‹ Du Rôle de L'Administration En Matière de Prophylaxie des Maladies ÉpidémiquesChapitre 20 sur 54 · D: Bréchot · texte numérisé non relu

D: Bréchot

2. Le D' Bréchot a imaginé un appareil qui réalise très heureusement l'incinération des matières usées solides, des ordures ménagères et des matières fécales.

L’évacuation des matières usées a été trop longtemps négligée en France. Il est saisissant de citer les résultats d’une enquête technique faite de 1908 en vue de l’annuaire de la distribution des eaux, et de les comparer avec ceux d’une enquête analogue faite en Allemagne (1).

Sur les 64% communes de France de plus de 5.000 habitants, 320 n’ont aucun égout ; 255 ont des égouts pluviaux de vieux modèles qui ne reçoivent pas les matières fécales et 66, soit 10 o/o,appliquent plus ou moins complètement tout à l'égout.

Pour l’épuration des eaux d’égouts,Paris et Reims sont les seules villes qui appliquent en grand l’épandage agricole. Vingl-sept autres villes irriguent des prairies. Rambouillet, Toulon, Tourcoing, Trouville font l’épuration biologique ; Marseille, Nice, Cannes déversent en mer ; enfin les autres villes déversent dans les cours d’eau sans épuration.

En Allemagne, 256 villes sur 716,soit 36 o/o appli-

1. Rapports de M. Imbeaux et du D' Salomon, Revue d'hygiène et de police sanitaire, octobre 1909.

J. Humbert 6

OR

quent le tout à l'égout, 138 villes s'y préparent. Lorsque les projets seront exécutés, la proportion montera à 55 o/o. Depuis 1890, des efforts considérables ont été entrepris ; on compte de 1890 à 1907 23; villes qui ont été partiellement assainies.

La comparaison est peu flatteuse pour la France.

Toutefois, il importe de signaler les progrès qui ont été faits depuis deux ans. On compte, en 1910, 32 installations qui fonctionnent, 21 sont à peu près terminées.

Une loi du 15 juin 1907 a très heureusement décidé que grâce à un prélèvement de 15 0/0 effectué sur le pari mutuel, des subventions peuvent être accordées aux œuvres d'assistance et d'hygiène. Cette loi qui vient en aide aux communes leur permet de poursuivre plus effectivement l'assainissement de leurs localités.

Les municipalités désireuses d'obtenir un secours doivent soumettre leurs projets à l'approbation du conseil supérieur d'hygiène. C’est là une excellente prescription.

Déjà Particle 21 et l’article 25 de la loi de 1902 édictaient que le Conseil supérieur d’hygiène,les conseils départementaux et les commissions sanitaires devaient être consultés sur les travaux publics d’assainissement à effectuer, notamment sur les modes d'évacuation des eaux d'égout. Or, nous lisons dans

re

une étude de MM. Caimette et Masson (1), que « la plupart des projets d’assainissement et les dispositifs d'épuration récemment soumis à l’examen des conseils d’hygiène,bien qu’établis en apparence conformément aux données scientifiquement admises, fournissent après leur réalisation des résultats défectueux, et, loin d'améliorer les conditions de salubrité des localités et des cours d'eau, ils constituent au contraire de très réels dangers pour la santé publique ».

Il importe donc d'organiser un contrôle sérieux. En ce sens, le rapport de l'inspection des services administratifs, formule les propositions suivantes (2) :

1° Un visa ne varietur doit être apposé sur les plans approuvés par le conseil supérieur d'hygiène, en vue de constituer une base certaine pour les vérifications ultérieures.

2° Le contrôle de l'exécution des travaux serait confié au conseil départemental d'hygiène, « sans préjudice de celui qui pourrait être exercé par d’autres autorités à d’autres titres, notamment en raison de l'octroi de subvention sur le produit du pari mutuel ou des jeux ».

Les travaux terminés, un membre du conseil

1. Rapport lu et approuvé au Conseil supérieur d'hygiène de France.

Page 1