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par Gautier d'Oxford en Angleterre et qu'il aurait mise de breton en latin sur l'ordre de Robert de Glocester? Nesavons-nous pas, d'autre part, que si Nennius pour les guerres d'Arthur, s"appuie sur des traditions galloises — dontonne suspecte plus aujourd'hui l'aulhenticité, — il s'étenden même temps avec une complaisance peu orthodoxe sur lesorigines des rois et fait remonter le premier chef des Bretons à Brutus, pelit-fîls d'Enée et frère de Romulus et de Remus? (1) Si je voulais rassembler ici les invraisemblances et les intentions malicieuses dont foisonnent les chroniques, il me faudrait un volume de citations aussi latines qu'indigestes et je ne saurais imposer au lecteur un hrouet aussi peu suggestif.
Exposer ce qu'avait (}té Arlhur comme chef des Bretons et pourquoi les siens lui gardaient une infinie reconnaissance par delà la mort; ce qu'en avaient fait les traditions et la soif d'afTabulation des peuples celtiques encore imprégnés de mylhologisme; atteindre enfin l'édifice littéraire que les trouvères, avec l'aide des lais anglo-normand?, ont bàli à l'usage des cours féodales en y mélangeant l'esprit religieux et l'esprit galant — l'un pourchassant l'autre à mesure que les mœurs se dénaivent et en même temps se corrompent, — voilà le but de cette étude.
« Non ! Arthur n'est pas mort, disaient les bardes gallois, il reviendra!» et la voix du peuple perpétuaitles prédictions des poètes. Longtemps, bien longtemps, en Cornouailles et en.Cambrie, dans la petite Bretagne comme dans le Devonshire.la conviction demeura qu'.\rthur n'avait pas succombé dans l'île d'Avallon. Après la sanglante bataille de Carvan où Medrod, son neveu félon, le ravisseur de la reine Gwenhyfar (Genièvre)-, l'avait grièvement blessé, il s'était retiré dans l'île pour « médiciner » ses plaies ; mais guéri par son fiiléle Myrrdhin (Merlin) il reviendrait un jour pour arracher son [ipuple à l'oppression étrangère. «Tremblez, Saxons, disaient les chants populaires, voici la délivrance attendue, voici le sauveur 1 » De là cette ferveur dans la foi des peuples celtiques, cette auréole symbolique, ce « Messianisme » qui s'attachait au nom d'Arthur. Les rois d'Angleterre, Normands, Plantagenets comme Saxons, comprirent que ce fanatisme entretenait chez les Gallois l'esprit de rébellion et, par tous les moyens en leur pouvoir, ils entreprirent de déraciner une légende si puissamment ancrée. Le petit peuple avait plié sous le joug, cédant au nombre et à la force, mais il avait gardé sa langue, ses coutumes et ses espérances au