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simples ou bilieux, observés par nous et signalés fréquemment par nos prédécesseurs. Ces différents états nous paraissent tellement liés à la climatologie spéciale du Rio-Nunez que nous ne pouvons les considérer comme des affections sporadiques. |
Disons enfin que l’anémie est inévitable et la dyspepsie habituelle pendant l’hivernage, et que la cachexie succède parfois rapidement aux accès de fièvre.
Maladies sporadiques. — Elles se distinguent par leur rareté.
Les quelques cas d’affections pleuro-pneumoniques observés par nos devanciers ou par nous se rapportent tous à des soldats africains.
Nous n’avons pas eu l’occasion, non plus, d’observer la tuberculose chez les blancs. Les nègres en sont assez fréquemment atteints, et son évolution chez eux ne présente rien d’anormal. Elle évolue lentement, et généralement sans hémoptysies.
La fièvre typhoïde, que nous pourrions appeler la grande endémique des climats tempérés, semble inconnue au Rio- Nunez. Aucun des médecins du poste n’en a observé de cas, même sous forme de fièvre typho-malarienne, si bien décrite par M. Corre et assez fréquente au Sénégal.
Les affections rhumatismales s’y présentent avec toutes leurs variétés, selon la nature diathésique du malade.
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Maladies chirurgicales. — Les tirailleurs sénégalais paraissent à la visite avec un cortège habituel d’ulcères aux jambes, pendant toute la saison pluvieuse. Leur malpropreté incurable et la chaleur humide nous paraissent être la cause de la production et de la nature si rebelle de ces affections. Eiles guérissent facilement avec le retour de la saison sèche.
Nous pensons toutefois que le traitement de ces plaies par l'iodoforme donnerait des résultats plus rapides, convaincu que nous sommes de la nature parasitaire de ces sortes d’ulcères, si longs à se cicatriser et si prompts àse reproduire. Ils sont le fléau de la troupe africaine.
Maladies de la peau. — Le lichen tropieus sévit de tout temps ; l’intertrigo et l’eczéma ne sont pas rares.
Maladies parasitaires. — Le tænia inerme est assez commun. À défaut de tænifuge ordinaire, on peut l’expulser par l’emploi du rhizome frais de dadi-gogo, sorte d’amomacée très commune dans le pays.
Le dragonneau ou filaire de Médine, ver de Guinée, a été observé au Nunez par plusieurs médecins. Toutefois, nous pensons qu’il provenait de germes contractés dans d’autres régions. Nous avons traité un tirailleur chez qui ont évolué successivement trois filaires, que nous avons extirpées par l’enroulement lent et graduel autour d’un cylindre de diachylon.
Maladies vénériennes. — Elles existent là comme Dir tout, mais ne présentent rien de particulier.
Mortalité. — Nous manquons de données pour établir une statistique exacte. En comptant les sept blancs du poste et les trois employés de la douane à Victoria, nous arrivons à un total de dix blancs au service de l'Etat. Or, quoique nos recherches n'aient pu être complètes, nous pensons que la moyenne de la mortalité pour cette petite garnison est de 1 pour 10.
En rapprochant ce chiffre du chiffre obituaire moyen de l’armée en France, où il est de 1 pour 100 (1), nous voyons qu'au Rio-Nunez il est dix fois plus considérable. Ajoutons que nos informations personnelles nous permettent d'affirmer
(1) Arnould. Nouveaux éléments d'hygiène, 1881.
qu'aucun Européen, quelque robuste que soit sa constitution, n’a résisté à six années consécutives de séjour au Rio-Nunez sans payer de sa vie cette imprudence.
Les navires de commerce qui viennent en rivière, surtout pendant l’hivernage, paient parfois un terrible tribut à la malaria. Habituellement, ils ne prolongent pas leur séjour au delà de quinze à vingt jours, et‘ l’intoxication palustre reste à l'état latent, subissant une sorte de longue incubation, pour éclater plus tard avec intensité quand les navires auront pris le large.