Chronique de Nennius (Manuscrit de Ctiartres
îî LA LÉGENDE DD ROI ARTHUR
milieu des transformations successives de l'Angleterre; — ses poètes et ses chefs entretenaient chez lui l'idée d'indépendance et de rédemption, et sans cesse il se révoltait sous la main des conquérants qui chaque fois s'appesantissait plus lourde sur les vaincue.
Arthur avait été le dernier soutien de l'indépendance celli pic, aussi at-il effacé les héros de sa patrie, toute gloire antérieure s'est perdue dans le renom immpuse que la reconnaissance de ses peuples lui a fait. Champion du passé, on ne voyait que lui comme champion de l'avenir. « Il fallait vraiment, dit un historien consciencieux (1), que cet .Arthur eût puissamment servi son pays et en eût été le héros, puisque son souvenir fut pendant des siècles une sorte de religion pour ses compatriotes. »
Arthur n'est pas mort, disait la légende, et les Gallois voulurent se persuader qu'il reviendrait un jour venger les siens et rendre à son pays son ancienne gloire comme l'avait prophétisé Merlin. Espérances chimériques et prédiclion'ï opportunes soutenaient le petit peuple oiiiniàlre conlre ses oppresseurs. La famille bretonne est dispersée en Cornouailles,en Irlande, dans l'ancienne .Arniorique devenue aussi Kymrique que la mère patrie; elle emporte avec elle son amour filial et mythique pour .Vrthur ; les générations ont succédé aux générations, confiantes toujours dans le rehaussement de la Cambrie, dans la réapparition du héros national.
On l'avait vu en basse Bretagne, d'autres le disaient captif avec son fidèle Myrrdhin sous les enchantements de la fée Viviane ; de Terte sainte, le pèlerin gallois ou breton rai>porlait des nouvelles d'Arlhur qu'on rencontrait sous les palmiers de Palestine, à moins que ce ne fût en Sicile au pied de l'Etna. Ne dites pas en Bretagne qu'Arthur est mort, s'écriera Alain de Lisle. les enfants vous lapideront. « Le son lointain du cor dans la foret c'est •< la chasse d'Arlhur » qui passe. (La tradition en est restée jus'iu'à nos jours (2).
La conviction imperturbable des peuples celtiques avait fini par jeter du trouble dans les esprits; à la cour anglo-normande tout eu raillant « l'espoir breton (3) » on n'était pas sans inquiétude sur le retour d'Arthur; au milieu d'un orage ou d'un débordement on vit reculer k la frontière de (îallcs les troupes du roi d'Angleterre eQ'rayé des enchantements de Merlin et n'osant lutter contre lui. A la longue on considtrail tous les (jiillois comme ayant la clefdes sorlilèges.
Ne serait-ce pas pour couper leur dernier espoir aux Gallois que le roi Henri II fit faire des recherches sur le lieu de sépulture d'.\rtluir? Sur les indications d'un barde de Pembroke son tombeau est découvert à Glastoobury en ll'.)l;si nous en croyons (îiraldus C.imhrensis, les fouilles mirent à nu un chêne creux contenant la dépouille morlelle du roi. * A côté de lui re(>osait la reine nwcnhyfar; on retrouva une boude de ses cheveux