‹ Du Rio-NunezChapitre 8 sur 21 · FAUNE · texte numérisé non relu

FAUNE

La faune du Rio-Nunez n’est pas moins variée que sa flore. On en jugera par la rapide énumération suivante :

Mammifères. — Les singes sont très nombreux et d’espèces très variées. Citons particulièrement le chimpanzé (troglodites niger), susceptible d’une certaine éducabilité. C'est l’espèce qui se rapproche le plus de l’homme par l’ensemble de sa conformation.

Le singe noir (clorocebus niger), aux poils noirs et soyeux,

mn oi longs de 85 à 40 centimètres. La peau de ce singe est très estimée et on en fait de fort jolis manchons. Cette espèce de singes ne se laisse pas apprivoiser.

Enfin, différentes variétés de petits singes verts et gris peuplent les mangliers.

Il n’y à ni chameaux, ni ânes, ni chevaux. Ces derniers ne résistent pas au climat. L’âne, au contraire, paraît s’acclimater.

Le bœuf vit facilement et se trouve en abondance. Il est de petite taille et sa chair est de bonne qualité. Les noirs n’ont pas tenté de l'utiliser pour la culture. On le laisse paître en liberté, jusqu’au jour où il est abattu pour l'alimentation. Les vaches, moins nombreuses, donnent très peu de laitet n’en fournissent que pendant quelques mois. Le maximum qu’on puisse obtenir est de trois à quatre litres par jour; plus généralement on n’obtient qu’un demi-litre ou un litre.

Les chèvres ne sont pas rares, et, comme les vaches, elle sont avares de leur lait.

Le chien d'Europe s’acclimate difficilement. Les chiens du pays, de race laobé, ont le poil court et jaune, les oreilles droites et pointues.

Le chat se trouve là, comme partout.

Dans les grands marigots de Bourma et de Tessagouat, on rencontre encore des hippopotames et des lamantins.

La panthère d'Afrique, au gracieux pelage, se rencontre quelquefois jusque sur le territoire de la rivière. Elle est plus commune dans la région des hauts plateaux, où se trouve aussi le lion sans crinière.

Le chat-tigre est commun et rôde souvent autour des habitations.

Le sanglier et l’agouti vivent dans les forêts. On y trouve aussi le lièvre, mais il est rare. Par contre, l’antilope y est à foison, et nous en avons compté sept variétés. Les deux va-

Ce riétés les plus communes sont: l’antilope quib (antilope harnachée des Allemands), et l’antilope grim, la plus petite espèce connue et la plus agile.

Dans les bois qui avoisinent Boké, on trouve aussi une variété d’écureuil plus petit et plus beau que celui de France.

Les rats pullulent et sont un fléau. Dans ce genre se :distingue surtout le rat géant, heureusement peu commun. C’est un destructeur redoutable.

Oiseaux. — Les gallinacés abondent. La poule est plus petite qu’en Europe. Le pigeon s’acclimate bien, mais se voit pourchassé par de nombreux oiseaux de proie. On trouve sur le flanc des collines plusieurs espèces de perdrix, des pintades, des pigeons verts et une profusion invraisemblable de tourterelles.

Les bords de la rivière sont peuplés de hérons, d’aigrettes, de plongeons, de poules d’eau, de sarcelles, de pluviers, de canards sauvages et de bécassines.

Enfin, une infinité d’oiseaux au brillant plumage peuplent les bois. Citons, parmi les plus éclatants, sept ou huit variétés de colibris, de geais bleus, des évêques et surtout le foliotocole, dont le plumage revêt un si vif éclat.

D'autre part, les oiseaux de proie sont très communs. Une sorte de gros vautour, connu vulgairement sous le nom de charognard, se charge du service de la voirie et se repaît des matières en décomposition.

Reptiles. — Ils pullulent. On rencontre fréquemment des serpents pythons, dont quelques-uns atteignent 8 à 10 mètres de long. Les ophidiens sont représentés par plusieurs espèces redoutables qui, le jour, restent abrités dans des trous profonds; ils ne sortent que la nuit, en quête de leur proie, Il est alors dangereux de circuler, surtout en dehors des sentiers battus.

CO Les noirs, qui ne craignent rien tant que d’écraser sous leurs pieds ces redoutables espèces, évitent de sortir la nuit.

Les bords et le fond vaseux du fleuve sont habités par un grand nombre de crocodiles, espèce du Nil. Ces amphibies peuvent devenir des hôtes dangereux en cas de naufrage ou de bain dans la rivière. Il en est qui atteignent une taille énorme.

On y rencontre aussi le gavial, au museau allongé et arrondi en forme de spatule à son extrémité.

A terre se rencontre l’iguane, à la chair fine et délicate.

Une tortue de vase, d’ailleurs fort rare, peut aussi se manger. |

Batraciens. — Ils sont innombrables pendant la saison pluvieuse. Leurs croassements éternels constituent un des: supplices de cette région, surtout pour les malades.

Poissons. — Les poissons ne manquent pas en rivière. On y pêche : raies, mulets, perches, soles, etc., qui constituent un élément précieux pour l’ordinaire du poste.

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