‹ Du Rôle de L'Administration En Matière de Prophylaxie des Maladies ÉpidémiquesChapitre 19 sur 54 · LUE · texte numérisé non relu

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outre le déversement des eaux chargées de matières fécales n’est pas sans danger pour les champs de culture.

Les légumes risquent d’être corrompus par ce contact (1).

On traite plus communément les eaux d'égout par la troisième méthode, dite biologique artificielle. |

Les eaux sont amenées sur un sol spécialement aménagé, formé de matériaux perméables, de corps poreux qui retiennent les matières organiques; puis, sous l’action del’épandage,interviennent les microbes qui désintègrent ces matières.

L'avantage de ce procédé est certain. Il n’exige pour être mis en œuvre qu'une surface relativement restreinte ; d'autre part, il n’infecte pas le sol. L’épuration peut être réalisée plus rapidement, puisque le degré d'aération du lit permet d’accélérer l’action microbienne.

Mais, que l’on ait recours à l’épuration artificielle ou à l’'épandage, il est bon de faire subir préalablement aux eaux un premier épurage el de les débarrasser par ce traitement préliminaire des matières en suspension. En ce sens on emploie les bassins de sédimentation ou les fosses septiques.

1. Une circulaire du ministre de l'Agriculture du 20 août 1906a prescrit une inspection du service hydraulique préalablement à toute installation d'épandage.

Vis-à-vis de certaines matières usées dont la stagnation serait particulièrement dangereuse, les matières fécales et les urines, notamment, il importe de recourir à des procédés d'évacuation radicaux.

Or, ilest démontré que l’action des agents chimiques est insuffisante quand ces matières n’ont pas été préalablement délayées, et que les procédés d’épuration biologique ne sauraient être employés de façon définitive. L’épandage risque de souiller les végétaux mis en culture et les eaux d’alimentation : les fosses septiques ne dissolvent que 25 à 30 o/o des matières organiques : une assez forte quantité de boues s’y accumule et dégage de très mauvaises odeurs; en fait, (ce procédé réalise la première phase de l’épuration biolozique : la dissolution des matières solides, mais il n’effectue à aucun degré l’oxydation ou la minéralisation de ces matières dissoutes » (1).

En outre, il est à remarquer que les bacilles y gardent une vitalité assez longue. Dreygorski assure que les bactéries de typhoïde introduites dans des bassins oxydants peuvent y conserver leur vitalité pendant quinze à vingt jours. Celui de la tuberculose, davantage.

Les épurations obtenues à l’aide de ces procédés sont donc insuffisantes.Il est indispensable de recourir à une « destruction prompte et complète des

1. Conclusions de la Commission royale anglaise sur l'épuration des eaux d'égout.

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germes contenus daus les matières usées et Îles ordures dans tout milieu contaminé ou susceptible de l'être » (1).

En 1906, le Congrès de Genève votait, à la suite de communications du D' Bréchot et M. Philbert, le vœu suivant :

« Dans les hôpitaux, spécialement dans ceux destinés au traitement des maladies contagieuses, les matières solides doivent être détruites immédiatement sur place, de préférence par incinération et sans manipulation, et les matières liquides doivent être stérilisées avant leur sortie de l’hôpital.

» Toutes ces matières doivent être transportées ou conduites de leur point de production à l'usine de destruction et de stérilisation sans déperdition ni dissémination possibles, »

L'incinération et la stérilisation sont les seuls procédés qui assurent la destruction rapide et intégrale des déchets de la vie. Dans certaines villes de l’'Amérique du Nord, il y a de multiples installations de cabinets d'aisances reliés à un foyer assurant l’incinération des matières. Celte méthode s’est répandue en Allemagne : à l'hôpital Moabit, à Berlin, les déjections cholériques sont détruites de la sorte (2).

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