Devise de Gyron le Courtois
On a cherché longtemps l'origine unique de la légende du Saint-Graal dans les premières traditions chrétiennes: V Evangile de Nicodème bien que, depuis, déclaré ai)ocryphe et condamné par Rome, prêtait l'élasticité de son cadre fantaisiste et permettait cette supposition. Aujourd'hui, tout en faisant la part du mysticisme du moyen âge, qui a consacré la légende en la confondant avec le symbole eucharistique, on ne saurait nier que la vraie source du Graal se trouve dans les traditions celtiques. « C'est blasphémer, disait un auteur anglais (1), que de vouloir faire passer les mystères du bardisme pour les inspirations de l'Esprit saint. » Avec les archéologues gallois ("2), nous devons considérer le Saint-Graal comme un héritage druidique, puisque dans les Triades on trouve et la Lance merveilleuse (3) et le Vase sacré, symbole de sagesse, emblème de terreur pour les ennemis. Taliessin, « le prince des Bardes », plaçait ce vase dans un temple consacré à une déesse appelée la patronne des Bardes. « Ce vase, dit-il, inspire le génie poétique, donne la sagesse, découvre à ses adorateurs la science de l'avenir, les mystères du monde. »
Nul ne pouvait s'approcher du Vase ni bénéficier de ses vertus surnaturelles s'il n'était personn grala auprès des dieux. Un exemple tiré de 1'^/'chcologie de Galles : « Bian ayant envahi l'Irlande, chaque soldat que perdait l'ennemi recouvrait la vie par la vertu du vase merveilleux. Les Gallois ne pouvaient les vaincre et ils allaient prendre la fuite quand un chef ennemi, nommé V Esprit mauvais, ayant été tué et sa tête jetée dans