‹ Du Rôle de L'Administration En Matière de Prophylaxie des Maladies ÉpidémiquesChapitre 10 sur 54 · I commença fonctionner le 20 septembre · texte numérisé non relu

I commença fonctionner le 20 septembre

saient examiner les billets, et tous les voyageurs venant de Russie étaient priés de se rendre au poste médical avec les bagages qu'ils avaient avec eux dans les wagons. Les hardes et vêtements suspects étaient emportés et désinfectés aux étuves municipales. Les voyageurs étaient tenus de décliner leurs noms, leur adresse à Paris, de dire la date de leur départ pour la Russie. [ls subirent quatre visites médicales; une première à leur entrée sur le territoire français, une seconde à leur arrivée en gare à Paris, deux autres à domicile. Du 20 au 30 septembre, 470 voyageurs de Russie arrivèrent à Paris. 348 subirent la surveillance sanitaire complète. Du 1e" au 8 octobre, 2991 colis accompagnaient le train ; 2839 furent désifectés sur place par le service municipal.

La conférence de 1903 compléta l’œuvre de défense sanitaire, entreprises par les conférence de Constantinople, Paris et Venise, visant la surveillance de la mer Rouge, du canal de Suez, du golfe Persique qui sont les voies de pénétration des maladies pestilentielles. Elle décida, en outre, et ceci est capital, la création de l’Office international d'hygiène.

A la conférence de Venise de 1894, un projet spécial de convention avait été présenté d’après lequel devait être fondée dans la capitale de l'Autriche une «commission sanitaire internationale permanente »

composée de médecins, ayant pour objet l'étude des maladies épidémiques, le choléra notamment, et dont les attributions auraient été exclusivement scientifiques.

Le projet n'eut pas de suite ; toutefois en 1881, à Washington, on se préoccupa beaucoup de la notification des épidémies, des communications avec l’étranger.Un système international centralisé d’avertissements sanitaires paraissant indispensable pour une défense sanitaire effective, il était désirable « de procéder à la création d’institutions internationales chargées de recueillir tous les renseignements relatifs à la naissance au développement du choléra, de la peste, de la fièvre jaune, et de les porter à la connaissance des parties intéressées. »

Dans ce but, trois agences devaient être créées à Vienne, à la Havane et une en Asie.

La conférence de Rome reprit le vœu posé en 1887 et envisagea « l'établissement dans chaque pays d’un bureau central d'informations et d’avertissements sanitaires échangeant avec les bureaux similaires des correspondances et des communications régulières ».

Ce fut à Paris, en 1903, que l’idée fut adoptée. Quelques mois auparavant, à la séance d’ouverture du Congrès international de Bruxelles M. Monod avait émis la proposition qu’il fut créé un organe international officiel : « Pourquoi, disait-il, n’existe-

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t-il pas quelque jour un bureau international d’hygiène publique auquel toutes les nations apporteraient et emprunteraient des informations utiles, des éléments de progrès sanitaire ? En ce cinquantenaire des congrès d'hygiène, il est permis de rêver ce rêve et d’enirevoir une alliance internationale pour la lutte contre la maladie et la mort qui devraient être... qui seront un jour nos seuls ennemis ».

Sur la proposition des délégués français la conférence se prononça dans ce sens. La création de l'office sanitaire international devait être basée sur les principes observés pour la création du bureau international des poids et mesures.

Paris fut désigné comme-:siège. Le gouvernement français devait saisir par la voie diplomatique les États représentés à la conférence des propositions en vue de l’organisation. Il les adressa en août 1907 sous la forme d’un projet de statuts, discutés à Rome.

Douze États répondirent à l'appel de la France et de l'Italie. Les statuts organiques furent définitivement arrêtés par les délégués : après ratification par les gouvernements, l'office put enfin être constitué,

Il a pour objet principal, dit l’article 4,de « recueillir et de porter à la connaissance des États participants les faits et documents d'un caractère général qui intéressent la santé publique, spécialement en ce qui concerne les maladies infectieuses, notamment le

— ff — choléra, la peste, la fièvre jaune, ainsi que les mesures prises pour combattre ces maladies ».

« Les gouvernements font part à l'office des mesures qu'ils prennent en vue d'assurer l'application des conventions sanitaires internationales. L'office suggère les modifications qu'il pourrait être avantageux d’apporter aux dispositions de ces conventions. »

M. Barrère avait eu le soin de dire devant la commission des voies et moyens que cet organe n’aurait aucun pouvoir exécutif ni aucun pouvoir d'immixtion dans les affaires intérieures des États. L'office, par contre, est indépendant des autorités du pays dans lequel il est établi. Il est placé sous l'autorité et le contrôle d’un comité international.

Ainsi constitué, ce bureau est véritablement «un office de renseignements d'utilité et de progrès sanitaires».Il estrenseigné sur les menaces,les symptômes d’épidémie, au jour le jour; il les suit, étudie l’efficacité des mesures prises. A peine constitué, il a dû s'occuper de la défense du bassin de la Méditerranée et de l’Europe. (La nouvelle ligne de chemin de fer qui relie Damas à Médine présente, en effet, un nouveau mode de pénétration du choléra.) C’est lui,enfin, qui a préparé la réunion et arrêté le programme d’une conférence internationale qui va se tenir au mois de mai prochain à Paris.

Depuis 1903, la ligue de défense curopéenne a été forcée. Le choléra s’est installé en Russie. L’année

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dernière, sa violence fut extrême. De juin à août, on a constaté 90.000 cas, et le mal a été porté en divers sens, en Allemagne, en Autriche, jusque dans la province des Pouilles. La menace d’invasion augmente.

Or, il apparaît que les mesures prises en 1903 sont insuffisantes. Autrefois, on considérait que le seul propagateur du choléra était l’individu malade ou chez qui le mal était en voie d’incubation. C'était là une conception imparfaite. Il y a, dit M. Chantemesse (1), « des individus qui résistent pour ainsi dire aux microbes, qui deviennent des hôtes passifs sans que le bacille détermine chez eux un trouble pathologique quelconque. Toutefois, pour n'être pas atteints eux-mêmes, ces hommes ne restent pas inoffensifs : leurs matières fécales contiennent des microbes aussi virulents que ceux des déjections des malades. Au même titre que les patients ils sont dangereux et encore plus redoutables puisque nul phénomène ne décèle leur insidieuse nocivité ».

C’est donc une transformation complète des mesures de prophylaxie qui s'impose du fait des risques de contagion par ces porteurs de bacilles. Pour préserver la population des germes cholériques,

1, Revue scientifique, août 1910.

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l’année dernière, la Hollande qui était envahie par le fléau, a isolé complètement et le malade et les personnes ayant été en contact avec lui. L'épidémie fut rapidement enrayée.

Ce sont ces mesures nouvelles qu’il faut faire adopter comme système international de préservation.

La conférence devra aussi se préoccuper de la modification des conventions au sujet de la peste. Elles « doivent viser séparément la forme de la peste bubonique peu contagieuse pour l’homme et celle de la peste pulmonaire qui l’est beaucoup plus ». Malgré tous les efforts accomplis,la peste ne disparaît pas dans les pays où elle a établi son foyer. Les Anglais ne peuvent pas la supprimer dans les Indes, et en Égypte ses progrès sont constants.

Enfin, conformément au vœu proposé au Congrès de Budapest d’octobre 1909, la conférence cherchera à établir une surveillance médicale appropriée aux émigrants quittant l’Europe ou y revenant.

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