PUR
en plein désert, n’est pas un risque; si elle sévit dans une région habitée, elle le devient, parce que, si elle ne cause pas obligatoirement de dommages, elle peut en occasionner.
C’est ce qu’exprime M. Hémard, lorsqu'il dit, dans sa définition: un événement défavorable qui fait naîtr? un besoin. L'’éventualité ne sera défavorable pour l’indvidu qu'autant qu’elle fera naître chez lui un besoin, les deux notions sont intimément liées. Cela revient à dire qu'il n’y a pas de cause sans objet auquel elle s’appuque, on ne peut voir l’un sans apercevoir immédiatement l’autre; et c’est tellement vrai, qu'ici, on a donné le même nom à la cause et à l’objet.
De tous temps, les hommes ont été entourés de risques, la mort, la maladie, les fortunes de mer, les épidémies décimant les troupeaux, la grêle et les inondilion ravageant les récoltes, l’incendie détruisant les foyers.
Et, de tous temps, ils ont recherché la sécurité, la stahilité. [ls ont d’abord essayé de l’obtenir en se protégeant contre les fléaux; ils ont clôturé leurs domaines, élevé des ouvrages de protection contre les éboulements, construit des chaussées contre l’inondation. Ef, ce besoin de sécurité les poussant, ils sont arrivés dans quelques cas à faire supporter les effets d’un événement malheureux à autrui (1). Peu à peu, cette pratique s’est multipliée, des gens se sont spécialisés à suppor:-
(1) D’après LeronT, dans L'Histoire du contrat d'assurances au moyen &@ge, par BENSA, traduit par M. Varéry, p. VII: « Les Roimains trouvaient pratique, par exemple, d'ajouter accessoirement, une clause de garantie à un contrat de transport, et obtenaient ainsi le déplacement du risque ».
ter des risques dont on voulait se décharger, et ce fut la naissance de l’assurance (1).
Moyennant une rémunération, l’assureur se chargera du risque que l’assuré ne voudra plus courir. Et, à l’origine, l’assureur fixait approximativement la prime à son client.
Mais, plus tard, après l’apparition de statistiques scientifiquement établies, le calcul des probabilités permettra à l’assureur de fixer une prime non plus empiriquement, mais d’après des calculs rigoureux. Et alors qu’à l’origine, l’assureur s’attardait à un examen minutieux du risque, maintenant il ne le voit plus, pour lui il est réduit à une simple expression mathéms. tique, c’est un rapport de deux chiffres, une probabilité. Mais il l’appellera toujours Risque.
Ainsi, est-il done exact que le mot Risque soit pris eomme on l’a dit, dans une foule d’acceptions différen tes? Nous ne le croyons pas. Nous pensons avoir suffi samment démontré, dans ce qui précède, que ce qui peut le faire croire, ce sont les différentes formes sous lesquelles il apparaît. Et même s’appliquerait-1 à des situations différentes, cette appellation commune s’e\pliquerait par leur connexité.
Quoiqu'il en soit, dans notre sujet: Le Risque ct L'opinion du risque pour l'assureur dans l'assurance le dommages, nous ferons abstraction de cette querelle de
(1) Nous n’ignorons pas que déjà les Phéniciens pratiquaient Passurance implicite sous la forme du prêt à la grosse, Maïs, par la spécialisation des assureurs, nous entendons signaler très schématiquement, la transformation de cette assurance implicite en une assurance ayant une fonction économique indépendante.