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Bulletin de l’Académie. Séance du 8 nov

2. D’après le décret du 10 juillet 1906, La désinfection peut être assurée par l'entourage du malade. Mais celui-ci doit s'engager : à se conformer exactement pendant le cours de la maladie aux instructions du Conseil supérieur d'hygiène publique, à se soumettre dans l'exécution des mesures prises, au contrôle de l'agent du service public, à avertir le maire, le cas échéant, du transport du malade hors de son domicile, etc... C’est une faculté, ce n'est pas une règle générale.

médical et le service officiel, et il faut approuver l'initiative de certains départements tels que le Puyde-Dôme où les désinfecteurs doivent tout d’abord voir le médecin de la famille, et n’agir qu'avec lui.

La tâche qui incombe aux désinfecteurs consiste à détruire autour du malade les germes d'infection, puis à rechercher alentour si le mal ne s’est pas répandu. Autour du malade, la désinfection porte essentiellement sur les linges, déjections et excrétions.

La désinfection du linge se fait ordinairement à domicile de manière à éviter la dissémination des germes contagieux. Le transport dans les ateliers de blanchissage, le triage qui y est opéré le plus souvent dans la pièce où l’on repasse, où l’on range les linges propres, occasionnent des contacts dangereux. Il importe avant toute manipulation, de désinfecter la literie.

Le règlement du préfet de police du 4 décembre 1907, qui réorganise le service de désinfection dans le département de la Seine, prescrit en ce sens d’heureuses mesures : les agents du service de désinfection doivent remettre aux personnes qui soigrent un malade atteint de maladie épidémique ou contagieuse, des sacs pour placer le linge contaminé au fur et à mesure des besoins. Au jour convenu entre la famille et lui, il vient plonger le linge avec le sac qui le contient dans des appareils renfermant une

solution désinfectante. Il ferme le récipient, plombe les couvercles et ne vient retirer le plomb que vingt quatre heures après, Désormais le linge peut être livré aux blanchisseurs sans inconvénients.

Cette opération est renouvelée pendant tout le cours de la maladie au moins deux fois par semaine.

Les vêtement doivent être désinfectés au poste où ils seront transportés dans des voitures spéciales hermétiquement fermées.

La transmission des maladies infectieuses par les linges du corps est un fait bien connu. Presque toutes sont susceptibles de se répandre dans ces conditions. Pour la diphtérie, les exemples abondent. Le D' Remlinger cite le cas suivant : (1) « Un jeune homme succombe à cette affection en Algérie en mai 1883. Au mois de juillet, son frère reçoit, à Laval, une malle qui renfermait ses habits. Ii l’ouvre, et quelques jours plus tard contracte une angine membraneuse hypertoxique qui l'emporte rapidement. Il n’y avait, à ce moment, aucun cas de diphtérie en ville. »

Les exemples de transmission du choléra sont nombreux. « Le hameau de la Couche, dans les Hautes-Alpes, dit M. Thoinot, n’avait en 188 aucun cas de choléra, et il était fort éloigné des foyers cholériques du Var et des Bouches-du-Rhône, lorsque la

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