé avec du mil pilé, auquel s’ajoute l’usage du riz, du maïs, de la farine de houlle, des pistaches et de tous les fruits naturels, si abondants dans la zone tropicale. L’usage de la viande est rare, par suite de la pauvreté ordinaire des indigènes. Ils sont friands de gibier, de volaille et de poisson, et le mouton est le plat des grandes fêtes. Le bœuf n’est pas rare et ne sert qu’aux échanges et à l’alimentation. Enfin, les naturels se font un régal de la chair de crocodile.

Boissons. — L'eau de la rivière est limoneuse pendant l’hivernage et saumâtre pendant l’été. Aussi les noirs eux-

nee mêmes ne sauraient songer à s’en servir comme boisson. Mais le village de Boké jouit d’une eau excellente, fournie par une source qui tombe en cascade d’une hauteur de 4 à 5 mètres, en sortant d’un fourré inextricable, au pied du mont Saint-Jean. Cette eau est limpide, bien aérée, riche en sels et se prête parfaitement à la cuisson des légumes ; malheureusement elle n’est jamais fraîche, si ce n’est pendant quelques rares nuits de janvier.

L’eau ne constitue pas l’unique boisson des nègres. Ils boivent volontiers une liqueur fermentée, faiblement alcoolique et assez analogue au vin de palme, qu’ils préparent avec des souqués. Ils préfèrent encore le vin ordinaire ou les liquides les plus riches en alcoo!, et se livrent volontiers à l’ivrognerie. Aussi ce vice est-il commun, et le roi de Boké luimême en donnait fréquemment l'exemple à ses sujets, malgré son grand âge et sa haute dignité. Au contraire, les naturels convertis à l’islamisme (ils sont rares en rivière) s’abstiennent scrupuleusement de tout liquide alcoolique, par exemple, le roi de Sougoubouly.

Vêtements. — Les hommes portent le boubou, sorte de grande blouse à forme spéciale. Les femmes sont vêtues de piéces de cotonnade longues de 2? à 3 mètres et larges de 1 inètre 50 environ. C’est le pagne, qu’elles serrent autour des reins, en le nouant par devant, tantôt au-dessus et tantôt audessous des seins. Ces mêmes pagnes leur servent à maintenir leur enfant, qu’elles placent à califourchon derrière leur dos. Celui-ci, soutenu par la cambrure du sacrum et la saillie des hanches, est maintenu en arrière par le pagne, qui l’embrasse et va se nouer au-dessus des seins, car les négresses trouvent commode de se servir de cette saillie naturelle comme d’un point d'appui. C’est surtout cet usage, ainsi que la durée de l'allaitement, qui expliquent la chute rapide et irréparable des

RP CS PPS seins chez les négresses de la côte d’Afrique dès qu’elles sont devenues mères. Mais l’enfant paraît tout heureux de ce mode de transport, et il dort profondément, tandis que sa mère peut vaquer à ses occupations.

Ajoutons que la coquetterie est générale chez les négresses, et qu’elles ont le goût de la parure développé à l’excès.

Habitations. — Les cases se composent de murs en argile surmontés d’un chaume. Celui-ci est constitué par une membrure en bambous recouverte de paille solidement fixée à l’armature et impénétrable à la pluie. Ces chaumes sont renouvelés tous les ans. Ils débordent habituellement de 1 mètre ou 2 le niveau du mur, qui est élevé de 2 mètres 50 à 3 mètres. Le sol de la case est recouvert d'une couche d'argile pétrie et fortement foulée. Cette couche est ensuite garnie de pattes. :

Un lit en bois occupe assez souvent un coin de la case. Il est quelquefois couvert d’une paillasse ou sorte de matelas en foundégni. Mais la plupart ‘des nègres, et surtout les esclaves, couchent par terre, sur de simples nattes.

Ces cases, de forme ordinairement ronde, ne possèdent qu’une porte pour toute ouverture. Toutefois, ilexiste une prise d’air par-dessus le mur, entre celui-ci et la toiture de chaume, qui ne le rejoint jamais complètement.

. Ces cases n’ont pas de cheminée ; on y fait pourtant du feu toute l’année, malgré la chaleur. Deux pierres servent de foyer, et la fumée s'échappe par la porte ou par les interstices de la toiture. Les incendies dus à ce système sont assez fréquents.

Enfin, une rigole creusée autour de la case facilite l’écoulement des eaux.

Dialectique. — Les Landoumas et les Nalous parlent un

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idiome spécial. Mais la langue la plus en usage au Rio-Nunez, ainsi que dans une très grande étendue de cette partie de la côte d'Afrique, est le sousou. C’est,l’idiome de l'importante peuplade qui vit en Mellachorée et bouleverse souvent par ses guerres toute cette région. C’est un dialecte aussi primitif que les peuplades auxquelles il sert. On peut l’apprendre facilement, d'autant plus qu’il ne renferme pas plus de quinze cents à deux mille mots, d’après ce que nous avons pu en juger par nous-même.

Morbidité et mortalité. — Les naturels du Rio-Nunez paient un rude tribut à leur rude climat. La mortalité des enfants est surtout grande et a lieu la plus généralement par la fièvre. Tous les auteurs qui ont traité du paludisme ont insisté pour faire ressortir l'influence particulièrement funeste du paludisme sur la première enfance. Ceux qui résisteront à ses atteintes seront déjà aguerris, mais plusieurs cependant succomberont à l’accès pernicieux, dans un âge plus ou moins avancé, et cela, malgré les gris-gris où la protection du Simon. Les noirs paient aussi leur tribut à l’insolation, et nous avons pu constater qu’ils ne jouissent que d’une immunité très relative, tant à l’égard du soleil, qu’à l'égard des miasmes.

La dysenterie fait assez fréquemment des victimes ; mais l’hépalite est rare, et le foie des indigènes parait bien résister aux influences du milieu.

Quoi qu’il en soit, les vieillards sont clair-semés, et la mortalité nous a paru dépasser de beaucoup, à Boké, les proportions qu’elle atteint en Europe, dans les campagnes et même dans les moins saines parmi les grandes cités. En France, en effet, tandis que la mortalité est, pour les campagnes, de 21,5 et pour les villes de 26,1 pour 1,000 habitants (1), et

(1) Chiffres cités par Arnould. (Nouveaux éléments d'hygiène, 1881.)

DT 3 que dans les autres nations européennes, elle s’écarie peu de ce chiffre, au Rio-Nunez, nous la trouvons égale à 25 ou 30 décès par an pour une population d'environ 500 habitants. C'est le chiffre obituaire le plus approximatif et auquel nous nous sommes arrêté, d'après les renseignements les plus précis que nous ayons pu obtenir.

Nous voyons donc qu’en Europe, les villes les plus malsaines, telles que Marseille (où la mortalité est de 34,3 p. 1,000) (1), Naples, Milan et Vienne, ne se rapprochent même pas du chiffre si élevé que la mortalité atteint au Rio-Nunez.

Sépulture. — Le caractère paresseux et insouciant de la race apparaît tout entier dans limportante question des inhumations. Le nègre croit avoir fait beaucoup pour le défunt et pour l’hygiène quand il a creusé un trou de 70 à 80 centimètres de profondeur, où il enfouit le corps roulé dans

une naîte ou un vieux pagne. Il est vrai qu’il pense réparer

sa faute en élevant un petit monticule au-dessus du cadavre. On rencontre à chaque pas de ces monticules aux alentours de Boké, car il n’y a pas de cimetière déterminé, et chaque quartier enterre ses morts au plus près, au gré de son caprice.

Propreté. — C’est en cela surtout que paraît la négligence du nègre. Tous les auteurs qui ont écrit sur ces régions, et tout particulièrement M. Bérenger-Féraud (2), s’insurgent contre l’horrible saleté des noirs, qui vient encore apporter son appoint à l’insalubrité naturelle du pays. Aussi, cet auteur recommande-t-il d'éviter soigneusement de se promener dans les villages ou près des villages nègres sans nécessité. I] affirme avoir constaté maintes fois des accès de fièvre qui

n’avaient point d'autre cause,

(1) Arnould. — Éléments d'hygiène, 1881.

(2) Traité clinique des maladies des Européens au Sénégal.

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En effet, le noir ne s’astreint à aucune précaution et se soucie fort peu de l'hygiène. Il ne croit qu’à ce qui tombe sous ses sens ou à ses gris-gris. L’hygiène restera longtemps à ses yeux une science trop abstraite pour qu’il y ajoute foi.

Les détritus de toutes sortes sont jetés pêile-mêle et entassés autour des cases ou sur la limite du village. Enfin, Je noir désireux de se soulager s'écarte à peine de quelques pas de sa case, et confie à la nature le soin de draïner ses produits. C’est ainsi que les villages constituent de nouveaux et véritables foyers d'infection, comme le fait si bien remarquer M. Bérenger-Féraud.

Population. — D'après nos renseignements, la population riveraine du Rio-Nunez n’excédait pas 3 à 4,000 jhabitants en 1882 et 1883(1). Cette population était répartie en vingt villages,.dont neuf dans le Haut-Nunez (pays des Landoumas ou Landoumataye) étaient régis par Sarah, roi de Boké, et onze dans le Bas-Nunez (pays des Nalous ou Naloutaye), étaient sous l’autorité du vieux Youra Towel, roi de Sougoubouly.

Boké. — Le village de Boké se compose de cinq quartiers, disposés en fer à cheval autour du poste français. Ces quartiers sont, en allant de l’est à l’ouest :

1° Lambagny, comprenant 18 cases;

R& Gorée (résidence du roi) 16 —

3° Tomboya, 12 —

4 Dibiah (adossé au mont St-Jean), comprenant 11 cases; 0° Illiquy, comprenant 14 cases.

(1) Ce chiffre a pu varier depuis, soit par suite du bombardement de Sougoubouly, en janvier 1884, soit surtout par suite de la guerre qui à éclaté par le fait de la révolte de Bokar-Catounou contre Dinah, le nouveau roi des Nalous.

AS L'ensemble de ces cinq quartiers constitue un total de 71 cases. En estimant à sept le chiffre moyen de leurs habitants, y compris les esclaves, nous aurons un ensemble de population d'environ 500 noirs. C’est en faisant un calcul analogue que nous avons évalué la population de tous les villages de la

région à environ 8 à 4,000 habitants.

Culture. — La plus grande partie du sol est en friche, car rien n’égale la paresse des indigènes. Le sol est surtout cultivé par les Toubacayes, nègres de l’intérieur, qui émigrent du Touba avec de nombreux esclaves, pour venir cultiver le sol fertile du Rio-Nunez. Ils sont âpres au gain et bons agriculteurs. Leurs esclaves sont astreints à un rude labeur et travaillent sous le, bâton du maître

La culture consiste principalement en arachides et en sésames, qui sont des produits d’exportation. Dans les endroits inondés on cultive le riz, mais ce produit est consommé sur place, ainsi que le mil et le maïs.

Commerce. — Il consiste en arachides, sésames, amandes et huiles de palme, caoutchouc, cuir, or et ivoire ; enfin, le café, en très faible quantité, de 100 à 500 kilos. Le chiffre en est très variable.

La plupart de ces produits, surtout le caoutchouc, les cuirs, l'or, l’ivoire et le café, sont transportés au Nunez par des caravanes, dont chaque membre porte surla tête un fardeau variant de 20 à 30 kilos. Ces Caravanes, en nombre indéterminé, viennent, soit du Gabou, soit du Fouta-Diâlô, échanger leurs produits contre de la guinée, des étoffes diverses, de l’ambre, du corail, des verroteries et du sel marin.

Les transactions se font par voie d'échanges, et l'argent était à peu près inconnu dans le pays avant notre établissement.

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Les habitants du Rio-Nunez ne fournissent qu’un faible appoint au commerce de leur région. Les différentes factoreries qui sont établies sur les bords du Nunez se trouvent dans les neuf villages suivants : Baralandé, Boké, Ropas, Samiah, Bel- Air, la Portia, Guémé St-Jean, Counchoukou et Victoria. Elles sont gérées par une vingtaine d'employés blancs, ayant sous leurs ordres un certain nombre de noirs. Enfin, de ces diverses factoreries rayonnent des traitants noirs, qui s’écartent un peu de la rivière et s’enfoncent dans le pays pour y porter leurs marchandises.

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