Epopée chevaleresque de la Table ronde
10 DIVERSES ORir.INKS DKS ROMANS DE LA TABLE RONDE
tion des premiers feuillets des Muliinogion, qui sont la clef de voiile de toul le syslème, les pramls travaux de M. Paris, les traductions et ailaptations de M. de la Villeniarqué, les diflicultés dont il se plaignait se trouveronl aplanies et un grand critique rendant hommage à lérudition consciencieuse de M. Fauriel pourra dire, quelques années plus tard : « Toutes les objections dont M. Schlegel se fît l'interprète contre M. Fauriel ont complètement disparu devant les investigations d'une critique éclairée et impartiale. Cette fois, par une rare exception, l'opinion sceptique s'est trouvée avoir torl (1) >.
Pendant plus de vingt ans, en elTet, la France, en même temps que les nations saxonnes, toujours intéressées par les légendes chevaleresques, s'est préoccupée de la liltérature du moyen âge; les vieilles chroniques sortaient de leur linceul séculaire, les manuscrits précieux venus des cloîtres et des « librairies » étaient compulsés, classés, décrits, analysés, et, mis en * nouveau langage », étaient livrés au public lettré avec des facilités de lecture inconnues jusqu'alors. Parmi tant d'autres travaux sur les reproductions carolingiennes et arthuriennes, sur les chansons de gestes comme sur les œuvres des trouvères et des troubadours, le monument littéraire élevé par M. Paulin Paris (2j à la mémoire du moyen âge a une place à part. Trente années de recherches et d'érudition nous ont légué une œuvre maîtresse presque complète sur les siècles chevaleresques. Je dis presque parce que la mort est venue interrompre les travaux de l'éminent académicien sans qu"il ait eu le temps d'y apporter le fion final, c'esl-à-dire la critique définitive. Pour ce qui nous regarde particulièrement, les romans de la Table ronde, il n'a pas conclu, si bien cjue le terrain si longuement étudié n'a pas été entièrement déblayé par lui. De nos jours, il était réservé à la critique allemande d'apporter des arguments nouveaux. La nouvelle phase par laquelle passe le cycle sera-t-elle dogmatique? De la lutte courtoise entre M. Foerster (l'éditeur de Chrestien de Troyps), M. Gollher (3), et M. Zimmer (4), en Allemagne, auxquelles répondent, en Angleterre, M. Nuit (Sludics on the legend oj the UoUj Grail), en France, M. Gaston Paris, dans la liomania, et parmi les philologues de la Hevue critique, M. J. Lnth, la lumière viendra-t-elle enfin?
Le dilemme dans lequel M. Paulin Paris s'est débattu est celui de tous les âges de la critique avec les modifications apportées dans le deuxième tiers de ce siècle : les romans de chevalerie communément appelés romans de la Table ronde, assez souvent romans arthuriens par les Anglais et par M. Lolh, ces romans, dis-jc, ont-ils une origine monastique prenant date avant le \\i' siècle (par monastique j'entends tout ce que les