‹ Du roi Arthur et de la légende du GraalChapitre 2 sur 25 · Caylus, Mémoires de l'Académie des Inscriptions, xx · texte numérisé non relu

Caylus, Mémoires de l'Académie des Inscriptions, xx

4 DIVERSES ORKilNES DES ROMANS DE LA TARI.K RONDE

qui furent traduits en langue persane. C'était l'époque où suivant l'exemple du poète Saadi, les narrateurs persans mêlaient des fables à leurs récits. Ils avaient une épopée d'.\l>'xaiiilre, une légende de Zoroaslre et un de leurs héros, sous le nom du clievalier Uustani, répondait à notre Roland. On peut supposer que romans persans au temps des Croisades, contes arabes pendant la période sarrazine ont pu être connus dos Occidentaux. Jusqu'à quel point ces sources fécondes ont-elles aidé les trouvères dans leurs fabulations? De cette ample moisson cueillie aux pays de l'Orient quels sont les épis conservés?

Avec les héritiers des classiques encore imbus des idées du grand sii'cle sur les « grimoires » du moyen âge et sa littérature archaïque, nous ne sortons pas de l'orbite gréco-romain et, en fait, on ne peut s'empêcher de reconnaître des épisodes empruntés aux légendes d'Hercule, d'OEdipe et de Thésée, aux métamorphoses d'Ovide et d'.\pulée. Mais, <^ depuis longtemps, » dira de nos jours M. Paris, en acceptant la vraisemblance des emprunts, « ces récils mythologiques étaient la propriété de la ménestrandie bretonne ».

Keste, et c'est la question qui nous importe le pins, le rôle des littératures septentrionales dans la formation des romans. Le xvni' siècle n'en parle guère, seul, M. de Tressan, saisi par des rapprochements avec des poésies norvégiennes, suppose que les Scaldes « débordant sur le sudouest de l'Europe avec RoUon apportèrent avec eux leurs |poémes mythologiques où, à des héros païens ils substituèrent insensiblement des rois et des chevaliers chrétiens (1). »

Quant à la littérature celtique on en restait encore il l'opinion de Dom Taillandier qui fulminait contre le « jargon des Bretons » et n'admettait pas que les peuples kymriques aient jamais pu posséder une littérature.

Enfin, au commencement de ce siècle, les yeux se tournèrent vers cette littérature celtique, si délaissée jusqu'alors, qui pourtant >< au moyen âge a exercé une immense influence, changé le tour de l'imagination européenne et imposé ses motifs poétiques à presque toute la chrétienté (2). »

L'abbé de la Hue eut le premier la hardiesse de parlir des rapports étroits de cette littérature avec les romans du cycle d'Arthur, encore son Essai sur les Bardes, Jongleurs, Trouvères avait-il pu trouver une inspiration dans ce livre étrange de la Myvyrian Arclmloloijy of Wales (.'}) qui reconstituait devant le monde littéraire tout un passé historique et légendaire. Cet ouvrage a permis aux peintres de l'histoire anglo-normande et française, Augustin Thierry et Michelel, d'appuyer leurs récils sur une documentation originale ; il a été le tremplin de la critique comme il a été l'inspiration des poètes. Dans ces triades galloises (Trco'jdd yns l'rijtain)

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